Bombardier : Questions à Taoufiq Boussaid, Président de Bombardier Transport Maroc

«Notre objectif est de fabriquer des trains made in Morocco».

Taoufiq Boussaid
Taoufiq Boussaid

La Vie éco : Bombardier Transport choisit le Maroc pour développer un cluster ferroviaire. Pour quelles raisons ?

L’Afrique va avoir des besoins énormes de mobilité. Nous avons choisi le Royaume pour servir le continent pour deux principales raisons. En premier lieu, être compétitif en termes de coût. De plus, notre présence au Maroc revêt, à nos yeux, une importance sur le plan commercial. Autrement dit, elle sert notre argumentaire de vente : avoir des références et un palmarès sur le continent parle beaucoup plus aux décideurs africains que de leur énumérer nos réalisations en Europe. Aussi, notre future plateforme industrielle au Maroc pourra assurer le sourcing pour nos unités en Europe. Et il n’y aura pas que le volet production, une grande partie sera constituée également du sourcing de services (expertises et connaissances).

Pouvez-vous nous donner un aperçu sur la consistance du tissu des fournisseurs locaux de Bombardier ? 

Pour la partie rénovation (renouvellement de 14 trains électriques de l’ONCF opérant sur la ligne Casablanca-Rabat et le marché de signalisation de la ligne ONCF entre Casablanca-Kénitra et Sidi Yahya-Tanger), nous avons travaillé avec une dizaine de fournisseurs locaux qu’on considère majeurs dans l’industrie ferroviaire. Pour le cluster qu’on entend créer, il s’agit d’une activité tout à fait différente, en l’occurrence la fabrication de trains, ce qui veut dire que les volumes vont être largement supérieurs et le réseau de fournisseurs aussi. Notre objectif est de fabriquer des trains made in Morocco, avec un taux d’intégration locale de 30% au début pour aller à 60-65% d’ici dix ans.

Comment comptez-vous prendre pied au Maroc ?

Selon les estimations des contrats que nous avons faites, Bombardier Transport va installer une nouvelle unité industrielle de 40 000 m2 couverts avec à la clé 600 emplois directs et 5000 indirects (Ndlr : l’unité de Midparc en activité depuis 2013 est spécialisée dans les métiers de l’Aerospace et emploie 300 personnes). Il faut savoir que l’industrie ferroviaire est à cycles de production très longs et donc l’on ne peut pas estimer à partir de maintenant ce que nous allons réaliser exactement. Cela va dépendre surtout des commandes qu’on aura et de la cadence des réalisations.