Bilan mitigé pour les CRI

Les commissions régionales d’investissement sont toujours en veilleuse

Les administrations s’accrochent à leurs prérogatives.

Théoriquement, les CRI (Centre régionaux d’investissement) doivent être le pivot de l’investissement. Ils assurent également le secrétariat de la commission régionale d’investissement, présidée par le wali de chaque région, qui traite les projets dont le montant est inférieur à 200 MDH. La réalité est tout autre. Les CRI n’attirent que 25% des projets d’investissement et, pour ces derniers, les différentes administrations s’accrochent à leurs prérogatives.
Prenons le cas d’un projet d’investissement touristique à réaliser sur un patrimoine de l’Etat au bord de la mer. Trois commissions au moins se réuniront pour statuer sur le projet. La commission de cession des terrains étatiques, la commission régionale de l’investissement et celle, dite dérogatoire, regroupant l’Agence urbaine, la wilaya, le CRI et le conseil de la ville. Il faudra quelques semaines, parfois des mois, pour que le dossier passe de l’une à l’autre. «Nous essayons de travailler avec les instruments que l’Etat a mis en place mais ils sont encore inadaptés pour encourager l’investissement», note Hassan Bahi, directeur du CRI de Meknès.

Un décret relatif aux commissions régionales est attendu
Un décret du premier ministre est impatiemment attendu par les directeurs de CRI, censé préciser le fonctionnement des commissions régionales et leur conférer une force légale. Plus important : il devra préciser les prérogatives des walis en la matière. Le gain, selon Jamal Attari, directeur du CRI de Kénitra, sera de plusieurs semaines. «Nous sommes engagés dans une phase de changement dont il faut accélérer le rythme car l’environnement international évolue à une vitesse encore plus rapide», note Mouaâd Jamai, directeur du CRI de Casablanca.
Il y a un décalage entre le rythme des CRI qui bénéficient depuis l’année dernière du statut de SEGMA (service de l’Etat géré de manière autonome) et celui des autres administrations. Le directeur du centre de Dakhla relève d’autres dysfonctionnements. «Plusieurs administrations ne délèguent pas encore leurs pouvoirs aux antennes régionales. C’est le cas particulièrement des ministères de l’Equipement et des Pêches. Ainsi, pour une demande de consignation ou un projet d’investissement dans le secteur des pêches, il faut s’adresser directement à l’administration centrale. L’investisseur entame alors des allers-retours interminables ». Reproche partagé par Karim Kassi Lahlou, directeur du CRI d’Agadir, qui estime qu’«il y a aujourd’hui une urgence à impulser un rythme plus rapide à la déconcentration».