Baisses de prix généralisées sur le marché des bois de construction

Depuis le début de l’année les tarifs du bois blanc et rouge ont baissé de 5 à  6%. Pour les variétés destinées au haut standing c’est l’effondrement : chute de 20%, voire 30%, sur les premiers mois de 2012.

Le marché du bois évolue en rangs dispersés. Les écoulements des variétés utilisées en tant que matériaux de construction basiques ont démarré l’année 2012 sur un bon trend tandis que les bois de finition de gamme supérieure continuent d’accuser le coup.

Pour les premiers, consistant essentiellement en bois blanc (utilisé dans les constructions notamment pour le coffrage) et bois rouge (employé pour les finitions et l’ameublement), «la hausse des ventes approche les 10% sur les premiers mois de 2012 en comparaison avec la même période de l’année passée», fait savoir Ali Fassi Fihri, président de l’Association marocaine des industries du bois et de l’ameublement (Amiba) et directeur général de Cema Bois de l’Atlas. Les professionnels perçoivent là les effets des constructions de logements sociaux, étant à préciser que les bois basiques sont consommés en priorité par ce type de programmes ainsi que par les constructions de standing intermédiaire.

En cela, le segment des bois de construction d’entrée de gamme poursuit sur le trend positif enregistré tout le long de l’année 2011 qui s’est également soldée par une croissance des ventes de 10%. Mais sur cette dernière période, à l’instar de ce qui a été observé pour d’autres matériaux de construction, c’est l’auto-construction anarchique qui a tiré la demande, les chantiers des programmes sociaux ayant eu du retard à être mis en œuvre l’année passée. Et encore la hausse des ventes en volume aurait pu être plus conséquente si ce n’était l’informel qui représente 30% du secteur.

En revanche, après avoir connu une baisse des quantités vendues en 2011, les bois supérieurs de finition (bois tropicaux) n’arrivent toujours pas à sortir la tête de l’eau. Leurs écoulements accusent une baisse de 20% depuis le début de l’année, selon les professionnels. Ces variétés utilisées surtout dans les programmes de haut standing continuent mécaniquement d’être affectées par la méforme de ce dernier segment.

On pourrait penser qu’avec le bon comportement des ventes de bois basiques les opérateurs du secteur arrivent à compenser la dégringolade des écoulements des variétés haut standing pour s’en tirer à bon compte. Mais c’est sans compter avec une baisse généralisée des prix de vente qui sévit actuellement sur le marché national. En chiffres, les prix ont été revus à la baisse de 5 à 6% pour les variétés basiques depuis le début de l’année pour atteindre actuellement 3 200 DH/m3 pour le bois blanc et 3 800 DH/m3 pour le bois rouge, fait savoir un professionnel.

Et comme l’on pourrait s’en douter pour les bois de construction haut de gamme, c’est carrément l’effondrement : une baisse de 20% depuis fin 2011, voire 30% pour les variétés les plus affectées, sachant que les prix s’échelonnent actuellement entre 15 000 à 20 000 DH/m3.

Des baisses de tarifs d’autant plus paradoxales que les prix à l’importation,eux, ont été orientés à la hausse sur la même période (85% des importations de bois au Maroc vont au secteur de la construction). «Autant les bois de construction basiques que ceux destinés au haut standing ont vu leurs cours croître de 5 à 10% sur les marchés internationaux depuis le début de l’année en cours», fait savoir un directeur des achats au sein d’une entreprise de la place. En fait, les opérateurs se sont retrouvés pris entre le marteau et l’enclume avant de céder aux baisses de prix. «Les industriels du secteur se sont trouvés dans l’obligation d’exécuter des contrats d’achat de marchandises conclus il y a plusieurs mois.

Et comme ils ne disposaient pas des liquidités nécessaires en raison du contexte de resserrement actuel, beaucoup ont opté pour une liquidation des stocks pour mobiliser des fonds quitte à rogner sur les marges», dévoile un professionnel.

Les importations de bois qui se sont inscrites en hausse de 10% en volume en 2011 ne sont pas pour faiblir. Le marché national reste très dépendant de ces importations, compte tenu d’une sous-production au niveau national en raison notamment d’un taux de boisement qui se chiffre à peine à 9%, contre un niveau recommandé de 15 à 20%.

Tout cela fait dire aux professionnels que les mois à venir promettent d’être difficiles pour le secteur, d’autant plus que la coïncidence de Ramadan avec la saison estivale a causé des ralentissements de chantiers les années passées. Au final, l’année en cours devrait au mieux se solder par une stagnation du marché selon les opérateurs.