Casablanca : neuf zones à  grande charge historique et architecturale protégées

La décision de la wilaya est une mesure conservatoire permettant de mener à  bien le recensement. La délivrance des autorisations de démolition est confiée à  une commission mixte constituée de représentants de la wilaya, de l’Agence urbaine et du ministère de la culture.

Sauver et sauvegarder le patrimoine architectural de Casablanca est une priorité. Khalid Safir, nouveau wali de la métropole, veut faire sienne cette mission. Il veut mettre fin à la série de démolitions des sites et bâtiments historiques qu’a connue la ville blanche ces dernières années. Pour ce faire, un plan d’urgence a été mis en place il y a six semaines. En ce sens, neuf zones à grande charge historique et architecturale sont inscrites dans le patrimoine marocain. Quatre zones sont choisies dans la préfecture de Casa Anfa, à savoir l’ancienne Médina, le boulevard Mohammed V, le parc de la Ligue Arabe, le quartier Mers Sultan et le boulevard de la Résistance, auxquelles s’ajoutent le quartier Belvédère, les Roches Noires, le quartier des hôpitaux et les Habous.

«Si nous avons fait le choix d’inscrire les zones, c’est justement pour activer le dossier et éviter de nouvelles démolitions», explique une source à la wilaya de Casablanca. Et d’ajouter que «les inscriptions des bâtiments est une procédure qui demande beaucoup de temps. Pour preuve, le nombre des sites architecturaux inscrits depuis le début des années 2000 ne dépasse pas 57». Pour accompagner cette mesure, le gouverneur a publié un arrêté (n° 1087) qui précise que les présidents des communes ne seront plus habilités à délivrer les autorisations de démolition. Désormais, cette prérogative est dévolue à une commission mixte constituée de représentants de la wilaya, de l’Agence urbaine et du ministère de la culture. Cette commission étudiera les demandes et validera la moindre démolition dans les zones précitées. Il s’agit en réalité d’une mesure conservatoire permettant de mener correctement le recensement des immeubles et sites à protéger. «Cette procédure nous permettra de barrer la route aux propriétaires qui veulent démolir leur bâtiment avant la fin des travaux d’inventaire du patrimoine architectural de la ville», explique notre source. Ainsi, à chaque fois qu’il sera procédé au recensement et inscription des bâtiments à charge historique dans une zone, les procédures de démolition feront de nouveau partie des prérogatives du président de la commune.

Un fonds destiné à subventionner les projets de réhabilitation est à l’étude

Pour rappel, les travaux de recensement sont confiés à une commission interne créée à cet effet. A aujourd’hui, la commission a pu répertorier quelque 400 bâtiments. Ces derniers seront triés avant d’être inscrits auprès du ministère de la culture. La commission penche également sur un montage financier en vue de créer un fonds de sauvegarde du patrimoine architectural. Ce dernier permettra de verser des subventions aux propriétaires des immeubles n’ayant pas les moyens de les réhabiliter. Cette problématique du coût de réhabilitation suscite l’ire de nombreux propriétaires de bâtiments parce qu’ils sont tenus de prendre en charge les frais de réhabilitation sans pour autant pouvoir transformer où vendre leurs biens. Par conséquent, dans la plupart des cas, ils refusent d’entretenir les constructions.

Il est à noter qu’un bâtiment inscrit dans le patrimoine architectural du Maroc ne peut être ni démoli ni transformé. En cas de cession, l’acquéreur doit s’engager à respecter ces conditions. Au regard de certains propriétaires, cette mesure réduit la valeur pécuniaire du bâtiment. C’est le cas d’ailleurs de l’ancien siège de l’ex-Régie des tabacs, dont la vente a été bloquée suite à l’inscription du bâtiment, ou encore celui du marché de gros de Casablanca que devait réaménager le groupe Chaabi. Cet espace, qui devait abriter les supermarchés «Aswak Assalam», est actuellement abandonné car l’entreprise ne peut pas réaliser les travaux requis.

Affaire à suivre.