Casablanca : les 16 arrondissements ne génèrent que 13% des recettes de la ville

Ils devraient rapporter 412 MDH cette année n Sidi Belyout occupe la première place avec 75 MDH, suivi de près par Aïn-Chock et Maà¢rif. Avec 160 MDH en 2014, la taxe sur les terrains non bà¢tis est la première source de revenus des collectivités.

Les recettes de la Commune urbaine de Casablanca pourraient atteindre, d’ici la fin de l’année, 3,13 milliards de DH, soit à peu près le même niveau réalisé en 2013. La contribution des 16 arrondissements de la ville reste très faible. D’après les prévisions du Conseil de la ville, elle est estimée à 412 MDH au titre de l’année 2014, soit à peine 13% du total des recettes. Avant de faire la liste des bons et mauvais élèves de Casablanca, il est important de rappeler que depuis l’application de la nouvelle loi sur les collectivités locales en 2004, le champ d’action des communes locales en matière de collecte des taxes est devenu limité. Actuellement, «ils sont une trentaine de taxes et produits, dont seule une dizaine qui sont importantes en termes de revenu. Certaines d’entre elles ne rapportent presque rien aux arrondissements», explique un responsable au Conseil de la ville de Casablanca. En somme, les taxes et produits qui aident à maintenir les finances des arrondissements sont essentiellement celles portant sur les terrains urbains non bâtis, les opérations de construction et de lotissement, les occupations temporaires du domaine public communal par des biens meubles et immeubles liés à l’exercice d’un commerce, les occupations temporaires du domaine public communal pour un usage lié à la construction et au tourisme, l’exploitation des plages et les produits d’affermage des souks communaux… Cela fait que certains arrondissements contribuent plus que d’autres indépendamment de leur taille ou de leur dynamique commerciale. La preuve, la moitié des arrondissements de Casablanca génèrent plus de 80% des revenus de la ville. Sidi Belyout arrive en tête avec 75 MDH de recettes, soit près de 20% des recettes totales.

Plusieurs raisons expliquent les performances financières de cette commune locale. «Entre autres, l’ancien centre-ville de la capitale regroupe le plus grand nombre de cafés, restaurants et bars. Plus du tiers de la taxe sur les débits de boisson est assuré par Sidi Belyout». Cette taxe, équivalente à 6% du chiffre d’affaires, rapportera 40 MDH au Conseil de le ville lors de cet exercice. La forte présence de ces lieux de loisirs permet aussi à Sidi Belyout de collecter d’importantes sommes en matière de redevance d’occupation temporaire du domaine public communal par des biens meubles et immeubles liés à l’exercice d’un commerce. Cette taxe concerne surtout les terrasses de cafés et de restaurants. En effet, ces établissements ont un droit d’exploitation des terrasses à condition de payer 15 DH/m2 par mois pour les dix premiers mètres. Au-delà de 10 m2, la taxe monte à 50DH/m2. Les recettes de cette redevance sont estimées à 80 MDH cette année pour toute la ville.

La commune d’Anfa bien servie par les hôtels et les pubs

Le deuxième contributeur n’est autre que Aïn-Chock dont les recettes pour 2014 sont estimées à 63 MDH. La richesse de cette commune vient en grande partie du quartier de Sidi Maârouf «où sont concentrés des plateaux de bureaux et un nombre important de cafés et de restaurants qui paient les taxes de débits de boissons et redevances d’occupation d’espaces publics», explique la même source qui ajoute que le point fort de cette commune réside dans les superficies importantes de terrains non bâtis. Cette taxe est calculée sur la base de 20DH/m2 pour les zones immeubles et 12DH/m2 pour les zones villas. Au titre de cette année, la taxe sur les terrains urbains non bâtis dopera la trésorerie de la CUC de 160 MDH.

Il en est de même pour l’arrondissement de Hay Hassani qui occupe la troisième place avec une contribution de 50 MDH. Cette commune locale, qui compte également le quartier Lissassfa, profite de l’importance des recettes de la taxe sur les terrains non bâtis mais aussi de la taxe sur les opérations de lotissement qui génèrent 13,5 MDH.
Avec 40 MDH de recettes, la commune de Maârif occupe la quatrième place. La zone collecte ces revenus grâce aux débits de boissons, l’occupation des espaces publics, les produits de stationnement … Elle a versé plus de 30% du total des redevances d’occupation temporaire du domaine public communal pour un usage lié à la construction. Une taxe qui a permis de collecter quelque 16,5 MDH en 2014.

Anfa, commune qui regroupe les quartiers les plus huppés de Casablanca, profite également de la concentration des hôtels et des pubs. Ses revenus sont constitués principalement de la taxe de séjour (30 MDH en 2014), mais aussi des autres taxes versées par les cafés et restaurants. Ain-Diab constitue également un atout pour Anfa puisque le produit d’exploitation des plages a permis à la commune de collecter 2,5 MDH.

Sidi Moumen et Bernoussi occupent respectivement les 6e et 7e places avec des recettes de l’ordre de 23 MDH et 21 MDH en 2014. A l’instar de Hay Hassani et Aïn-Chock, ces deux communes regroupent un nombre important de terrains non bâtis. Ainsi, plusieurs projets immobiliers y ont vu le jour au courant de l’année. Résultat, ces deux communes ainsi que celle de Aïn-Sebaâ (qui occupe la 8e place) ont versé plus de la moitié des taxes sur les opérations de construction qui se montent à 70 MDH au titre de l’année 2014.
Roches Noires, Hay Moulay Rachid, Mers sultan, Sidi Otman, Ben M’sik, El Fida, Sbata et Hay Mohammadi occupent respectivement les huit dernières places avec un total de revenus de 79 MDH. Ces communes sont soit des quartiers populaires, soit des quartiers industriels. Du coup, les taxes collectées sont généralement celles relatives à l’habitation, aux services communaux et à la taxe professionnelle. Ces dernières sont versées directement au Conseil de la ville. Toutefois, il faut reconnaître que «ces communes doivent faire des efforts pour développer la collecte des taxes», explique un élu. Il souligne que ces communes regroupent à titre d’exemple le plus grand nombre de marchands ambulants alors que la taxe sur les colporteurs n’a rapporté que 8 380 DH.