Ce que Bouygues propose pour Tanger-Med

Nouvelle technique de construction pour réduire coûts et délais
Mise en service du port début 2007.

En remportant le marché de Tanger Méditerranée (hors aménagement des quais), le groupe Bouygues vient de prendre sa revanche sur le projet avorté de Tanger Atlantique. Et ce n’est pas un lot de consolation, loin de là, puisque le contrat porte sur près de 2,5 milliards de DH. Les travaux seront réalisés par le groupement composé de Bouygues Travaux Publics, Bymaro (filiale marocaine de Bouygues Bâtiment) et Saipem. La participation de cette dernière dans le groupement s’explique par le fait qu’elle a récemment acheté Bouygues Off shore.
Après l’ouverture des plis, il a fallu plus de trois mois de négociations pour arriver à la signature du contrat. Le groupement a présenté deux
offres : une base qui correspondait aux spécifications du cahier des charges et une variante qu’il a proposée lui-même. Il a été retenu pour cette dernière solution.
La proposition technique porte sur une conception particulière des digues. Au lieu des digues classiques à talus, l’idée est de réaliser des digues à caissons lorsque la profondeur des eaux dépasse les vingt mètres. Cela consiste à placer dans les fonds marins une quarantaine de caissons préfabriqués de 20 mètres de hauteur, ce qui permet d’«économiser sur les matériaux, de réduire les coûts de production et respecter les délais», explique Thierry Vacherand, responsable ingénierie de Bymaro.
De plus, la digue à caissons permet d’augmenter la surface des terre-pleins de près de 18 hectares et limite les effets néfastes sur l’environnement.
Le planning des travaux proposé par le groupement prévoit une phase d’étude qui s’étalera jusqu’au premier trimestre 2004. La construction de la première partie de la digue principale à talus débutera en mars 2004. La durée contractuelle de réalisation de cette première phase du port Tanger Med est de 36 mois, avec une promesse de Bouygues de clôturer les travaux en 33 mois. La mise en service du port est prévue pour début 2007.
Dragage et travail en fond de mer seront sous-traités
Questionné sur les points forts du groupe dans les gros travaux, M. Vacherand cite «une expertise importante reconnue par le maître d’ouvrage en termes de technicité et d’organisation qui nous permet de respecter les délais en utilisant des moyens appropriés».
Pour le volet moyens humains, on indique qu’un patron de chantier sera nommé pour la conduite des travaux. Près de 120 cadres et agents de maîtrise seront détachés des trois entreprises participantes au groupement et qui encadreront 700 à 800 ouvriers et techniciens. Il faudra 3,5 millions d’heures de travail pour réaliser ce chantier.
Reste la question des entreprises sous-traitantes. A ce jour, leur mission n’est pas totalement définie. Mais, il est déjà question de leur confier le dragage et une partie du travail en fond de mer.