Changement climatique dans la région MENA : la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme

L’Institution a présenté son rapport «Baissons la chaleur» consacré aux effets du changement climatique. Le rapport prévoit qu’au Maroc, une augmentation de la température de 4ËšC pourrait réduire le rendement agricole de 39%.

«La vulnérabilité de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) aux effets du changement climatique» était le thème de la rencontre organisée le 8 avril, à la Bibliothèque nationale à Rabat, par la Banque mondiale et l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité energétique (ADEREE). Cette rencontre a été marquée par la présentation du rapport de la Banque mondiale sur les effets du changement climatique, intitulé «Turn down the heat» ou «Baissons la chaleur». D’après ce rapport, un réchauffement de la température de la planète de 1,5°C paraît inéluctable et, en l’absence d’une action concertée pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la température augmenterait de 2°C d’ici à 2050 et de 4°C d’ici à 2100 ; ce qui aurait des conséquences préoccupantes pour la sécurité alimentaire.

Selon Hakima El Haite, ministre déléguée à l’environnement, «tous les pays doivent contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour atteindre l’objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2°C, les pays développés devraient réduire leurs émissions de 80% et les pays en développement de 20%, à l’horizon 2050». Il n’en reste pas moins que ce sont les populations qui dépendent en grande partie de l’agriculture, comme source d’alimentation et de revenus, qui risquent d’être les plus touchées par les effets du changement climatique. C’est ainsi que, dans le cas du Maroc, le rapport de la Banque mondiale indique qu’une augmentation de la température de 4ËšC pourrait réduire le rendement agricole d’environ 39%.
La tendance peut être inversée

«Avec le lancement des programmes nationaux 2 000 MW solaire et 2 000 MW éolien, en 2020, et la volonté d’atteindre les 25% d’efficacité énergétique en 2030, le Maroc a assurément lancé sa transition énergétique», selon Saïd Mouline, DG de l’ADEREE. Et de préciser que «l’ensemble des mesures et des lois qui ont été adoptées permettront de réduire la facture énergétique du pays, mais aussi ses émissions de gaz à effet de serre».

Moins bien dotée en ressources hydriques- les disponibilités des sources d’eau renouvelables n’atteignent généralement pas les 1 000 m3 par habitant et par an et plafonnent à 16 m3 aux Emirats Arabes Unis-, le Maghreb et le Machrek devraient souffrir de la baisse de la pluviométrie, conjuguée à une plus forte évaporation du fait de la hausse des températures. Cependant, «le pire n’est pas inéluctable». Il est toujours possible de freiner le changement climatique en fixant un prix élevé pour le carbone, en réduisant les subventions aux combustibles fossiles, en augmentant les investissements dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, en encourageant une agriculture climato-intelligente et en bâtissant des villes sobres en carbone et à l’épreuve du climat.