Ce que prépare le gouvernement pour la rentrée

Mise en Å“uvre de l’INDH, incitations sectorielles pour l’industrie et l’offshoring, plan-emploi et fixation des critères pour le Ramed sont les principaux chantiers.
La bouclage de la Loi de finances 2006 sera probablement retardé au regard des mesures à  prendre.

Pas de vacances ou presque pour les ministres au cours de cet été. C’est à  peine si quelques-uns ont pu s’octroyer une petite semaine de repos à  la fin du mois de juillet ou la première semaine d’août. Le premier ministre, lui, n’aura pas cette chance. Les dossiers à  boucler sont trop nombreux et la rentrée sera caractérisée par des délais serrés.
A commencer par l’INDH dont les grandes lignes du plan de mise en Å“uvre devraient être finalisées, au plus tard le 18 août, pour se conformer aux instructions, qui avaient fixé un deadline de trois mois. Si le schéma du financement (10 milliards de DH sur 10 ans dont 250 MDH pour le reste de l’année 2005) est quasi bouclé et les comités provinciaux et locaux formés, les prochains jours seront consacrés aux choix de 360 communes prioritaires, premiers bénéficiaires du plan d’action. En ce sens, d’intenses concertations sont engagées entre le gouvernement, le Haut commissariat au Plan et les autres organes concernés, telle l’Agence de développement social.
D’ici à  fin août, également, le gouvernement devra proposer une série de projets à  but socio-économique à  son homologue américain. Objectif, pouvoir bénéficier du «Millénium challenge account», programme doté d’une envoloppe de 5 milliards de dollars sur dix ans.

Réaménagement des tarifs douaniers

Autre chantier à  échéance proche, celui du plan émergence découlant des recommandations du cabinet Mc Kinsey. Le mois d’août ainsi que la première moitié de septembre seront consacrés aux négociations sectorielles, qui donneront lieu, ensuite, à  l’annonce d’un train de mesures en faveur du tissu industriel, ébranlé par la concurrence étrangère. Le volet le plus discuté sera sans doute celui des tarifs douaniers. Mais il n’y a pas que l’industrie qui devrait bénéficier de mesures favorables. Le secteur de l’offshoring (centres d’appels, traitement délocalisé de données…), appelé à  créer 92 000 emplois directs, est tout aussi prioritaire. En effet, si Mc Kinsey a estimé à  18 mois le temps maximal pour le démarrage effectif des plans d’action de 6 secteurs-clés, ce délai n’est que de 3 mois pour l’offshoring.
Parallèlement, cette stratégie de relance de l’économie sera accompagnée par un plan-emploi qui sera dévoilé lors des assises, prévues les 22 et 23 septembre. Des packages sont attendus : encouragement à  l’auto-emploi, incitation fiscale pour le recrutement de jeunes diplômés (cf. La Vie éco du 22/07/05) et large programme de reconversion.

Négociations à  propos du CIH et recapitalisation du Crédit Agricole

Les entreprises publiques et l’administration ne seront pas en reste. Le mois d’août sera consacré aux négociations en vue de l’entrée de la Caisse d’épargne française dans le capital du CIH, alors que le Crédit Agricole, qui a effacé la dette de 100 00 agriculteurs, bénéficiera d’un plan de recapitalisation. Par ailleurs, le succès d’Intilaka sera mis à  profit pour rééditer l’opération au sein des établissement publics et des collectivités locales. L’administration, elle, allégée, subira un vaste mouvement de redéploiement des effectifs vers les régions.
Enfin, chantier incontournable, celui de l’assurance maladie et des retraites. Pour le premier volet, août sera le mois de l’entrée effective de l’AMO en application, et quelques réglages seront certainement nécessaires. En revanche, le plus gros du travail sera consacré au Ramed (système en faveur des éconmiquement démunis ) : d’ici fin septembre, la population éligible ainsi que le panier de soins et les taux de remboursement seront fixés. Concernant les retraites, et après le traitement ponctuel du cas de la Caisse marocaine de retraites (CMR), une réflexion est lancée sur le système dans sa globalité. Comme cela se passe à  l’international, on se dirige probablement vers la fusion des principales caisses existantes en un organe qui assurera les prestations de base, accompagné d’entités qui offriront des produits de retraites complémentaires. Mais là , le chantier risque de s’étaler sur deux ans au moins.
A côté de tous ces chantiers, celui de la Loi de Finances sera, bien sûr, et par excellence, le dossier de la rentrée, mais il y a fort à  parier que la multitude des mesures qui devraient être prises au cours du quatrième trimestre 2005 retarderont sa confection, en raison de leur impact budgétaire et des arbitrages qui ne manqueront pas de traà®ner en longeur. Difficulté supplémentaire, Ramadan commençant le 4 octobre, cet agenda chargé du gouvernement devra faire une place aux relations bilatérales : réunion des hautes commissions mixtes, maroco-française les 26 et 27 septembre, et maroco-espagnole les 28 et 29 du même mois. Décidément, l’année 2005 n’aura pas été de tout repos.