Capital investissement : 600 MDH investis dans 11 opérations en 2015

L’industrie a absorbé 48% des investissements réalisés depuis 2011, les services et transports 22% et la distribution et négoce 17%. Les opérateurs de la private equity ont levé plus de 10,5 milliards de DH depuis le lancement du capital investissement.

L’activité du capital investissement a maintenu son dynamisme en 2015. D’après les chiffres de l’étude annuelle du cabinet Grant Thornton pour le compte de l’Association marocaine des investisseurs en capital (Amic), les montants levés ont atteint 490 MDH contre 423 en 2014, soit une hausse de 15%. En effet, le marché marocain ne s’écarte pas trop de la tendance mondiale puisque les levées de fonds à l’international sont en croissance de 11%, à 550 milliards de dollars au titre de 2015. Selon l’étude, tous les fonds levés sont transrégionaux. En prenant en compte les levées de 2015, les opérateurs de la private equity marocaine auront levé plus de 10,5 milliards de DH depuis le lancement du capital investissement. Sur l’ensemble de ces capitaux, 54% sont étrangers. Les experts de Grant Thronton relèvent en substance que la part des organismes de développement internationaux (SFI, BERD, BEI et autres) a fortement augmenté avec la 3e génération de fonds (à partir de 2011). Depuis cette date, ces institutions pourvoient en moyenne à 56% des capitaux levés contre moins de 25% pour la deuxième génération de fonds (entre 2006 et 2010). Les Etats et les organismes publics apportent 12% des montants levés, les banques et sociétés de gestion contribuent à hauteur de 7%, tandis que 10% des capitaux proviennent des compagnies d’assurance.

Le capital-amorçage et le capital-risque n’attirent pas

La levée des fonds n’a pas toutefois profité aux investissements. L’étude révèle que les montants investis se sont inscrits en léger recul avec 600 MDH investis dans 11 nouveaux investissements contre 696 MDH dans 14 opérations en 2014. Les investissements réalisés en 2015 portent à 166 le nombre d’entreprises qui ont accueilli des investisseurs en capital dans leur tour de table depuis le démarrage de l’activité. La mise globale est de 5,5 milliards de DH.

Force est de constater qu’à la différence de la private equity nord-américaine ou asiatique, le capital-amorçage et le capital-risque restent le parent pauvre de la private equity au Maroc avec pas plus de 6% des montants investis. A fin 2015, plus de 65% des investissements cumulés ont été réalisés dans des entreprises en développement et 19% ont concerné des structures en transmission. Quoi qu’il en soit, le Maroc continue d’être le plus actif dans la région Mena depuis 2013. Le taux de pénétration du capital investissement (part des montants investis/PIB) y est de 0,06% en 2015 contre 0,03% pour la région.

Par secteur, 48% des investissements réalisés depuis 2011 vont à l’industrie (chimie, automobile, agro-alimentaire). Le secteur des services et transport arrive en seconde position, raflant 22% des investissements suivi par la distribution et négoce qui en accapare 17%. Par zones géographiques, 83% des entreprises investies sont installées à Casablanca, 12% à Rabat-Salé et 7% élisent domicile dans la région Tanger-Tétouan.
Dans le même registre, les analystes de Grant Thornton relèvent que la part des transactions majoritaires a fortement baissé (de 30 à 17%) entre la 2e et 3e génération de fonds en raison du recul des transactions en transmission. Ils rapportent que la tendance d’investissement des fonds depuis 2011 va vers des transactions de taille plus importante: à partir de cette année, 40% des opérations portent sur plus de 40 MDH.

La durée moyenne d’investissement est de 6 ans

A l’opposé, les désinvestissements sont en nette augmentation en 2015. Le montant des produits de cession (qui correspond aux désinvestissements en valeur) a atteint 186 MDH contre 99 en 2014, en hausse de 87%. L’Amic fait remarquer que ce chiffre ne prend pas en compte trois cessions dont les montants n’ont pas été communiqués. A fin 2015, le cumul des montants désinvestis atteint ainsi 2,2 milliards de DH, soit près de 40% du montant global investi par l’industrie du capital investissement. La durée moyenne d’investissement est de 6 ans.

Les sociétés de gestion s’en tirent à bon compte. Le taux de rendement interne (TRI) brut moyen à fin 2015 se situe à 13% d’après la moyenne des multiples non pondérés. Les spécialistes de Grant Thornton notent en substance que le périmètre de calcul des TRI ne comprend pas les désinvestissements partiels, ni les TRI issus d’investissements d’une durée inférieure à 1an. S’agissant des scénarios de sortie, 58% des désinvestissements depuis 2011 sont faits par cession à des industriels ou par cession de titres cotés.

L’étude montre que le capital investissement a un impact économique et social positif sur les entreprises concernées. Leur chiffre d’affaires a progressé de 17,6% en moyenne annuelle, 67% se sont doté d’un plan annuel de formation, 54% ont adopté une charte d’éthique et de valeurs et 97% des entreprises ont mis en place un système complet de gouvernance.

D’après l’étude annuelle sur le capital investissement, les sociétés de gestion sont au nombre de 22 dont 4 dédiées au capital-infrastructure. La gestion discrétionnaire est pratiquée par plus de 60% des opérateurs du marché. L’effectif moyen est de 6 dont 4,2 sont dédiés au métier et 1,8 au support en moyenne. Les institutions financières contrôlent 40% du marché, les équipes de gestion détiennent 31%, tandis que les holdings privés s’adjugent 17%, suivis des personnes physiques (5%) et des sociétés d’investissement (3%). A fin 2015, les fonds sous forme étrangère et SA représentent encore la grande majorité des fonds (par rapport au SCA et SAS). Avec la promulgation de la loi n°18-14 relative aux Organismes de Placement Collectif en Capital (OPCC), cette forme juridique devrait progresser dans les prochaines années, à en croire les professionnels. Les 2/3 des fonds de 3e génération (à partir de 2011) sont localisés à l’étranger.