Comanav s’apprête à  prendre le contrôle de Marbar

Le montant de la transaction serait de 50 MDH environ.

Décidément, la Comanav n’est pas seulement à nouveau en ordre de marche. Elle est plutôt en phase de conquête. En effet, quelques semaines après avoir dévoilé de grandes ambitions de croissance interne pour son pôle de transport de passagers (ouverture de deux nouvelles lignes Tanger/Port-Vendres et Nador/
Naples), la compagnie s’apprête à doper, par croissance externe, son pôle transport de marchandises en jetant son dévolu sur le pôle maritime de Marbar, société dont l’un des principaux actionnaires n’est autre que Hassan Chami, président de la CGEM. Les négociations seraient pratiquement bouclées. Le montant de la transaction est d’environ 50 MDH.

Le financement de l’opération se fera sur fonds propres

Cette opération devrait rapidement être bénéfique pour la Comanav, sachant que Marbar exploite une ligne régulière sur l’Atlantique et dispose d’un capital humain aux compétences reconnues. Cette ligne devrait permettre à l’absorbant de desservir davantage de ports et de rationaliser sa capacité engagée dans le cadre de l’accord de partenariat pour le «range» atlantique qui le lie à d’autres compagnies étrangères. Une telle synergie devrait se traduire par un redressement sensible du chiffre d’affaires du pôle «fret».
Ensuite, c’est le pôle Services de la Comanav qui devrait profiter de synergies diverses en intégrant les activités de consignation et de manutention de Marbar au sein, respectivement, de ses deux filiales Acomar et Manuco. Cette dernière recèle d’ailleurs, selon les observateurs du secteur, un potentiel avéré de développement en marge de la redéfinition de la mission de l’ODEP devant aboutir à la libéralisation totale de l’activité de la manutention au sein des ports. Le chiffre d’affaires de Manuco devrait ainsi atteindre dès 2004 près de 150 MDH et contribuer significativement à la montée en régime attendue de la capacité bénéficiaire du groupe Comanav.
En somme, avec l’acquisition du pôle maritime de Marbar, qui s’attend à réaliser un bénéfice net de 8 MDH en 2004, la Comanav n’aura pas seulement intégré un nouveau centre de profit. Elle aura surtout réussi une prouesse stratégique en consolidant sa restructuration et en renforçant davantage ses positions concurrentielles dans les métiers qui semblaient encore à la traîne du redressement général. Quant au financement de cette opération, la Comanav puisera uniquement dans le cash-flow dégagé au cours de l’exercice écoulé. Dans un secteur où le niveau de l’endettement asphyxie parfois la trésorerie des opérateurs, une telle situation fait des envieux, alors qu’il y a à peine deux ans la compagnie maritime essayait de sortir de l’impasse