CGEM : des votants sous pression

925 adhérents totalisant 2 152 voix étaient inscrits à deux
jours du scrutin.
Les deux rivaux ont multiplié les contacts avec les fédérations,
associations et patrons de grands groupes.

C’est ce vendredi 20 juin que les patrons vont aux urnes pour élire leur nouveau président. Tout indiquait que l’on s’acheminait vers une forte participation. A deux jours du scrutin, 925 adhérents totalisant 2 152 voix étaient inscrits. Le délai d’inscription ayant été prorogé jusqu’au jeudi 19 juin à 19 heures, difficile donc de prévoir le nombre définitif de votants. Mais si tous les adhérents devaient payer leurs cotisations, on devrait avoir un maximum de 1 838 inscrits pour 3 416 voix.
Si, théoriquement, les trois candidats ont leur chance, il est certain que tout se joue entre Chami et Debbagh. Les deux rivaux ont multiplié ces dernières semaines les rencontres avec associations, fédérations et patrons de grands groupes. Et pour cause, ces derniers, à travers leurs filiales, ont un poids certain dans le vote. A titre d’exemple, le groupe ONA dispose d’une centaine de voix qu’il pourrait bien, selon une source officieuse, consacrer à Debbagh. Le groupe Holmarcom (famille Bensaleh) pourrait bien suivre la même tendance. La semaine précédente, Meriem Bensaleh Chaqroun avait démissionné de l’actuel bureau du patronat. D’un autre côté, les observateurs pensent que les groupes Benjelloun et Karim Lamrani pencheraient plutôt du côté de Chami. L’incertitude demeure sur les autres : Somepi (famille Amhal), Ynna Holding (famille Chaâbi) et Akwa Group (familles Akhannouche et Wakrim).
De plus, ce n’est pas seulement le poids relatif de ces mastodontes de l’économie qui devrait peser sur le vote ; leur influence auprès des fédérations et associations professionnelles est un autre facteur qui vient brouiller les pronostics.

Des revirements trop fréquents
Ainsi, dans le secteur de la pêche et contrairement à ce que l’on disait, il y a une semaine, les professionnels sont loin d’être totalement acquis à la cause de Hassan Chami. Certes les industries de transformation, qui représentent 120 voix sur les 360 que compte la filière pêche, ont assuré l’actuel patron des patrons de leur soutien. Et les autres ? Selon nos sources, ils ont fait de même avec Debbagh !
Dans le textile, c’est un scénario différent. Mardi, en fin de soirée, le bureau avait pris la décision d’opter pour le «changement», c’est-à-dire Adnane Debbagh. Mercredi, en milieu de journée, l’indécision était revenue. Doit-on lier cela aux bons offices de Hassan Chami qui est intervenu pour activer la rencontre entre le Premier ministre et l’Amith ? Certes, cette rencontre était prévue depuis plus de trois semaines mais il n’avait pu la concrétiser… que jeudi 19 juin, en fin de journée. La veille du scrutin !!! Quelle coïncidence !
Comment, également, interpréter la pression mise sur la Chambre des conseillers pour voter le Code du travail au plus tard vendredi matin ? S’agirait-il de redorer le blason de Chami, terni par l’épisode des concessions sur l’augmentation du Smig ? Des questions légitimes qui se posent, mais en restent au stade de présomptions tant il est vrai que les pressions de part et d’autre n’ont pas manqué lors de ces élections enfiévrées.
Dans l’entourage de Adnane Debbagh, on considère que l’adoption du Code du travail serait une excellente chose mais que la paternité doit en être attribuée à S.M. le Roi et à personne d’autre.
Reste l’outsider Mourad Belmaâchi. Serein, le candidat est décidé d’avance à contester l’issue des élections. Il n’a toujours pas reçu les documents sur la CGEM qu’il avait demandés en début de campagne.