Capital investissement : 700 MDH placés en 2014

L’industrie a attiré près de la moitié des 4,9 milliards de DH investis depuis 2001. La bonne orientation de l’activité est due au durcissement des conditions d’accès au crédit bancaire, à  la promulgation de la loi 18-14 et aux efforts de vulgarisation fournis par les opérateurs.

La communauté de la private equity marocaine n’aura pas démérité en 2014. Bien que les capitaux levés aient accusé le coup avec à peine 423 MDH (contre 1,47 milliard en 2013 et 916 MDH en 2012), les actes d’investissement ont maintenu une bonne orientation. Durant l’année, les grandes sociétés de gestion affiliées à l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) ont en effet investi environ 700 MDH contre 686 millions en 2013. Rapporté au PIB (896 milliards de DH), le taux de pénétration de cet outil de financement tourne autour de 0,08%, soit le plus haut niveau dans la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord où ce taux ne dépasse pas 0,05%.

A fin 2014, ces opérations portent le cumul des montants des investissements à 4,9 milliards de DH dans 155 entreprises depuis les toutes premières opérations datant de 2001. Soit près de la moitié des montants levés qui s’élèvent à plus de 10 milliards de DH (hors fonds d’infrastructures qui ont à leur actif 5,5 milliards de DH de levées). 7% des montants ont été investis dans des entreprises au stade du démarrage (capital risque et amorçage), 73% dans le développement, 16% dans la transmission et 4% dans le retournement. L’industrie draine 47% des investissements, les services et transport 25%, la construction et BTP 16% et, dans une moindre mesure, les TIC (7%).

Selon Omar Chikhaoui, président de l’AMIC, à partir de 2011, la tendance est aux opérations plus importantes. Ainsi, le ticket moyen d’investissement est de 31 MDH et près de 36% des actes d’investissements portent sur plus de 40 MDH.

D’autre part, la part des organismes de développement internationaux (type SFI, BERD, BEI, ..) a fortement augmenté.
Les PME plus disposées à ouvrir leur capital

Cette bonne orientation des réalisations du capital investissement n’est pas le fruit du hasard. En effet, plusieurs facteurs ont œuvré dans ce sens. Déjà, le mode de financement proposé par les fonds d’investissement commence à être apprécié à sa juste valeur. Ceci notamment grâce aux efforts consentis par la profession pour vulgariser cet outil et dissiper l’amalgame qu’il peut avoir avec d’autres instruments financiers. Il est vrai que recourir à un investisseur en capital n’est pas encore un réflexe systématique, mais ce mode de financement est sollicité, notamment en raison du durcissement des conditions d’accès au financement bancaire et de la montée en puissance de la concurrence à l’international qui oblige les entreprises à adopter souvent des pratiques qui ont fait leurs preuves ailleurs.

De plus, le cadre juridique et fiscal, peu incitatif par le passé et souvent décrié par les sociétés de gestion, a été aménagé avec la promulgation de la loi 18-14 relative aux Organismes de placement collectif en capital (OPCC). «Pour bénéficier de ce cadre adapté, de plus en plus de sociétés de gestion migrent vers cette forme juridique qui devrait fortement progresser dans les prochaines années au détriment des SA, SCA et des formes étrangères», soulignent les professionnels.

Même ceux qui invoquaient la résistance des patrons des PME relèvent aujourd’hui que ces structures sont aussi intéressées par des partenariats stratégiques de long terme avec un actionnaire qui a l’expertise et le savoir-faire à même de développer le business. Pour eux, les patrons de PME ne se font plus autant de soucis quant à l’entrée d’un fonds dans leur capital, pour peu que l’opération soit rentable.
Le capital investissement contribue à l’amélioration de la gouvernance des entreprises

A ce titre, si les actionnaires des fonds de capital investissement engrangent des rendements très confortables à l’occasion des sorties de capital (15% brut en 2014 à travers 100 MDH désinvestis), les entreprises investies trouvent également leur compte dans ce choix. A en croire les données du rapport de l’AMIC, le chiffre d’affaires de ces dernières a augmenté de 13 à 23% à fin 2014, et ce, après l’entrée en capital d’un fonds. Aussi, l’impact social de la présence d’un investisseur en capital est palpable. Depuis le moment de la prise de participation à aujourd’hui, 66% des entreprises ont un plan de formation, 56% détiennent une charte d’éthique et de valeurs, et 37% sont certifiées à un système de la qualité.

De même, les bonnes pratiques de gouvernance sont systématiquement mises en place. Pas moins de 96% de ces entreprises sont auditées, adoptent des indicateurs de performance et des tableaux de bord et ont des outils de reporting et des politiques de suivi des budgets.