Bientôt une baisse du prix du poisson à  Casa avec le nouveau marché de gros

Il est opérationnel depuis un mois et demi. En moyenne, 48 tonnes de poisson d’une valeur de 300 000 DH y transitent chaque jour.
Des conditions d’hygiène strictes permettent d’offrir un produit de meilleure qualité.
Les professionnels ont pris leurs marques et trouvent leur compte dans le nouveau système.

Le tout nouveau marché de gros de poisson de Casablanca est en train de chercher son rythme de croisière. Entre le 13 novembre, date de son ouverture, et le 25 décembre 2008, la quantité total commercialisé a été de 1 377 tonnes, dont 42 % de poisson blanc et le reste en pélagique, pour une valeur de 8,4 MDH. En moyenne, les transactions portent sur 48 tonnes par jour d’une valeur de 300 000 DH.
Mais les responsables sont confiants quant à une prochaine montée en régime tout en expliquant les volumes actuels par deux facteurs essentiellement : le mauvais temps et la période de Aïd Al Adha durant laquelle les marins ont l’habitude de prendre des congés.
Pour Saïd Tahiri, directeur du marché, il est encore trop tôt pour faire des comparaisons mais ce qui est sûr c’est que le tonnage annuel qui était réalisé dans les anciennes halles (entre 12 000 et 14 000 t par an) seront largement dépassés.
Qu’est-ce qui a changé avec l’entrée en service de cette nouvelle infrastructure qui a été réalisée sur une superficie de 4,5 ha pour un investissement arrêté à ce jour à 70 MDH ? Question encore plus intéressante, le poisson sera-t-il un peu plus à la portée du consommateur ?
Les professionnels rencontrés sur les lieux sont unanimes : l’espace est plus moderne, remplit largement les conditions d’hygiène, valorise mieux le produit et préserve sa qualité. Lotfi Rahal et Bouchta Larbi expliquent qu’ils ont mis un peu de temps pour comprendre les changements intervenus et les améliorations qu’ils apportent : «D’abord, le bois est interdit ici, la manutention se fait avec du matériel moderne, dit Lotfi. Et le nouveau marché a accepté que les anciens manutentionnaires, à peu près 70 personnes, aient accès à cet espace. Avant, je devais faire confiance à la balance du grossiste sans possibilité de vérifier le poids de la marchandise. Aujourd’hui, les bascules électroniques ne permettent aucun doute sur la conformité des poids achetés».

Moins de taxes mais l’entreposage plus cher
Hafid Biar, Omar Hmiti et Mohamed El Hajam trouvent leur compte dans ce nouveau complexe et insistent sur le fait qu’ils ont désormais la possibilité de garder la marchandise qui n’a pas trouvé acquéreur dans la chambre froide mise à leur disposition. Cependant, ils trouvent que le prix auquel est facturée la prestation, soit 2 DH pour chaque caisse entreposée pendant 24 heures, est un peu excessif. «Le marché étant fermé le vendredi, nous sommes obligés de déposer nos produits dès jeudi, ce qui nous pénalise et nous espérons que les responsables vont écouter nos doléances», expliquent-ils.
Mansour Mossadek, directeur régional de l’Office national des pêches (ONP), assure que l’office est prêt à discuter d’éventuelles baisses dans ce sens. Il rappelle, toutefois, que la taxe sur la deuxième vente payée par les professionnels à l’office est passée de 10,32% à 7% seulement depuis que les professionnels traitent dans le marché de gros.
Un autre élément ne doit pas être oublié, explique Saïd Tahiri : la sécurité qui n’a pas droit de cité dans les anciennes installations est une règle dans le nouveau marché de gros du poisson. En fait, n’entre pas au marché de gros qui veut : les négociants et leur personnel ainsi que les employés de manutention sont dotés de badges. L’espace reçoit chaque jour environ 3 000 personnes et le pic peut atteindre 6 000 personnes. L’entrée des produits commence dès minuit et les transactions entre 5 et 6 heures du matin. Les professionnels qui sont admis dans le marché n’ont pas besoin d’avoir sur eux de l’argent en liquide puisqu’une agence bancaire est à leur disposition, selon les horaires de leur activité.

36 magasins seront livrés aux professionnels
Pour le moment, les ventes se font de gré à gré. La criée et la vente aux enchères vont être progressivement introduites. Les gestionnaires du marché ne veulent pas, en fait, chambouler tout un système d’un seul coup.
«Pour nous, une des raisons d’être d’un marché de gros est de diminuer la chaîne des intermédiaires, mais cela ne peut se faire brutalement. Par conséquent, nous observons le déroulement du nouveau processus et apportons les corrections nécessaires», explique M. Mossadek. Ce dernier estime, cependant, qu’à terme, une fois les mécanismes huilés, il y aura une baisse de prix du poisson pour Casablanca et les régions qui s’y approvisionnent. En attendant, une chose est sûre, la qualité est beaucoup mieux préservée dans cette infrastructure et, forcément, à son arrivée dans les assiettes. A titre d’information, dans ce marché de gros, la présence des éplucheurs, par exemple, ou des gargotiers est proscrite. Pour améliorer les conditions de travail, 36 magasins équipés en moyens de communication seront ouverts aux professionnels à la fin du premier semestre de 2009. Ils ne seront pas vendus mais seulement donnés en location aux professionnels.