CGEM : les leçons d’un scrutin

Au-delà  du résultat, c’est la démocratie qui aura été le vainqueur des élections n Le président réélu devra composer avec ceux qui n’ont pas voté pour lui.

Le suspense aura duré jusqu’au bout lors de cette soirée marathonienne du vendredi 20 juin. Hassan Chami, président sortant de la CGEM, a été reconduit. Adnane Debbagh, challenger sérieux, a, lui, été battu. Scénario classique du vainqueur et du vaincu ? Pas tellement quand on sait que sur un total de 2197 voix exprimées en faveur de l’un ou l’autre des candidats, 19 bulletins seulement ont fait la différence. C’est donc la démocratie qui remporte le match. Si Chami a gagné c’est qu’il le mérite, fut-ce à une voix près. Si Debbagh n’a pas gagné, il n’a pas démérité pour autant. Le plus important est ailleurs. Il est dans le taux record de participation. En ajoutant les bulletins nuls au reste ce sont 88% des inscrits qui ont participé au vote. Comme quoi les patrons savent mobiliser leur base et l’on ne peut en dire autant des partis politiques.
Mais, si un score aussi serré est tout à l’honneur de la Confédération, puisqu’elle peut se targuer d’avoir eu deux candidats aussi valables l’un que l’autre, il est surtout révélateur du désir de changement qui anime la moitié de ses adhérents. Ce changement-là, Hassan Chami devra l’accomplir sous peine de fragiliser la CGEM, même si la tâche n’est pas une sinécure. Dans tous les cas, l’intention y est. Le «Je vous ai compris» proclamé, aussi bien avant qu’après le vote, à l’attention de tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’institution, en témoigne.
La recomposition du bureau est attendue
Il devra maintenant passer à l’acte. Rendre la CGEM plus indépendante des pouvoirs publics, rajeunir les structures, élever le taux d’encadrement, se rapprocher davantage de la base pour faire de la Confédération un organe au service de l’entreprise (et non pas de corporations) sont, entre autres, les chantiers de son dernier mandat. Plus important, il devra aussi agir de manière plus concertée. L’on se rappelle à cet effet les malheureux épisodes de la loi sur les AT ou encore les négociations sur l’augmentation du SMIG, dont le souvenir a pesé sur le vote du 20 juin.
Dans l’immédiat, il est attendu de M. Chami qu’il opère quelques réaménagements au sein du bureau, même si, légalement, rien ne l’y oblige. D’ores et déjà, il a commencé des consultations avec les grands groupes en vue d’une concertation. Selon les observateurs, il devrait faire quelques concessions aux «refuzniks» du bureau qui demandent les têtes de quelques membres dont le rôle effectif reste à prouver. Bref, il faudra du sang neuf et jeune. Ira-t-il jusqu’à coopter Adnane Debbagh à l’issue de son mandat en tant que président de la fédération des PME-PMI qui prend fin à l’automne prochain ? L’avenir le dira. Bon courage M. Chami.