Casablanca prépare une nouvelle vision pour le stationnement

Un programme de réhabilitation de huit grands parkings va bientôt être lancé. Une étude de faisabilité pour la construction de nouvelles aires de stationnement sera entamée dans les prochains jours. Le mode de gestion des parkings devrait également être revu.

La Commune urbaine de Casablanca s’attaque enfin(sérieusement) à la problématique du stationnement. Si jusque-là l’attention des élus était surtout orientée vers la concession de la gestion des zones de stationnement à péage, aujourd’hui, le Conseil de la ville se focalise sur l’offre de places disponibles. Une étude devrait être entamée dans les jours qui viennent en vue de «mettre fin à une longue période d’absence de vision politique dans l’exploitation des capacités de stationnement», souligne-t-on auprès du Conseil de la ville. En termes plus clairs, les autorités de la ville veulent se doter d’une stratégie propre à la résolution de ce problème. En fait, même au sein du conseil, on reconnaît qu’au cours des 7 dernières années, les efforts étaient surtout concentrés sur l’amélioration de la circulation par la réalisation d’importants travaux de construction d’infrastructures. Sur le volet stationnement, la ville se contentait en effet de concéder la gestion des zones à horodateurs à des opérateurs privés, et à autoriser les gardiens sur des sites lui appartenant (parkings, terrains nus ou sur les différentes artères). Ceci se faisait sans tenir compte des véritables besoins de la ville en la matière, sachant que ceux-ci n’ont fait que s’accentuer ces dernières années. «Une pression croissante s’exerce sur l’exploitation du stationnement dans les zones les plus attractives de Casablanca», analyse-t-on auprès du conseil. Cette pression est à la fois due à la forte augmentation de l’équipement des ménages en voitures, mais aussi à la diminution de l’offre dans les zones concernées par la première ligne du tramway.  C’est donc dans ce contexte que les autorités de la ville ont finalement ouvert ce grand chantier relatif au stationnement, une suite logique de la feuille de route pour le transport et la circulation élaborée par le ministère de l’intérieur en 2013 (voir La Vie éco du 3 janvier 2014).

Les parkings sous-terrains seront privilégiés

Cette feuille de route avait pour rappel mis l’accent, dans son volet lié au stationnement, sur la problématique de l’offre et du mode de gestion adopté par la ville. Selon les premiers échos recueillis auprès des instances de la métropole, deux objectifs sont visés : à court terme, la réhabilitation et le réaménagement des aires déjà exploitées pour le stationnement et, à moyen terme, la mise en place de nouvelles aires. Ainsi, le Conseil de la ville devrait entamer la concrétisation de ce projet par le réaménagement de 5 parkings, à savoir ceux de Benjdia, du stade Philippe, de la rue d’Agadir, de BEMCOM, sur l’Avenue Hassan II et de Hay Hassani. Il en est de même pour trois autres parkings en surface, notamment ceux de l’hôtel Hyatt Regency, de la gare de la CTM et du célèbre parking de la Place des marchés du Maârif.

Parallèlement, le Conseil de la ville devrait également lancer une étude de faisabilité pour la construction de nouvelles aires de stationnement. A ce niveau, l’option qui revient le plus depuis plusieurs mois est la construction de parkings sous-terrains sur des sites publics. La ville avait d’ailleurs déjà conclu un premier accord dans ce sens avec une banque de la place pour la construction d’un premier parking sous-terrain sur la place des Iris dans la commune de Maârif. Un projet du même genre à proximité du grand Théâtre dans la commune de Sidi Belyout est à l’étude. D’autres sites devraient être explorés dans les mois à venir. «L’option des parkings en sous-sol permet d’éviter les tracas liés à la disponibilité du foncier en surface», explique une source proche de ce dossier.
Casa Développement, nouveau gestionnaire du stationnement à Casablanca
Il n’empêche que la ville devrait tout de même étudier la possibilité d’aménager de nouvelles aires de stationnement également en surface dans des zones à forte densité. Si la zone de Maârif devrait en principe bénéficier de nouvelles

capacités en sous-sol, les zones d’Aïn Diab et de Derb Soltan pourraient être visées par le projet des parkings en plein air, à condition de trouver le foncier nécessaire ou, le cas échéant, de réaliser les expropriations éventuellement.
L’étude que s’apprête à lancer la ville devrait par ailleurs répondre aux autres questions restant en suspens dans ce dossier, notamment le mode de gestion qui sera retenu. En principe, la gestion devrait être confiée à Casa Développement, société de développement local relevant de la ville et créée initialement à cette fin. Jusque-là, les prérogatives de Casa Dev dans ce domaine restent limitées, puisque la ville avait déjà des contrats en cours avec les gestionnaires des stationnements à péage, et laissait aux communes l’octroi des autorisations pour gardiens. Depuis la résiliation du contrat de Casa Park (résiliation soumise au ministère de l’intérieur pour approbation), le nom de Casa Dev revient plus souvent comme nouveau gestionnaire du stationnement dans la zone couverte par Casa Park. Ceci marque donc le vrai démarrage de la gestion du stationnement à travers la société de développement locale.