Comment se retrouver dans le grand bazar des tarifs aériens

Plusieurs prix pour une même destination
Durée du séjour, inclusion d’un week-end dans cette durée, dates de départ et de retour… une cinquantaine de critères permettent de définir les tarifs.

Avec la libéralisation du transport aérien, les compagnies desservant ou opérant à partir du Maroc rivalisent d’imagination pour garder ou améliorer leurs parts de marché. Les prix promotionnels et les produits d’appel sont devenus tellement nombreux chez les compagnies régulières et «low cost» que le client a beaucoup de mal à s’y retrouver. En effet, la politique de tarification, longtemps figée sur de nombreuses destinations, est devenue aujourd’hui le nerf de la guerre commerciale entre les compagnies aériennes, à tel point que certains professionnels du transport aérien ne veulent plus parler de tarifs mais de produits tarifaires. Car, à chaque prix du billet est associée désormais une palette de conditions qui y ouvrent droit : date de départ et de retour, durée du séjour, possibilité ou non de changer les dates avec ou sans pénalités, inclusion d’un week-end dans la durée de séjour etc. Au total, note Abdelghani El Aissoug, responsable de la tarification à la RAM (Royal Air Maroc), il existe, dans toutes les compagnies aériennes, pour chaque vol, une cinquantaine de conditions plus ou moins déterminantes pour la fixation du prix.

Rude bataille sur le Casa-Paris
Pour illustrer cette assertion, prenons l’exemple de la destination la plus prisée par les Marocains, le Casablanca-Paris. Le vol coûte actuellement chez Air France 3 353 DH TTC pour un séjour de 14 jours minimum sans possibilité de modification des dates, tout simplement parce que la compagnie a opté pour un tarif promotionnel durant la période du 15 novembre au 29 décembre 2004. Toutefois, si le séjour est seulement d’une semaine, il n’est plus concerné par la promotion et le prix monte à 5 700 DH, soit pratiquement le même que pour un séjour d’un mois, soit 5 813 DH TTC, avec possibilité dans ce dernier cas de changer de date de départ et d’arrivée, moyennant une pénalité de 800 DH.

Tarifs promotionnels pour des places limitées
Quant au prix plein tarif, il atteint chez Air France 11 928 DH TTC avec, bien sûr, possibilité de modifier les dates à sa guise.
Pour le reste de l’Europe, Air France a opté pour un tarif unique de 5 180 TTC, sachant que l’escale à Paris est inévitable.
Chez Lufthansa, la compagnie allemande, les prix pour un Casablanca-Paris via Francfort varient selon la période de séjour, soit 4 225 DH TTC pour 14 jours, 5 125 DH pour 21 jours, etc. Jusqu’à 10 725 DH pour un billet valable au-delà de 6 mois.
A la RAM , le vol Casablanca-Paris est commercialisé en promotion, entre le 15 novembre et le 15 décembre, 2004 à 2 490 DH HT, bien sûr «dans la limite des places disponibles et sous réserve de certaines conditions», comme le mentionne la publicité. Mais quand vous appelez pour plus de précisions sur les conditions mentionnées, on vous informera que le tarif à payer est de 3 351 DH TTC dans la limite des places disponibles, sinon il est de 3 851 DH TTC et vous êtes toujours dans le tarif promotionnel.
Dans la pratique, et toutes les compagnies opèrent de la sorte, c’est une vraie segmentation de la clientèle qui est faite avant de décider des tarifs. Ainsi, pour reprendre les exemples des deux compagnies RAM et Air France, on peut dire qu’elles n’ont pas la même clientèle, même si elles travaillent en pool sur une certaine catégorie de clientèle, la clientèle d’hommes d’affaires est beaucoup plus importante chez Air France que chez la RAM, sachant qu’elle entre pour plus de 70% dans son chiffre d’affaires. Pour la RAM, la clientèle est segmentée autrement, c’est-à-dire pour une minorité en classe affaires et pour le reste en RME et touristes étrangers qui constituent la majorité des passagers. Avec l’abandon du charter par la RAM au profit de sa filiale Atlas Blue, la compagnie nationale est obligée d’augmenter le nombre de ses passagers en adoptant des politiques d’incitation aux voyages, notamment auprès des MRE.

Ayant abandonné le charter au profit de sa filiale Atlas Blue, la RAM essaie de se rattraper par une politique d’incitation au voyage, notamment auprès des MRE.