Chèques irréguliers : le service de centralisation de BAM est désormais opérationnel

• Il permettra à l’utilisateur de se protéger contre tout chèque frappé d’une irrégularité.
• Une tarification dégressive est mise en place, en fonction de la durée et du nombre de consultations.
• Il propose une consultation mais n’assure aucunement le blocage des fonds.

Le service de centralisation des chèques irréguliers (SCCI) lancé par Bank Al-Maghrib, en partenariat avec Creditinfo Checks, est enfin opérationnel.). La gestion de ce service est déléguée à la société Checkinfo, suite à un appel d’offres à l’international. «Il s’inscrit dans le cadre des initiatives entreprises par BAM pour contribuer à l’amélioration de l’environnement des affaires. Il s’ajoute ainsi au dispositif actuel (le Service de centralisation des incidents de paiement sur chèques)», explique Khalid Zbir, responsable de la direction réseau au sein de BAM.
Ouvert aux commerçants, tous types confondus, allant de la grande entreprise à l’auto-entrepreneur, en passant par la PME et la TPE, ce service permettra à l’utilisateur de se protéger contre tout chèque frappé d’une irrégularité. Six types d’irrégularité sont relevés, à savoir un chèque émis sur un compte bancaire clôturé, chèque frauduleux ou falsifié, le chèque émis sur un compte frappé d’indisponibilité, opposition sur chENCèque pour perte ou vol, l’interdiction bancaire et l’interdiction judiciaire. Autrement dit, Checkinfo permet de vérifier instantanément la régularité d’un chèque et réduire ainsi le risque de non-paiement.
Toute personne physique ou morale intéressée peut souscrire à ce service muni de son identifiant et de son mot de passe et accéder au service de consultation proposé par la société, selon une tarification fixée en commun accord entre BAM et Checkinfo. Ainsi, trois types de forfaits sont proposés : essentiel qui, au prix de 600 DH, a une durée de validité de 3 mois et permet 60 consultations. Le forfait Smart, lui, propose 300 consultations en 6 mois, pour un prix de 2 400 DH. Enfin, le forfait avantage offre jusqu’à 1 500 consultations, avec un délai de 12 mois, moyennant un coût de 9 000 DH.
Il suffit donc d’insérer le numéro du chèque pour vérifier instantanément sa régularité. Un code couleur est ainsi proposé par la société. «Le vert signifie que le chèque est régulier et n’est donc pas déclaré au niveau du SCCI, le code orange correspond à un compte déclaré au titre d’une opposition sans numéros de formules associés et le rouge signifie qu’il est déclaré au SCCI avec l’un des six motifs précités», détaille Sidimohamed Abouchikhi, président du conseil d’administration de Créditinfo.
Les personnes éligibles peuvent souscrire ce service et consulter, ce faisant, la régularité des chèques qui leur sont remis, et ce à travers plusieurs canaux, à savoir «directement sur la plateforme creditinfochekcs.com, l’application mobile checkinfo, ou encore à travers un Webservice qui permet l’intégration de ce service dans leur système d’information, pour les grandes sociétés», souligne M.Abouchikhi. Et d’ajouter : «Un service après-vente et un accompagnement sont assurés aux clients via une plateforme où toutes les questions sont traitées».
Cette centrale devra permettre certes de diminuer le risque d’impayés, d’améliorer la relation client, de réduire la détention de la liquidité et de réduire également le coût du traitement du cash. Cela est d’autant plus important quand on sait que le nombre de chèques impayés est de 466 000, en légère baisse de 2% par rapport à 2019 et que 684 000 personnes sont inscrites parmi les interdits de chéquier. Néanmoins, il ne garantit à aucun moment la disponibilité des fonds. Il s’agit donc d’un motif d’aide à la prise de décision d’accepter ou non le chèque, mais n’assure pas son paiement. D’ailleurs, le blocage des provisions figure parmi les services à forte valeur ajoutée que compte développer le délégataire dans une prochaine étape. Parallèlement, les canaux de consultation seront étendus à des lecteurs automatiques de chèques et aux TPE adaptés.