Centrale des risques : la barre du million de consultations franchie d’ici la fin de l’année

80% des dossiers de crédit sont aujourd’hui consultables sur le système. 53% des consultations sont effectuées par les sociétés de financement. Le tarif des consultations pour les établissements de crédit devrait baisser de 16 DH actuellement à  15 DH à  la fin de l’année.

Alors qu’ils exprimaient des réticences au lancement de la centrale des risques en 2009, les établissements de crédit semblent à présent avoir bien intégré cet outil. Celui-ci, consistant pour rappel en un système de recensement des crédits qui permet de mieux apprécier le risque emprunteur, a en effet été consulté par les banques et les sociétés de financement 550 000 fois au cours des 6 premiers mois de 2012, soit 54% de plus que sur la même période de l’année passée. A ce rythme, «nous devrions dépasser la barre du million de consultations d’ici la fin de l’année», se réjouit Béatrice Larrègle, directrice générale d’Experian Services Maroc (ESM). Une bonne nouvelle pour les usagers de la centrale car Experian facture ses prestations selon une tarification qui fait que ses prix diminuent à mesure que le volume de consultations augmente. De fait, le prix de la consultation devrait descendre de 16 DH actuellement à 15 DH d’ici la fin de l’année, sachant qu’on en était à 18 DH au départ. Il s’agit des prix pratiqués pour les banques et les sociétés de financement qui représentent respectivement 45 et 53% du volume de consultations.

Les 2% qui restent reviennent aux associations de microcrédit (AMC). Pourtant, ces entités traitent un volume appréciable de dossiers. Tout porte, donc, à croire que contrairement à la directive de Bank Al-Maghrib (BAM), les AMC ne font pas encore systématiquement appel à la centrale. Mais le management d’ESM s’attend à une forte montée en charge de ces établissements du fait que les plus grandes d’entre elles sont en phase finale d’investissement pour automatiser la consultation de la centrale. Pour cela, elles sont encouragées par des prix préférentiels: 3,25 DH par consultation pour les grandes et 1,75 DH pour les petites.

Parallèlement, l’encours de crédits couverts par la centrale des risques atteint actuellement 641 milliards de DH, en progression notable de 100 milliards de DH sur une année glissante. Si l’on part du principe que la centrale doit couvrir tout le marché du crédit, ce montant devrait être équivalent à l’encours total des crédits en circulation sur le marché. Mais ces derniers approchent actuellement les 800 milliards de DH, ce qui fait que 80% des dossiers de crédits sont effectivement consultables sur la centrale des risques actuellement.

De nouvelles centrales des risques pour les chèques, effets…

Si l’on n’en est pas encore à 100% c’est que BAM, qui a la charge d’alimenter la centrale en données, a transmis jusqu’à présent à cette entité des renseignements ne portant que sur 697 milliards de DH de crédits. Et donc Experian n’a pu charger l’intégralité de ce montant du fait que les données qui lui parviennent ne sont pas toujours conformes aux exigences techniques.

Cela établit tout de même le taux de chargement (rapport de l’encours transmis par BAM sur l’encours chargé au niveau de la centrale des risques) à un niveau honorable de 93%. Ce taux s’est inscrit en progression constante depuis le lancement de la centrale, passant de 72% à fin 2009 à 85% à fin 2010 pour approcher les 90% en 2011 et le mangement d’ESM a bon espoir de parvenir bientôt à une couverture intégrale du marché.

Outre le perfectionnement du système, la société investit de nouvelles niches pour développer son activité. L’on apprend à ce titre que l’entreprise a récemment décroché un contrat avec une banque d’affaires de la place portant sur une prestation de services comparable à ceux fournis actuellement aux établissements de crédit. Il faut à ce titre signaler que l’accès à la centrale des risques est ouvert aux entités autres que les banques et les sociétés de financement, pourvu qu’elles soient agréées par BAM.

En outre, ESM devrait introduire sous peu un nouveau service consistant en un rapport de solvabilité non plus seulement pour une entreprise unique mais pour un groupe, notamment ceux structurés sous forme de groupements d’intérêt économique. Le spécialiste envisage également de lancer une solution de scoring des emprunteurs. ESM ne cache pas non plus son intérêt pour les nouveaux services de centralisation des incidents de paiement prévus par la nouvelle loi bancaire. Celle-ci introduit en effet la possibilité de créer des structures similaires à la centrale des risques pour gérer les chèques, les effets de commerce ou encore les avis de prélèvements. Autant de nouvelles opportunités de business.