Automobile : un mois de décembre moins animé que d’habitude

Les visites aux showrooms se maintiennent mais le taux de concrétisation est en nette baisse. Les remises sont moins généreuses que celles proposées en 2016. Le marché s’achemine vers une croissance de 2 à 3 % en 2017.

Une fin d’année ratée chez les concessionnaires automobiles! C’est du moins ce que laissent entrevoir les réalisations du secteur en novembre et la tendance rapportée par les commerciaux au titre du mois de décembre. En effet, l’activité sur le marché des voitures particulières (VP) a été bridée par la contre-performance du mois de novembre. Avec pas plus de 12000 véhicules écoulés, les ventes de ce mois ont accusé une baisse significative de 11,5% par rapport à novembre 2016 (mois qui a enregistré +4,3% par rapport à 2015). Du coup, les ventes sur les 11 premiers mois de l’année sont en légère hausse de 2,5% (137 305 unités) alors qu’on en était à des taux de croissance bien plus élevés il y a tout juste quelques mois.

Pour Adil Bennani, président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam), la fin d’année ne se passe pas bien. Le DG de Toyota Maroc parle d’un fléchissement de la demande sur les 2 derniers mois par rapport à l’année dernière. Sur le terrain, les commerciaux, tous segments confondus, confirment la trajectoire baissière de la demande. «Les clients viennent toujours découvrir leurs véhicules et gammes désirés mais les transactions ne suivent pas», rapporte un directeur de succursale d’une marque française. C’est dire que les visites aux showrooms se maintiennent mais le taux de concrétisation, en hausse soutenue sur l’année, décroche. Il semble que la clientèle, dans sa majorité constituée de primo-accédants, temporise ses intentions d’achat. Les clients, en phase d’achat de véhicule préfèrent attendre que l’année s’achève pour profiter du nouveau millésime, étant donné la fréquence désormais accélérée de renouvellement des gammes et d’introduction de nouveaux modèles chez l’ensemble des concessionnaires. Ce choix est également motivé par des considérations de dotations d’équipement sur les nouveaux modèles ainsi que le prix à la revente. Un modèle plus récent fera gagner son propriétaire sur la cote d’occasion en cas de revente du véhicule. Cela dit, les commerciaux relèvent que les produits d’appel, notamment les citadines, maintiennent leur bonne forme. «Les petites voitures se vendent toujours bien. Nous remarquons un processus de décision facile et express chez la clientèle de ces motorisations», témoigne un directeur de marque. En face, la clientèle de segments supérieurs, en l’occurrence les SUV et les moyennes, ne passe plus facilement à l’acte, notamment en cette fin d’année.

Un élément majeur qui impacte la tenue des ventes en ce mois de décembre : les niveaux de remises sont en baisse par rapport à ceux proposés en 2016 ! Facteur qui n’a pas poussé la clientèle indécise à concrétiser, quel qu’en soit le segment d’appartenance. «Le cours de change de l’euro en hausse n’a pas aidé les opérateurs, dans leur majorité représentants de marques européennes, à se montrer aussi généreux que les dernières années», estime-t-on dans le secteur. En moyenne, les remises pratiquées vont de 2 000 à 5000 DH au maximum.

Dans ces conditions, les concessionnaires ont été pris à contre-pied. Alors que leurs prévisions portaient sur 5 à 10% de croissance, ils s’attendent aujourd’hui à finir l’année avec une croissance plus faible en raison notamment de la contre-performance des deux derniers mois. «Le marché est en train de s’orienter, dans les meilleurs des cas, vers 2 à 3% de croissance», prévoit un directeur d’une grande concession de la place.

Il n’en demeure pas moins que sur la durée, les professionnels restent optimistes. «Nous sommes confiants dans la bonne tenue des ventes sur le moyen terme vu que le marché reste largement sous-équipé», résume M.Bennani.

Par marque, Dacia a vendu un volume de 41 310 unités depuis le début de l’année, soit une croissance de 12% par rapport à fin novembre 2016. Renault est toujours deuxième grâce à des performances réalisées sur la Clio4, qui devient la citadine la plus prisée au Maroc. La marque au losange a écoulé 18 819 unités, soit une croissance des plus fortes du marché (31,2%). Il est à souligner que les deux marques du groupe Renault détiennent à elles seules 43,8% de parts de marché ! Même en voyant ses ventes reculer de 16,2% par rapport à la même période en 2016, Ford maintient sa troisième position. La marque à l’ovale bleu a vendu 10 556 véhicules, et jouit d’une bonne popularité chez les automobilistes, dont beaucoup attendent la prochaine génération de la Fiesta annoncée pour le début de l’année 2018. Pour sa part, Volkswagen maintient sa 4e position avec 10 199 nouvelles immatriculations, en hausse de 9,8%. Hyundai vient en 5e position avec 9 300 nouvelles immatriculations (+4,04%).