Bras de fer juridique entre la Marocaine des Jeux et Coca-cola export

A l’origine du différend, un jeu organisé par la firme américaine
lors de la Coupe du monde 2002.

«Achetez un produit et gagnez des millions de centimes !» Ce slogan publicitaire risque de disparaître si la Marocaine des Jeux (MDJ) gagne son procès contre Coca-cola export Corp.
Les faits : en mai 2002, Coca-cola export corporation lance une campagne basée sur les résultats de la Coupe du monde de football qui se tenait en Corée et au Japon. La firme d’Atlanta avait à cette occasion signé un contrat de sponsoring au profit de la Fifa en échange de l’exploitation de l’événement sur le plan commercial. La filiale en charge de l’Afrique et du Moyen-Orient décide donc de lancer un jeu : celui qui arriverait à mettre la main sur trois capsules correspondant aux trois premières équipes de la compétition empocherait 10 000 DH. La campagne battait son plein quand la MDJ déposa une demande en référé auprès du tribunal de commerce de Casablanca pour arrêter la campagne. Le juge de première instance lui donna raison et somma Coca-cola d’arrêter le jeu sous astreinte de 500 000 DH. La compagnie de boissons gazeuses interjeta appel et gagna. La campagne s’est poursuivie… le procès aussi.

Pour la Marocaine des jeux, Coca-Cola a lancé un jeu de hasard

Le dossier est actuellement en cassation et aucune décision juridique pouvant faire jurisprudence, n’existe. Cette situation laisse le champ libre à des spéculations juridiques et à des manœuvres, parfois désespérées. Pour la MDJ, Cola-cola a lancé un jeu de hasard. Elle avance pour preuve que la firme avait ouvert le jeu même aux personnes qui n’achetaient pas la boisson gazeuse. «Il suffirait de se procurer les capsules auprès de la firme ou de ses embouteilleurs pour participer au jeu». Pour Coca-cola, MDJ cherche n’importe quel moyen pour faire prévaloir son monopole. Elle cherche par ce moyen à pénétrer un créneau qui lui échappe, n’ayant pas les moyens de sponsoriser des événements coûteux comme la Coupe du monde.
De toute façon, on attendra que le juge tranche. Ce débat ne date pas d’aujourd’hui. La MDJ avait déjà épinglé, en référé toujours, une société émiratie qui opérait par serveur téléphonique. Une convention avait été signée entre cette dernière et Maroc Telecom accordant à ce dernier un pourcentage sur les jeux. L’affaire avait été stoppée net. La société étrangère avait jugé bon de ne pas ouvrir le feu judiciaire sur la MDJ et s’est éclipsée. Affaire à suivre…