Casa : 1 346 ha de zones urbaines à  450 DH le m2 pour mai

Trois arrondissements se partagent les 1 346 ha nouvellement ouverts à l’urbanisation : Sbata, Sidi Moumen et Sidi Othmane-Moulay Rachid
Les promoteurs devront payer en sus 200 DH/m2 pour les voiries et infrastructures de base
517 ha à Lahrawyine dédiés aux projets soumis à dérogations.

C’est en mai 2007 que seront ouverts officiellement à l’urbanisation 1 346 ha à la périphérie de Casablanca. Le directeur de l’Agence urbaine, Allal Sekrouhi, affirme que les plans d’aménagement de ces nouvelles zones sont fin prêts. Ils seront soumis au vote du conseil de la ville en avril et entreront en vigueur un mois plus tard. Le prix moyen de cession de ces terres a été fixé à 450 DH/m2. «Une nouvelle approche a été adoptée en vue de l’équipement de ces zones en voiries et infrastructures de base. Ce sont les acquéreurs qui, par le biais d’un prix plancher fixé à 200 DH/m2, financeront ces chantiers d’équipement», précise Allal Sekrouhi. Ces nouvelles zones se situent toutes à la périphérie sud-est de la ville (voir carte) et ont été partagées en trois arrondissements. Pour l’arrondissement de Sbata, la réserve foncière globale est de 229 ha.

Le second arrondissement, le plus important en terme de superficie, se situe à Sidi Moumen avec 849 ha. La troisième nouvelle zone urbaine, Sidi Othmane-Moulay Rachid, s’étend sur 268 ha. «Ce ne seront pas des zones ouvertes à l’urbanisation d’une manière anarchique», précise le responsable de l’Agence urbaine. Et d’expliquer que dans les trois arrondissements, des études préliminaires ont été menées en vue d’évaluer le potentiel de développement de chaque zone. Sur la base de leurs résultats ont été établies des répartitions de l’assiette foncière entre zones d’habitation, d’activités économiques et d’animation. Plusieurs dizaines d’hectares ont par ailleurs été réservés à l’implantation d’une ceinture verte qui entourera la capitale économique.

15 ha pour les ferrailleurs de Sidi Othmane
Ainsi, à Sbata, par exemple, sur les 229 ha prévus, la ceinture verte occupera 58 ha. Une zone d’activité économique sera édifiée sur une superficie de 43 ha alors que près de 59 ha seront dédiés aux zones d’habitation (26 ha au logement économique, 11 ha au moyen standing et 22 ha pour l’habitat discontinu ou mixte). Le reste de l’assiette foncière sera réservé aux voiries et autres équipements publics et infrastructures. Pour l’arrondissement de Sidi Moumen, la ceinture verte s’étalera sur 73 ha. Les zones d’activités économiques s’étendront sur près de 312 ha alors que les zones dédiées à l’habitat couvriront 397 ha (210 ha pour l’économique, 72 ha pour le moyen standing et 115 ha pour l’habitat mixte).

Une assiette foncière de 51 ha sera par ailleurs réservée aux activités d’animation et loisirs. Un choix délibéré, dans ce quartier de Casablanca où le taux de pauvreté est parmi les plus élevés. Les équipes de l’Agence urbaine ont également dégagé une zone de 16 ha déclarée site archéologique où des fouilles sont autorisées et qui ne sera pas touché par l’urbanisation. La même démarche, basée sur les spécificités des zones, a été suivie dans le troisième arrondissement, Sidi Othmane, où une parcelle de 15 ha sera réservée à une activité économique spéciale. En effet, les ferrailleurs disposeront sur cette parcelle d’une zone d’activités qui leur est entièrement dédiée. En outre, Sidi Othmane-Moulay Rachid sera doté de deux zones économiques supplémentaires, totalisant respectivement 60 et 53 ha. Près de 125 ha y seront réservés à différents projets d’habitat économique et mixte.

517 ha à Lahrawyine soumis au système des dérogations
Accompagnant cette ouverture du foncier rural à l’urbanisation, l’Agence urbaine de Casablanca a prévu un statut spécial pour près de 517 ha sis à la commune rurale de Lahrawyine. Ces terres ne feront pas partie du périmètre urbain. Elles n’auront pas de plan d’aménagement comme le reste des 1 350 ha mais un schéma de référence qui les mettra à la disposition de n’importe quel projet économique ou d’habitat jugé intéressant par les autorités de la ville. «Cette parcelle sera dédiée aux projets qui feront l’objet de demandes de dérogations», souligne le directeur de l’Agence.

Ce projet, bien que bénéfique pour la ville, n’a pas échappé aux critiques. Ainsi, de nombreuses réserves sont formulées par les hommes d’affaires casablancais, se rapportant aux zones d’activité économiques. «Il aurait fallu exploiter la rocade qui a coûté beaucoup d’argent en installant ces zones économiques à proximité. Cela permettrait de mieux les desservir et de rapprocher Casablanca du port Tanger-Med», souligne l’un d’eux. Et de préciser que, pour la mise en place de ces nouvelles zones, il faudrait également prendre en compte des COS et CUS (coefficients d’occupation et d’utilisation du sol) pour déterminer avec exactitude la proportion du terrain global réservée à l’activité économique proprement dite.

Il faut savoir qu’un seul hectare dédié à l’activité économique permet la création de 100 emplois. En 2005, Casablanca comptait 260 000 chômeurs. Des zones d’activités, il en faudra donc encore.

Focus
D’autres zones en plus des 1 350 ha

Tous les intervenants du secteur du bâtiment le confirment, Casablanca souffre d’un manque chronique en disponibilités foncières. En raison de documents d’urbanisme tombés en désuétude depuis près de 10 ans, la rareté du foncier à l’intérieur du périmètre urbain gêne les promoteurs et se répercute sur le prix final. En plus des 360 ha de l’ancien aérodrome de Casa-Anfa et des trois nouvelles zones urbaines, l’Agence urbaine de la ville prépare des documents d’urbanisation concernant de nouvelles zones à exploiter par les promoteurs. Il s’agit d’anciennes zones industrielles et de parcelles de terrain situées dans des quartiers où, jusque-là, il était interdit de construire des immeubles.

Sont ainsi lorgnés de près par les promoteurs plusieurs hectares à Roches Noires, Aïn Borja, Val Fleuri, Riviera, et sur le boulevard Abdelmoumen. Leurs plans de zoning devraient être prêts courant 2008.