Carnet de voyage : J’ai visité Bali… et j’en reviens émerveillée

Authenticité, beauté époustouflante des paysages, richesse de la culture, bonté de la population locale, infrastructures… Bali a su se positionner en tant que destination mondiale du tourisme de loisirs. Je partage avec vous mon expérience de simple touriste à Bali.

Pour un premier voyage en Asie du Sud-Est, j’ai choisi la fameuse île indonésienne de Bali. Malgré l’éloignement, 18 heures de vol de Casablanca à Jakarta (capitale de l’Indonésie) suivie d’un vol interne d’une heure et demie jusqu’à l’aéroport Bali Denpasar, j’étais heureuse et émerveillée d’arriver jusque-là accompagnée de ma meilleure amie le 7 août 2018.

Le trajet a été long certes. Mais le voyage d’une dizaine de jours en valait la peine. Naturellement accueillants et chaleureux, les indonésiens nous ont agréablement surpris. Grâce à leur professionnalisme et leur élan de gentillesse, la magie de Bali a vite opéré. Dans l’aéroport, la décoration inspirée de la culture hindouiste très présente dans l’île nous a mis très vite dans le bain. A la sortie, le chauffeur de l’hôtel nous attendait. Sur la route, les panneaux affichaient une solidarité avec la région sinistrée de Lombock (à 200km de Bali) que le séisme a frappé quelques jours auparavant. On peut lire dans les pancartes: Pray for Lombock et on invite à faire des dons par compte bancaire. Après un trajet de plus d’une heure, embouteillage oblige, on arrive à Canggu. C’est une région balnéaire du Sud-Ouest de Bali où cohabitent quelques rizières, des quartiers pauvres, des écoles primaires et des marchés avec des boutiques-hôtels, de bons restaurants tenus par des expatriés français et italiens, des Spa, des boutiques et des bureaux de change… Tout le monde ou presque se déplace par scooter. Les taxis et voitures avec chauffeur sont destinés aux touristes plus nantis ou moins téméraires.

1er jour: la découverte de la région

Nous sommes allées à Seminyak, station balnéaire limitrophe de Canggu mais très touristique. On se croirait en Australie ou aux Etats-Unis tant l’infrastructure est de qualité. Les hôtels de luxe, les Resorts, les restaurants, bars, cafés, boutiques de souvenirs, de prêt-à-porter et Malls s’alignent sur les bords de la route étriquée, dans le centre et sur le front de mer. Les touristes australiens et européens sont majoritaires. Les employés sont indonésiens. Hormis les offrandes faites de feuilles de bananes, de fleurs et d’un petit cadeau (biscuit, cigarette ou chewing-gum) et l’odeur de l’encens qu’on hume un peu partout, l’authenticité indonésienne y fait défaut.

Deuxième jour: Visiter les rizières d’Ubud

Le lendemain, on décide d’aller à Ubud, là où les rizières pittoresques de l’Indonésie forment la carte postale de l’île. On sera servi. Sur le chemin pour Ubud, on fera une halte par la plantation de café Luwak réputé pour être le café le plus cher au monde (1Kg pour 1000 dollars). Et pour cause, il est récolté dans les excréments d’un mammifère appelé civette qui cueillit les meilleures graines de café et les digère sans les détruire. Ces grains sont récupérés, grillés et moulus par les ouvrières. Par la même occasion, nous avons goûté aux thés parfumés et autres dérivés de café de la plantation. Les fameuses rizières nous attendent toujours. Celles que l’on va visiter ne sont pas destinées à la production de riz mais plutôt au tourisme. Pour y s’y balader, il faudra payer quelques milliers de Rupiah (monnaie locale: 1 dollar équivaut à 14.250 Rupiah). Notre chauffeur, connaissant l’astuce, nous emmène un peu plus loin des zones touristiques où on ne sera pas contraint de payer pour marcher à notre aise. Nous avons même repéré un ouvrier qui laboure une rizière. Quelle trouvaille! Après cela, cap vers la forêt des singes (monkey forest) que je croyais sauvage. Petite déception quand même. Elle est en fait délimitée, dotée de parcours, payante et par conséquent bondée de touristes. Finalement, la visite sera intéressante. Nous y avons trouvé de la végétation tropicale, des parcours d’eau, des temples, des statues de divinités hindouistes et des singes évidemment… Ultime étape de la journée sur le chemin du retour vers Canggu; on visite l’incontournable temple Tanah Lot construit en bord de mer. Le meilleur moment de la journée pour le visiter est le coucher de soleil. On y arrive à temps. Bondé de touristes, il incarne l’art et le raffinement de l’architecture balinaise en matière de temples hindous où le sacré se joint à l’agréable. D’ailleurs, Bali compte 1000 temples hindouistes. On en construit encore de nouveaux aujourd’hui. Moins imposants certes, ils sont destinés à l’usage familial et à l’habitation.

3ème jour: les activités nautiques à Nusa Dewa

Le 10 août, on décide d’aller dans le Sud de Bali à Nusa Dewa au bord de la mer pour s’essayer aux activités sportives. Parachute, jet ski, visite de l’île des tortues géantes, ski nautique… toutes les activités imaginables sont à portée de main. Encore faut-il y mettre le prix. Les employés sont efficaces et très professionnels. Les touristes sont très nombreux cet été. Avec l’Aid Al Fitr (les grandes vacances des indonésiens sont prévues après Ramadan), l’été est la période de pic d’activité dans cette région balnéaire. Sur le chemin du retour, on visitera le majestueux temple Uluwatu. Un sentiment d’émerveillement et de respect m’envahit suite à la visite de ce temple. Il est bâti sur des falaises qui font face à la mer où les arbres et les jardins ont leur place au même titre que les singes de l’île. Par respect pour ce lieu sacré, les hommes et les femmes n’y pénètrent qu’après avoir enfilé un tissu et un ruban prêté par les gardiens du temple qui cache la partie entre le nombril et les jambes. Nous y avons raté de peu le spectacle de dance de la troupe locale. Tous les billets étant déjà vendus. Mais la balade à Uluwatu a été très agréable.

4ème jour: l’île de Nusa Penida

Le lendemain on voudra s’éloigner de Bali pour visiter l’île de Nusa Penida au sud-est. De Sanur, ville côtière de l’est de l’île, on prend un ferry rapide qui nous emmène à Nusa Penida où notre chauffeur local nous attend. Cette île paradisiaque n’est pas aussi bien aménagée que Bali. Certaines routes sont encore en piteux état. On résistera tant bien que mal aux secousses pour visiter les meilleures plages de l’île. Après quelques photos, on fait escale à Crystal Beach, une plage bleu azur de sable fin bordée de cocotiers. C’est une autre carte postale de l’Asie que nous avons réussi à voir de près. On était comblées. Retour tonitruant à Bali après cette journée au paradis. Une nuit de repos a été plus que bénéfique.

Derniers jours: trekking dans le Volcan Batur

Après toutes ces excursions, on décide de prendre deux jours de repos où on profite de l’hôtel, de la piscine, du Spa et de la salle de yoga à proximité. La dernière excursion sera la randonnée dans le Mont Batur (un volcan endormi de 1717 m). Départ en voiture à 1h du matin pour y arriver à 3h30. L’objectif est de l’escalader pour contempler au sommet le lever du soleil et le mont Agung en face (dont l’éruption imminente se fait encore attendre). Sur le chemin, le guide local était tellement accueillant et gentil. Il nous a beaucoup aidés à escalader ce mont dans la nuit à l’aide de lampes torches en compagnie de groupes de touristes à majorité européens. Le spectacle du lever du soleil était magnifique malgré un temps frisquet (la température était d’au plus 10°). Nous avons pu nous réchauffer sur place dans une cabane rudimentaire où on préparait thés et cafés pour les touristes. Retour par un autre chemin à la lumière du jour cette fois-ci. Arrivée chez notre chauffeur à 10h du matin. Au retour, on a voulu visiter le fameux Bali Swing, un espace aménagé dans une forêt tropicale avec chutes d’eau, végétations, décoration, café et restaurant. La plupart des touristes y viennent pour prendre des photos sur la balançoire placée en hauteur du paysage. Ticket d’entrée 10 dollars. Mais la journée complète y compris déjeuner et la balançoire coûte 35 dollars. On préfère y faire un tour et profiter pendant quelques minutes de ce petit coin de paradis. Retour à l’hôtel pour une dernière journée à Bali et départ pour Casablanca prévu le lendemain. Un sentiment de satisfaction m’emplit d’avoir eu la chance de venir ici. En même temps, la population me surprend y compris son sens de l’accueil du touriste, ses efforts réalisés pour la propreté de l’île, les infrastructures réalisées, les aménagements des espaces, la création d’activités. Leur point fort: transformer chaque patrimoine de l’île en attraction touristique et ainsi la monnayer sans pour autant perdre son charme et son authenticité. Si on pouvait faire autant de notre beau pays le Maroc? Les Hommes peuvent hisser un pays ou le faire dégringoler dans les classements. L’Etat est le vecteur principal. Les indonésiens l’ont bien compris. Ils sont fiers, honnêtes et travailleurs. Des qualités sine-qua-none pour faire de Bali une destination touristique riche et de qualité à rayonnement mondial.