Casablanca : la création d’une commune des communes approuvée

Les dossiers liés au transport urbain, à  l’assainissement ou encore à  la planification urbaine seront confiés à  ce groupement de communes dans quelques mois. L’entité disposera d’un budget annuel de 35 MDH dans un premier temps. L’objectif est d’assurer une meilleure gouvernance des chantiers stratégiques de la métropole.

C’est un projet qui a été éclipsé par le débat houleux ayant entouré la création des Sociétés de développement local au sein du Conseil de la ville de Casablanca. Pourtant, il devrait sensiblement changer la manière dont seront gérés certains grands chantiers de la métropole à l’avenir. Lors de sa session ordinaire du mois d’avril, tenue il y a quelques jours, le conseil a en effet approuvé le projet de création d’une commune des communes portant le nom de «Al Bayda». Concrètement, il s’agit d’un groupement de 16 communes où siégeront les représentants de chacune d’elles. Elle devrait être chargée de plusieurs projets stratégiques au sein de la métropole.

Une contribution financière de l’ensemble des communes

D’après les premiers échos recueillis auprès des instances de la ville, il s’agira principalement de projets transversaux qui concernent plusieurs communes à la fois, voire toutes les communes de la ville. Selon le document transmis aux élus dans ce sens, la première mission qui sera attribuée à «Al Bayda» concerne la mise en place d’un plan de déplacement urbain dans les territoires dépendant des 16 communes de la région du Grand Casablanca. «Le groupement devra entamer cette mission dès la publication par le ministre de l’intérieur de l’arrêté validant la création de cette structure», explique-t-on auprès du Conseil de la ville.
Dès lors, la commune des communes devra mettre en place un agenda permettant l’entame progressive, à partir de 2015, des autres chantiers stratégiques qui lui seront confiés. Il s’agit tout d’abord de la planification urbaine. L’entité devra veiller sur l’élaboration et le suivi de la mise en œuvre du schéma directeur dans les zones couvertes par les 16 communes la formant. La gestion des problématiques liées au traitement des déchets, l’assainissement liquide et à la distribution de l’eau et de l’électricité feront également partie de ses prérogatives.

Pour rappel, ces questions relevaient jusque-là directement du Conseil de la ville. En créant le groupement des communes urbaines, ce dernier met en place une structure qui leur est spécialement dédiée de manière à assurer une meilleure gouvernance dans leur gestion. Pour ce faire, le projet tel que validé par les élus prévoit de doter la nouvelle structure d’un budget annuel de 35 millions de DH. Celui-ci sera constitué d’une contribution de la Commune urbaine de Casablanca de l’ordre de 17 millions de DH, de la Commune urbaine de Mohammédia de 2 MDH et de celle des autres communes à hauteur de 1 million de DH chacune. «Cette contribution est calculée proportionnellement au nombre d’habitants couverts par chaque commune», précise-t-on auprès des instances de la métropole. Néanmoins, ce budget peut être revu à la hausse au fur et à mesure que le groupement se met en service. Des ressources supplémentaires sont en effet prévues et peuvent émaner soit des communes formant le groupement à travers l’augmentation de leur contribution, soit de l’Etat à travers son soutien financier.
La commune des communes bénéficiera également, à terme, de ressources générées par les infrastructures qui lui seront transférées, notamment par les communes.
En adoptant ce revirement dans la gestion d’une partie des dossiers stratégiques de la ville, Casablanca s’inscrit dans la lignée de grandes régions dans le monde ayant opté pour le même mécanisme, notamment en France. En effet, l’Hexagone a vu naître ce genre de structures au début des années 2000 et leur fonctionnement ressemble comme deux gouttes d’eau au modèle adopté par la capitale économique du Royaume.

Une organisation qui s’inspire des expériences étrangères

En effet, en France aussi, ces entités, appelées agglomérations communautaires, permettent à plusieurs communes de s’organiser en groupement en vue de gérer les dossiers transversaux. Comme au Maroc, elles se chargent des dossiers liés au développement économique, à l’aménagement de l’espace communautaire, à l’équilibre social de l’habitat ou encore au transport urbain. L’idée de base était de créer un esprit coopératif entre les différentes communes.

En sera-t-il de même pour Casablanca ? Difficile à dire, tant la gestion de la ville est souvent restée otage des querelles politiques. Certes, avec 17 représentants siégeant dans le groupement, soit la moitié des membres, la commune urbaine de Casablanca semble déjà avoir un ascendant sur les autres communes. Néanmoins, ces dernières, avec leur nombre important, pourraient faire en sorte que les avis ne convergent pas forcément dans le même sens lorsqu’il s’agira de prendre des décisions stratégiques.