BAD : 3 milliards de dollars d’engagement à fin septembre 2019

La BAD est engagée au Maroc sur 35 projets actifs. Le taux de décaissement a atteint 64% en 2018. L’énergie, le transport, l’eau et l’assainissement captent plus de 66% des investissements.

La Banque africaine de développement (BAD) a passé en revue ses engagements au Maroc depuis 2009 à septembre 2019, et a réuni ses conclusions dans un rapport synthétique qui fait le point sur les progrès réalisés en près de dix ans. Il en ressort qu’à fin septembre 2019, le portefeuille actif de la BAD au Maroc était composé de 35 opérations totalisant quelque 3 milliards de dollars d’engagement. Ceci place le Royaume en tête de liste des clients de la banque. Dans le détail, ces engagements sont répartis entre les secteurs de l’énergie (31,5%), des transports (19,8%), de l’eau et de l’assainissement (15,5%), des opérations multisectorielles et de développement social (12,7%), du secteur privé (11,2%) et de l’agriculture (9,4%). Sur l’ensemble de la séquence étudiée (2009 – septembre 2019), la BAD a financé près de 170 opérations pour un montant global de 10 milliards de dollars. en particulier dans les secteurs des infrastructures, de la gouvernance économique et financière et dans celui du développement agricole. Les conclusions du rapport stipulent que, sur les 10 dernières années, le Maroc a également réalisé des progrès notables pour ce qui est de l’amélioration du climat des affaires et l’égalité des genres. Le Royaume se place ainsi en position de leader en Afrique en matière d’énergies renouvelables et de lutte contre le changement climatique. Aussi, le Maroc a mis en place un réseau d’infrastructures de transport des plus avancés, qui a permis de soutenir sa dynamique d’industrialisation et favoriser son attractivité pour les investissements directs étrangers (IDE). Toutefois, le défi du chômage, notamment des jeunes, est toujours d’actualité.

Les engagements de la BAD en chiffres

Les informations recueillies par les analystes de la BAD sur la séquence étudiée montrent que la contribution de la banque en matière d’amélioration de la gestion budgétaire et financière, de la transparence et de la responsabilisation dans le secteur public ainsi que des systèmes de passation des marchés, a, visiblement, été bénéfique. Ainsi, 16 millions de personnes ont eu un meilleur accès aux infrastructures de transport, 6,9 millions de personnes ont bénéficié d’une nouvelle connexion électrique, 8,5 millions de personnes, dont 4,5 millions de femmes, ont eu accès à de meilleurs services de santé et 3,5 millions de personnes, dont plus de la moitié sont des femmes, ont bénéficié d’un accès amélioré à l’eau potable et à l’assainissement. De plus, 88 000 hectares de terres agricoles ont été dotés d’un système amélioré de gestion de l’eau. Selon sa grille de lecture, la BAD interprète ces résultats comme positifs et encourageants, a fortiori lorsque les améliorations concernent principalement les 5 objectifs clés que la BAD identifie comme vitaux pour toute stratégie de développement (appelés aussi les High 5), en l’occurrence : «Éclairer et fournir de l’énergie à l’Afrique», «Nourrir l’Afrique», «Industrialiser l’Afrique », «Intégrer l’Afrique», et «Améliorer la qualité de vie des populations africaines».

Stabilité

Le rapport note qu’en 2018 le Maroc, pays à revenu intermédiaire, était à la 5e place en Afrique en termes de volume du PIB. Le PIB par habitant s’élevait à 3 494 dollars, ce qui équivaut à une augmentation de 24% depuis 2009, à comparer avec la progression de 6 % observée dans l’ensemble des pays à revenu intermédiaire africains. La trajectoire de développement du Maroc est stable depuis 20 ans, et ce, même si la croissance du PIB est moins forte en 2017 que dix ans auparavant. Par ailleurs, le nombre d’entreprises créées est passé de 69 502 entreprises en 2015 à 74 807 entreprises en 2016, donnant corps à une dynamique inédite au niveau continental, portée par un secteur industriel en effervescence continue. En 2018, le Maroc a été classé 15e sur 54 pays africains sur la base de l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG). En particulier, dans la dimension «Développement économique durable», le Maroc est le pays qui a le plus progressé. Ceci reflète des avancées notables notamment dans le rétablissement des équilibres macro-économiques, la bonne performance des «Nouveaux métiers mondiaux du Maroc», le développement d’une économie durable et la forte volonté politique de mener des réformes pour améliorer le climat des affaires, faciliter l’accès à l’emploi et renforcer la résilience du pays grâce à un appui ciblé au développement du secteur privé et à la réduction des disparités liées à l’emploi (âge et genre).

Les projets actifs dans lesquels la BAD est actuellement engagée au Maroc cadrent avec les objectifs de sa Stratégie 2017-2021. Cette dernière s’articule autour de 2 piliers : l’appui à l’industrialisation verte par les PME et les secteurs exportateurs et l’amélioration des conditions de vie des populations par l’emploi pour les jeunes, les femmes et en zone rurale. Par sa stratégie, la BAD entend dynamiser le développement de l’industrie et améliorer davantage le climat des affaires afin d’accroître l’attractivité du Maroc pour les IDE et booster la compétitivité des PME.