Comment un investisseur étranger met en valeur l’écotourisme dans la région de Taroudant

• Le premier Garden Lodge du Royaume est à Taroudant.
• Plus de 900 espèces de plantes dont certaines de grande rareté poussent à Dar Al Hossoun.
• Depuis 2020 l’établissement a intégré la chaîne internationale Charme & Caractère.
• La période Covid a été une occasion pour investir dans les éclairages des jardins pour offrir des spectacles son et lumière.

L’arrière-pays du Souss est une contrée de découvertes sans fin. A une cinquantaine de km d’Agadir sur la route de Taroudant, loin des sentiers touristiques habituels, se cache le premier Garden Lodge du Maroc. Baptisé Dar Al Hossoun, l’établissement d’hébergement touristique est un jardin Riad où poussent plus de 900 espèces de plantes dont certaines sont d’une grande rareté. L’histoire de cette propriété hors du commun a commencé en 2005. Eric Ossart et Arnaud Maurières, un binôme d’architectes paysagistes français, acquièrent à cette époque un ancien terrain agricole et entreprennent de le construire et de le planter. Résultat : une maison fortifiée ceinte de hauts murs et un labyrinthe végétal d’une grande richesse que l’on a du mal à quitter après y avoir plongé.
En 2009 cependant, les architectes propriétaires décident de poursuivre leur quête sur les jardins secs au Mexique et passent la main à un nouvel acquéreur à la recherche tout d’abord d’une maison de vacances. Mais très vite, Ollivier Verra, le nouveau propriétaire, se rend compte que les lieux devaient être ouverts aux passionnés et curieux d’expériences d’évasion et d’authenticité. Il décide d’y développer avec deux amis une activité d’accueil touristique. Pour le fondateur de l’établissement, c’était un changement radical d’orientation professionnelle, après avoir dirigé en France jusqu’en 2003 l’entreprise URBACO, créée par son père Yvan Verra, inventeur du concept des bornes escamotables de contrôle d’accès. Avec Dar Al Hossoun, c’était un nouveau challenge. «Ce qui fait notre particularité c’est que la propriété n’a pas été conçue pour devenir un hôtel et nous n’avions, ni mes collaborateurs, ni moi, une expérience dans l’hôtellerie. Mais dès le début nous avons fait le maximum pour allier efficacité professionnelle et attention personnelle», explique M. Verra. Il dit avoir peu à peu transposé dans sa démarche les expériences et les meilleurs souvenirs de ses voyages autour du monde, pour y développer des idées et des concepts. Très vite, sa passion l’amène à entreprendre des projets plus vastes de préservation de l’environnement et de développement socioéconomique en faveur de la communauté locale. Et ce, à travers la mise en valeur des arts créatifs, des traditions, de la culture locale et la préservation des savoir-faire ancestraux. Gérée de manière éco-responsable Dar Al Hossoun est certifiée ‘’Clé verte’’ depuis mai 2012. «L’ensemble des bâtiments est réalisé en pisé selon des méthodes et techniques traditionnelles améliorées de piliers de structure, de fondations et semelles de soubassement en béton ferraillé», indique le propriétaire des lieux. Les investissements réalisés ont permis de hisser l’établissement dans la catégorie Riad quatre étoiles avec plus d’une trentaine d’emplois créés et recrutés localement. Depuis 2020, Dar Al Hossoun a intégré la chaîne internationale Charme & Caractère, groupement d’hôtels de charme privés indépendants et Ollivier Verra a accédé à la présidence de l’antenne Maroc-Afrique.
Dans ce paysage, les jardins de la propriété sont indéniablement la pièce maîtresse. En plus d’être esthétiques, ce sont des lieux d’acclimatation et d’expérimentation, où se sont installés au fil des années de manière spectaculaire et étonnante des plantes originaires de Malaisie, de forêts tropicales de Birmanie, de Madagascar, mais aussi de déserts d’Afrique, d’Amérique du Nord, du Sud ou Centrale et d’Asie. Pour les mettre en valeur, le propriétaire a investi durant cette période Covid dans l’éclairage des jardins. Il a fait appel pour cela à la société Next Agadir. «Quand j’ai rencontré Ollivier Verra, il m’a proposé le challenge de mettre en valeur les nombreuses variétés d’agaves, de kalanchoés, d’aloès et autres cactus, euphorbes, opuntia, pour que ses hôtes découvrent le soir les jardins avec un regard complètement différent de ce qu’ils auront vu dans la journée. Il s’agissait aussi de concevoir l’installation avec un minimum de consommation électrique», indique Jany Magnan, dirigeant de la société Next Agadir. Au fur et à mesure de leurs rencontres, il fut décidé de réaliser un éclairage dynamique dans le jardin creux de la propriété, afin de créer un véritable espace de détente et de convivialité. L’idée à terme serait de proposer des spectacles sons et lumières d’une trentaine de minutes avec un thème différent chaque jour de la semaine, précise Jany Magnan. Totalement intégré dans la végétation, les sources lumineuses sont pratiquement invisibles de jour.
«Les 200 points lumineux installés dans les jardins ont une puissance électrique de 2,5 KW, ce qui représente un coût mensuel de 450 DH seulement pour une moyenne de 6H/jour», souligne Jany Magnan. Pour Ollivier Verra l’aventure continue. Après l’éclairage des jardins, d’autres investissements sont prévus bientôt comme l’installation d’une station de traitement des eaux usées. Confiant dans une reprise du tourisme, l’année écoulée a constitué l’occasion d’améliorer le produit et le développer.