Campagne agricole : les dégà¢ts sont moins importants que prévu

La production céréalière reculera de 42% par rapport à  la campagne précédente
et de 30% par rapport à  la moyenne des dix dernières années. Le prix des aliments
de bétail a fléchi suite aux pluies de mars et d’avril. Le marché est bien approvisionné en produits maraîchers.

Finalement, la campagne céréalière en cours n’a pas été aussi alarmante qu’on le craignait. Avec 48 millions de quintaux de blé dur, tendre et d’orge, le déficit est de 42% par rapport à 2010/2011. Rapporté à la moyenne décennale, il n’est que de 30%.

Par contre, la production des cultures sucrières devrait régresser de 50%. Mais il faut bien remarquer que, là, ce sont les agriculteurs qui ont freiné des quatre fers, jugeant que les charges étaient trop élevées et que le jeu n’en valait pas la chandelle. Il faut juste espérer que les 80 DH supplémentaires pour chaque tonne que l’Etat a pris en charge pour les encourager à revenir à cette culture feront leur effet pour la campagne prochaine.

Pour le reste des cultures, il faut souligner que les nouvelles sont généralement bonnes. Dans l’oléiculture, il est évident que les pluies d’avril ont servi les plantations et on s’attend à une bonne campagne, vu que le chergui ne s’est pas manifesté. Tout porte à croire que le million d’hectares sera atteint, ce qui permettra de faire de bons chiffres à l’export et d’approvisionner les industries de transformation.

Quant à la production d’agrumes, elle devrait se situer à 1,8 million de tonnes, dont 763,8 millions de petits fruits et 975,7 millions d’oranges. Cette prévision tient compte d’un recul de 10% par rapport à la campagne précédente, consécutive à l’absence de pluies durant février et mars dans la région du Souss. En réalité, les effets négatifs ont été atténués par le fait que la majorité des exploitations sont équipées en moyens d’irrigation adéquats.

Le froid a affecté les amandiers du Tadla

Le maraîchage est aussi au rang des satisfactions. L’abondance de l’offre en légumes prouve bien que la campagne n’a pas connu de perturbations notables, bien que la pomme de terre a été touchée par le froid dans certaines zones. Pour ce qui est de la tomate, si là aussi le froid a relativement retardé la croissance des tomates primeurs, rien de sérieux n’a été relevé en dehors de la baisse de l’offre en janvier.

S’agissant des rosacées, l’amandier a souffert de la vague de froid notamment dans le Tadla. Les baisses de températures ont été plutôt bénéfiques aux espèces à floraison tardive comme le pommier et le poirier. Les éléments recueillis par les services du ministère de l’agriculture sont encourageants et on peut prévoir une bonne année agricole 2012/ 2013.

On ne saurait brosser un tableau relativement fidèle de la situation sans passer en revue l’état des parcours, ses effets sur le cheptel et la production de lait. Et justement, les précipitations de fin mars et début avril ont impacté positivement l’état de la biomasse des parcours et particulièrement les graminées annuelles. De telle sorte que cela a automatiquement poussé à la baisse les prix des aliments de bétail et porté en sens inverse celui du bétail. En effet, lorsque les éleveurs, dont une grande partie est souvent très exposée aux difficultés de trésorerie, vend son bétail de peur de ne pouvoir le nourrir, le marché se trouve submergé par l’offre, ce qui fait chuter les prix.

Selon le ministère de l’agriculture, la situation des parcours atlasiques est plutôt satisfaisante. Pour ce qui est des parcours de l’Oriental, du Sud et du Sud-Est, deux situations sont évoquées. D’abord en ce moment, la situation s’est stabilisée et elle est jugée «globalement moyenne à bonne», ce qui n’exclut pas que les subventions allouées à l’aliment de bétail seraient maintenues au-delà de juin, si la situation l’exige.

La production de lait est en parfaite correspondance avec la situation du cheptel ou peu s’en faut. C’est dans l’Oriental qu’il y a un recul évalué à 6 %. Partout ailleurs, il y a une croissance allant de 6 à 10%. C’est le cas à Doukkala (+6%) et Tadla (+10%). Mais il faut dire que l’élevage laitier est devenu de plus en plus intensif et professionnel. La preuve est que même dans des années de sècheresse comme en 2007 ou même en 2000, il a tout de même progressé respectivement de 6 % et 2%.