Chaînes hi-fi, caméras, lecteurs DVD… Ces appareils qui n’ont plus la cote

Les ventes de ces différents produits se sont écroulées ces cinq dernières années. Smartphones, homecinémas et enceintes Bluetooth ont remplacé des produits devenus obsolètes. Les constructeurs continuent d’en produire mais vont vers davantage de compacité.

Les rayons dédiés aux lecteurs DVD, chaînes hi-fi, caméscopes, radios, voire aux appareils photos numériques compacts se font de plus en plus discrets dans les magasins. Il suffit, pour s’en convaincre, de feuilleter les prospectus distribués par les enseignes qui ont pignon sur rue. Alors que l’on avait l’habitude d’y voir plusieurs modèles d’une même catégorie de produits, certaines d’entre elles se sont, au fil des ans, fortement réduites ou ont même disparu. «Sur ce type de produits, les gammes ont été réduites d’une manière très significative. Par exemple, les gammes de caméscopes et d’appareils photo numériques ont été réduites de deux-tiers», explique Aziz Benzerouk, vice-président du distributeur Latco, à Casablanca.

Les chiffres du cabinet spécialisé en études marketing Euromonitor International confirment cette tendance. Entre 2010 et 2015, les ventes de lecteurs DVD ont ainsi baissé de 29% en volume, avec 606 200 unités en 2015, contre près de 855000 en 2010, et de 48,5% en chiffre d’affaires. Le constat est le même pour les caméscopes dont les ventes ont chuté de 65% en volume et 63% en valeur. En 2015, il s’est écoulé 8 000 caméscopes contre 23 400 en 2010. Les ventes d’appareils photos numériques ont, quant à elles, chuté de 65,7% en volume, avec «seulement» 170600 unités écoulées en 2015 (contre 247300 en 2010), et de 63% en chiffre d’affaires.

Les ventes de lecteurs Blu-Ray ont progressé de 310%

Autre exemple frappant, les ventes de lecteurs multimédias portables, ancêtres de la tablette, se sont effondrées de près de 44% en volume, avec tout de même 240 700 unités écoulées en 2015, et de 60,3% en chiffre d’affaires.

A l’inverse, les ventes de homecinémas ont progressé de 17% en volume entre 2010 et 2015, à 86000 unités. Celles de smartphones ont même explosé puisqu’elles ont progressé de 255% en volume et de 237% en chiffre d’affaires en seulement 5 ans. En 2015, près de 900 000 smartphones se sont ainsi écoulés au Maroc, pour un chiffre d’affaires de 283,3 millions de dollars, soit près de 2,8 milliards de dirhams. Mieux, les ventes de lecteurs Blu-Ray ont grimpé de 310,4% sur les 5 dernières années avec 13 900 unités écoulées en 2015 pour un chiffre d’affaires de 2 millions de dollars, soit près de 20 MDH (+142,2%).

Si les constructeurs continuent de produire ces produits «dépassés», ils ont tout de même été dans l’obligation de s’adapter à la demande du marché. «Aujourd’hui, tout le monde est équipé. Il n’y a pas de demande, ni d’importation de ces produits, sauf pour le haut de gamme», confie M. Benzerouk. Résultat, de nouvelles fonctionnalités, voire de nouveaux produits, plus performants, et surtout plus compacts et multifonctions ont remplacé nos bonnes vieilles chaînes hi-fi, nos caméscopes et nos radios au placard.

Les distributeurs s’adaptent

Les homecinémas et les haut-parleurs Bluetooth sont venus concurrencer les chaînes hi-fi. Les lecteurs DVD sont en passe d’être remplacés par les lecteurs Blu-Ray dont le prix a fortement baissé au fil des ans. Ils sont ainsi accessibles à partir de 1 500 DH. La tendance est également aux mini-chaînes incluant des lecteurs DVD.

En tant que distributeur, Latco, tout comme la plupart des autres enseignes, a été obligé de s’adapter. «Nous nous sommes inéluctablement tournés davantage vers le marché professionnel. La demande pour les caméras professionnelles se maintient. Elle a même tendance à progresser», précise Aziz Benzerouk. Au rayon des appareils photos, les reflex des marques Nikon et Canon sont également demandés par les professionnels et les amateurs passionnés. Les compacts et bridges ont, quant à eux, laissé place aux smartphones. En raison d’une chute drastique de la demande, les prix sont restés inchangés et très rares sont les opérations commerciales organisées pour ce type de produits car ils ont atteint le niveau le plus bas. Difficile, voire impossible, d’aller en deçà.