Comment Agrotech veut ériger le Souss en pôle d’excellence

Recherche sur l’optimisation de la consommation d’eau et centre de biotechnologie, plusieurs projets seront lancés
Les cultures du terroir constituent le fer de lance du programme.

Agrotech Souss-Massa-Draâ, voilà une association née, il y a juste une année, qui va faire parler d’elle. De quoi s’agit-il et quelle est l’originalité de sa démarche ? Ce sont des professionnels de l’agriculture qui s’appuient d’abord sur leur propre force, ensuite sur les élus et les instances administratives et scientifiques locales pour contribuer au développement de la région.

Le but de la dynamique que veut créer Agrotech Souss-Massa-Draâ en associant tout le monde à sa démarche est de rétablir un équilibre entre la consommation et les ressources hydriques renouvelables, conforter la place des exportations de la région dans le marché européen et aider 50% des petits agriculteurs de la région à se mettre à niveau pour qu’ils produisent mieux et aux normes demandées des marchés demandeurs. A cette fin, des structures de financement ont été approchées pour accompagner ce mouvement de renouveau. Il s’agit du Crédit agricole du Maroc, des Fonds Igrane et Sindibad et de l’Office chérifien des phosphates.

Aider 50% des agriculteursà se mettre à niveau
Quatre groupes ont travaillé durant l’été 2006 sur les thèmes que sont les ressources hydriques, les produits du terroir, les cultures maraîchères et les agrumes. Il s’agissait en fait de diagnostiquer l’existant avant d’élaborer une stratégie qui s’inspire des conclusions de l’étude du cabinet McKinsey sur la région. Les recommandations des groupes de travail ont démontré l’intérêt à condidérer les produits de terroir comme filières privilégiées. Il s’agit du figuier de Barbarie, de l’arganier, du palmier dattier et du safran. Brahim Hafidi, président de l’association Agrotech Souss-Massa-Draâ, explique, par exemple, qu’en matière d’arganier et de palmier dattier, la région livre 80% de la totalité de la production nationale et 100% pour le safran et le rosier. C’est dire combien il s’agit là de filières très porteuses.

Capitalisation du savoir-faire des groupes présents dans la région
Les autres filières de développement sont l’apiculture, l’élevage caprin, le caroubier et l’élevage. Mais pour Brahim Hafidi, il s’agit de commencer par les cultures du terroir comme fer de lance du programme. Au sein de l’association, on fait néanmoins remarquer qu’il ne s’agit guère de négliger les cultures actuelles comme l’horticulture et l’agrumiculture.

Dans cet effort, qui consiste à ériger la région en pôle économique, en produisant de la manière la plus scientifique possible et la plus respectueuse de l’environnement et de la ressource, mais aussi en pôle d’excellence en matière de recherche et de valeur ajoutée technique et technologique, l’association compte aussi capitaliser sur le savoir-faire des grands groupes présents dans la région.

Et quand on dit faire de la région un espace de rayonnement en matière de qualité de production , ce n’est pas un vain mot, explique-t-on à l’association. Ainsi, parmi les projets en gestation, la création d’un centre de biotechnologies pour la multiplication des variétés et hybrides, l’encouragement de la recherche et la fabrication des fertilisants spécifiques, l’optimisation des structures et conditions des abris sous-serre et la gestion du climat sous-serre…
Ces différentes initiatives et bien d’autres actions ne manqueront pas de rejaillir sur la région et son environnement et seront de nature à présenter un attrait supplémentaire pour des multinationales, par exemple.

Les différents groupes de travail constitués (depuis la création de l’association, en mars 2006) continuent de travailler dans différentes directions en vue de dégager une vision globale et équilibrée et porter les ambitions de l’association pour sa région.