Commerce extérieur : 120 MDH pour créer 55 consortiums d’exportation

Une convention est signée entre le Commerce extérieur, les Finances, Maroc Export et la CGEM. Le programme comprend un volet financier et un volet accompagnement.

L’Etat veut donner un nouvel élan aux consortiums d’exportation. Encouragé par les résultats obtenus entre 2003-2010, le ministère du commerce extérieur, conjointement avec les ministères de l’économie et des finances et Maroc export, a mis en place un nouveau programme d’appui sur la période 2011-2015 doté d’un budget de 120 MDH en faveur de ces structures.
Pour passer à l’exécution de ce programme, inscrit dans le cadre de «Maroc export plus» ou stratégie nationale de promotion des exportations, ces trois parties et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) ont conclu, vendredi 30 septembre, une convention de partenariat. D’autres protocoles relatifs à l’attribution du soutien de l’Etat seront signés entre le ministère du commerce extérieur, Maroc export et les consortiums d’exportation qui en bénéficieront. La gestion du programme sera assurée par des instances spécifiques et une cellule dépendant du ministère du commerce extérieur
Le dispositif comprend deux volets. Le premier est un soutien financier destiné aux projets de développement et de consolidation des consortiums. Le montant est plafonné à 1,5 MDH par consortium contre 700 000 DH fixés pour la période 2003-2010. Ces ressources permettront de couvrir le budget de la promotion à l’international et les dépenses de développement.

21 consortiums opérationnels actuellement

Le second volet du programme consiste en un accompagnement personnalisé donnant la possibilité aux consortiums de procéder à la définition d’une stratégie de développement à l’international, de promotion et de commercialisation. Ce soutien vise également le développement des compétences du consortium, de même que le renforcement de sa performance opérationnelle. Le but de toutes ces actions est de faciliter le regroupement des offres complémentaires ou similaires, l’agrégation de la petite et moyenne offre et le développement de synergies commerciales au profit des petits et moyens exportateurs.  
Concrètement, l’objectif du ministère du commerce extérieur est d’arriver à la création et la consolidation de 55 consortiums à l’horizon 2015. Aujourd’hui, on en compte 21 qui sont opérationnels, regroupant 120 entreprises exportatrices et employant 18 000 collaborateurs. Ces consortiums sont implantés dans dix villes (Casablanca, Rabat, Fès, Essaouira, Taroudant, Agadir, Mohammédia, Tanger, Tiznit et Méknès), et opèrent dans les secteurs du textile-habillement, électricité, mécatronique, tourisme, matériaux de construction, communication, agroalimentaire et cuir. Le textile arrive en tête avec huit consortiums. Il est d’ailleurs le premier secteur à avoir opté pour ce type d’organisation. Cette industrie est suivie de l’agroalimentaire avec sept consortiums essentiellement situés dans le Sud. Ils ne sont pas nombreux à vouloir parler de leurs performances et de leurs réalisations, cependant les consortiums qui ont accepté de le faire reconnaissent que le regroupement a permis une amélioration de leurs exportations. C’est le cas d’Atéliance, consortium de huit entreprises textile implantées à Salé, créé en janvier 2008. Depuis, ses exportations ont crû de 10%, et cette hausse aurait pu être plus importante n’était-ce la mauvaise conjoncture sur les marchés européens. Pour les membres d’un autre consortium textile, dont les responsables préfèrent s’exprimer sous l’anonymat, le regroupement leur a permis une hausse de 15% des exportations.
La progression sera plus importante en 2011 dans la mesure où le groupement a pu décrocher des contrats sur le marché américain. Ces résultats sont à peu près en phase avec les objectifs annoncés au moment du démarrage. Sur la base des études et expertises réalisées à l’époque, les opérateurs espéraient une croissance de 20%. Dans le secteur de l’agroalimentaire, les consortiums existants dans la biscuiterie, confiserie, chocolaterie et l’exportation d’huile d’olive soulignent également que l’impact sur leur activité est important. Aucun chiffre précis n’est avancé, mais l’on assure que le regroupement a donné ses fruits sur le plan du marketing. Les consortiums ont pu prospecter de nouveaux marchés à Dubaï, en Afrique et aux USA. L’objectif de ces prises de contacts est de pouvoir positionner les produits marocains sur ces marchés qui les connaissent encore trop peu.