Casablanca cherche à  organiser la chaîne de valorisation des déchets

En tant que maîtres d’ouvrage, Averda et Sita Blanca ont lancé un appel d’offres restreint pour une étude sur la récupération. Le financement sera assuré par le ministère de l’environnement. Les conclusions devraient être rendues dans les six mois qui suivent l’attribution du marché.

Depuis la mise en place d’un plan d’urgence global pour la ville de Casablanca, les initiatives pour mettre la métropole à niveau se multiplient, surtout du côté de la gestion des déchets. En mars dernier, Atlanta et Sanad, en coopération avec l’association Bahri, lançait une opération pilote de tri sélectif. Aujourd’hui, les délégataires de la collecte des déchets ménagers, la filiale marocaine de Sita, Sita Blanca, et le libanais Averda, en tant que maîtres d’ouvrage, lancent un appel d’offres restreint, en concertation bien sûr avec la commune urbaine de Casablanca, les ministères de l’intérieur et de l’environnement, et la wilaya de la région du Grand Casablanca, pour «l’étude des acteurs de la récupération de déchets valorisables à Casablanca et des scénarios de leur intégration dans un système de collecte sélective». Il s’agit d’identifier l’actuelle chaîne de valorisation de ces déchets -en grande partie informelle-, d’en comprendre l’organisation et le mode de fonctionnement, d’imaginer des schémas d’intégration dans un système formel de milliers de personnes et d’établir différents scénarios adaptés au contexte particulier de la ville pour une meilleure valorisation de ces déchets.
L’Etat prépare le terrain pour la collecte sélective
Cet appel d’offres intervient quelques semaines seulement après la signature d’une convention portant sur la gestion du tri et la valorisation des déchets ménagers et assimilés dans la capitale économique, en marge du 1er Forum international sur la gestion intégrée et durable des déchets qui s’est tenu le 20 juin dernier à Skhirat.
«Le ministère de l’environnement pousse à la collecte sélective mais aucune approche n’est encore arrêtée. On peut donc tout imaginer», entend-on dans le secteur. Si tout va bien, cette étude financée par le ministère de l’environnement devrait être finalisée dans les six mois qui suivent l’attribution du marché.
Si l’initiative est tout à fait louable, on est tout de même en droit de s’interroger sur la pertinence d’une étude, d’autant que ce n’est pas la première fois que des experts se penchent sur la question. La multiplication d’opérations pilotes sur le terrain, couplée à une sensibilisation sérieusement renforcée des citoyens, ne doit, par exemple, pas être mise de côté. Et si le budget pour cette étude est tiré des recettes de l’écotaxe, prélevée depuis le 1er janvier dernier, on peut compter sur les professionnels du plastique marocains pour veiller au grain.