Chômage invisible : le HCP réagit

Suite à la publication dans votre numéro du vendredi 20 novembre d’une chronique intitulée «Le chômage invisible», je voudrais apporter quelques précisions importantes relatives à son contenu.
Concernant la définition de la population active en chômage, l’approche adoptée dans le cadre de l’enquête nationale sur l’emploi, à la base des résultats publiés par le HCP, inclut bien les personnes actives découragées par la recherche d’un emploi et ce, contrairement à ce qui est écrit dans la chronique en question.
Cette définition large du chômage est conforme aux recommandations du Bureau international du travail (BIT) qui laissent aux pays le choix entre une définition utilisant la notion de recherche dans un sens strict et une définition qui permet d’inclure aussi parmi les chômeurs les personnes découragées par la recherche active (approche adoptée par le HCP). Sur un autre volet, l’auteur recommande au HCP de produire des données sur le sous-emploi. Or ce phénomène a été toujours mesuré et les données y afférentes publiées régulièrement dans les rapports de l’enquête. Le sous-emploi, tel que mesuré dans le cadre de l’enquête nationale sur l’emploi, est défini selon trois principaux critères, à savoir l’insuffisance de la durée du travail, l’inadéquation de l’emploi avec la formation ou la qualification et l’insuffisance du revenu procuré par l’emploi. Dans la dernière note d’information sur la situation du marché du travail au troisième trimestre de 2009, publiée en date du 3 novembre 2009, il est clairement précisé que le volume du sous-emploi des actifs occupés âgés de 15 ans et plus, s’établit à 1 046 000 personnes et que le taux de sous-emploi se situe à 10,2% au niveau national (8,5% dans les villes et 12% dans les campagnes). Le HCP collecte et publie également plusieurs autres informations relatives à la qualité de l’emploi. Il s’agit, à titre d’exemple, de la proportion de l’emploi rémunéré, de la durée de travail, du type de contrat de travail, de la couverture médicale, etc.  Ainsi, en se référant au rapport des résultats annuels de 2008 publié en juillet dernier, la part de l’emploi non rémunéré dans l’emploi global est de 24% au niveau national, de 5% en milieu urbain et de 42% en milieu rural.
D’un autre côté, les résultats de l’enquête montrent que 30,6% des salariés en milieu urbain ont un contrat écrit à durée illimitée, 4,5% ont un contrat de travail écrit à durée limitée, 2,2%, un contrat verbal et 62,7% n’ont pas de contrat.