Comment Inwi est en train de gagner des parts de marché

L’opérateur annonce un résultat d’exploitation avant amortissements positif en 2010.
Une nouvelle offre sera présentée aux clients de Wana mobile appelés à  migrer vers Inwi.
L’accent est mis sur les services à  valeur ajoutée.

Inwi est en train de faire sa place dans le paysage télécoms. Un peu plus de trois mois après son lancement, elle revendique déjà un million de clients, dont la majorité a opté pour le prépayé, conformément à la logique du marché. Selon Frédéric Debord, DG de Wana Corporate, cette percée tient à trois facteurs: la facturation à la seconde, la transparence et les services à valeur ajoutée. Selon lui, durant la seule journée de lancement, la marque a recruté
100 000 clients. Bien sûr, reconnaît-il, il y a eu aussi une vague d’opportunistes avec des clients qui avaient cru que tout allait être offert, mais tout de suite, le succès s’est installé. Mais pour y arriver, l’opérateur a aussi sorti la grosse artillerie en dégageant un budget de 60 MDH pour le lancement de sa nouvelle marque. 
Très satisfait de l’évolution de l’activité, M. Debord n’en est pas moins discret sur les indicateurs financiers arguant du fait que l’actionnaire de référence étant coté en Bourse, ce genre d’informations ne peut être communiqué que sous certaines conditions. Il consent tout juste à lâcher que le résultat d’exploitation avant amortissements (ebitda) sera positif dès 2010 et met en avant un grand effort réalisé sur la maîtrise des charges.
En outre, il se montre rassurant sur Bayn qui a séduit 2,4 millions de clients. Par contre, la commercialisation de Wana mobile est tout simplement arrêtée. Les clients sont appelés à migrer vers Inwi et pourront bénéficier de quelques avantages. L’offre sera présentée d’ici la fin 2010 promet le troisième opérateur qui accorde un soin particulier aux services à valeur ajoutée. Il ne s’y est pas trompé au vu du succès auprès des jeunes de l’accès à internet avec messenger à 5 DH de l’heure sur le portable ou encore à la liberté d’accès aux services Black Berry en prépayé. Et ce n’est là qu’un début puisqu’un travail de prospection au niveau des contenus est rondement mené avec ce credo : chercher des alliances et concocter des offres avec les meilleurs fournisseurs et pas seulement au niveau local.

La 3G, un autre champ de croissance

Par ailleurs, chez le troisième opérateur, on met l’accent sur la baisse des prix. Et Frédéric Debord d’ajouter : «Ce qui nous freine, sur la généralisation des gratuités sur les autres opérateurs, c’est l’interconnexion dans la mesure où notre parc reste encore limitée par rapport à celui de la concurrence à qui nous devons payer cette sorte de droit de passage, au demeurant naturel et universel».
La 3G qui compte plus d’un million de clients est aussi un espace de croissance où le combat n’est pas près de se calmer.
La concurrence se déploie-t-elle pleinement sur l’ensemble des créneaux télécoms au Maroc ? La réponse de Frédéric Debord est prudente : «Il y a un bon niveau d’émulation de manière globale et cela va s’accentuer à mesure que l’opérateur historique abandonnera sa position dominante».