Casablanca mise sur le maraîchage, les cultures bio et l’hydroponique

La filière maraîchère contribue à  concurrence de 54% du chiffre d’affaires alors qu’elle n’occupe que 8% des superficies cultivées.
La production animale reste centrée sur les activités d’engraissement : 39 000 tonnes de viandes et
32 000 tonnes de lait.
2,1 milliards de DH iront à  35 projets, dont 24 dans
la filière animale 11 projets de production végétale.

Le diagnostic

Les céréales, les légumineuses et les fourrages occupent 91% de la superficie cultivée dans la région. Ils participent respectivement à hauteur de 45% et 19% du chiffre d’affaires et de l’emploi créé par les filières végétales dans la région. La filière maraîchère contribue, elle, à concurrence de 54% du chiffre d’affaire alors qu’elle n’occupe que 8% des superficies cultivées. L’emploi créé par cette filière atteint 79% du total. Le reste de la superficie agricole utile (SAU), soit 9 156 ha, est en jachère.
La production animale est pratiquement en totalité constituée d’élevage hors sol. Les filières avicoles et l’activité d’engraissement participent avec 86% et 82% du chiffre d’affaires et de l’emploi créé. Avec un cheptel total de 63 000 têtes, la région produit aujourd’hui 32 000 t de lait, 5 000 t de viandes rouges tandis que la production de viandes blanches atteint à peine 34 000 t.

Ce que prévoit le plan régional

L’investissement global prévu par le plan régional est estimé à 2,1 milliards DH pour la période 2009-2020. 18% de cette enveloppe concernera le développement de la production végétale, 76% le développement de la production animale et 6%, enfin, seront alloués aux projets transverses. L’Etat assurera le financement de ces projets à hauteur de 17% alors que les agrégateurs et les agriculteurs en supporteront 83%. A total, ce sont 35 projets qui sont déjà identifiés dont 20 projets au titre du volet de l’intensification et 15 pour la petite exploitation.
Grâce à un investissement de 373 MDH, les 11 projets dédiés à la production végétale visent l’intensification, la valorisation, voire la transformation de la production de  céréales, de la pomme de terre et de produits de cultures biologiques. Le plan mise également sur le développement d’un nouveau type de cultures dites hydroponiques. Il s’agit de culture de plantes réalisée hors-sol sur un substrat comme du sable, des billes d’argiles, irriguées d’un courant de solution apportant sels minéraux et nutriments essentiels à la plante.
Pour la filière animale, ce sont quelque 1,56 milliard de DH qui seront alloués à 24 projets relatifs à l’amélioration de la productivité et à la valorisation de produits dans les filières du lait, des viandes rouges, de l’aviculture et de la cuniculture.
Enfin, des projets dans le domaine de l’économie de l’eau et de la recherche et développement devront drainer un investissement de 125 MDH.

Les impacts attendus

La région du Grand Casablanca n’est certes pas connue pour être particulièrement agricole. Pour autant, le Plan vert régional est ambitieux quant aux performances à atteindre d’ici 2020 : une valeur ajoutée de 1,1 milliard de DH contre 395 MDH aujourd’hui.
La valeur de la production globale, selon les estimations du plan régional, augmentera de 92% à l’horizon 2020. La valeur de la production végétale devrait progresser de 207% et celle de la production animale de 50%.
La production de maraîchage devrait atteindre 170 000 tonnes par an contre 75 000 actuellement en plus de 10000 tonnes envisagées dans les cultures bio et 9000 tonnes de produits de cultures hydroponiques.
La reconversion des systèmes d’irrigation actuels en système d’irrigation localisée permettra d’améliorer significativement les niveaux de valorisation de l’eau d’irrigation. La culture de la pomme de terre de saison, sous irrigation localisée, permettra ainsi la valorisation de l’eau d’irrigation à 11,37 DH/m3 en 2020 au lieu de 1,43 DH/m3 actuellement.
A l’horizon 2020, l’activité agricole régionale créera 14 400 emplois stables en milieu rural, soit 54% de plus qu’actuellement, et 4,5 millions de journées de travail soit 50% de plus que son niveau actuel. La région du Grand Casablanca aura alors plus que doublé son potentiel à l’export en y destinant 54000 tonnes par an au lieu de 24 000 aujourd’hui. Les superficies bénéficiant d’une irrigation localisée seront multipliées par 11 pour atteindre 5 500 ha. 1000 ha produiront exclusivement des fruits et légumes bio pour une production prévue de 10 000 tonnes.