Automobile : le marché continue de croître mais plus lentement

On pense atteindre 120 000 ventes, au lieu des 130 000 espérées il y a quelques mois
Le mois d’octobre 2008 a enregistré un recul par rapport à  la même période de 2007
Les concessionnaires misent sur un rebond en fin d’année.

Un nouveau record de ventes de véhicules neufs sera certainement établi au terme de l’année en cours. Cependant, les réalisations seront inférieures aux prévisions. Au lieu des 130 000 unités attendues, les ventes devraient se limiter à 120 000, selon plusieurs sources concordantes. Des signes de ralentissement sont perceptibles depuis septembre dernier, après quatre mois d’euphorie. Au cours du mois d’octobre, c’est même un petit recul qui a été observé. Les nouvelles immatriculations de voitures de tourisme importées, le segment le plus important du marché, ont reculé de 5,1%, à 5 225 unités, par rapport au même mois de l’année précédente. Eu égard à la forte poussée du premier semestre, toutefois, sur les dix premiers mois, les ventes totales, toutes catégories confondues, portent sur 101 265 unités, soit presque le niveau de l’ensemble de l’année 2007 (103 297 ventes), en hausse de 21,6% comparativement à l’égale période de 2007. Premier facteur de hausse, les ventes de véhicules utilitaires légers importés (+72% sur les dix mois) tandis que celles des véhicules de tourisme importés progressaient de 19,3%, soit 6 points de moins que les prévisions des concessionnaires, à 73 752 unités.
Selon Younès Iraqi, directeur des ventes de Toyota, «les consommateurs se retiennent, et les ventes sont bridées par rapport à l’ensemble de l’année». Cet avis est partagé par d’autres professionnels du secteur. «La presse étrangère a beaucoup parlé de crise. Du coup, on assiste à la propagation d’une certaine incertitude chez les clients», ajoute un commercial travaillant dans le secteur de la distribution automobile.

Les véhicules européens pourront bénéficier de l’appréciation du yen et du dollar
Tout le monde refuse cependant de verser dans le pessimisme. «Les mois précédant les fins d’année sont calmes, en général. Les ventes se ralentissent avant les promotions traditionnelles de décembre», tempère Asmaa Aziz, de la Centrale Automobile Chérifienne. «On a constaté certes un tassement des ventes depuis septembre. Mais l’évolution du marché est normale puisque le pic a eu lieu lors du Salon auto expo», renchérit Youssef Bennani, DG de Jama Auto. Quant à M. Iraqi, il précise qu’on ne pourra se prononcer qu’à la fin de l’année. En somme, rien n’est encore joué. Mais, même si on arrive à maintenir le même rythme qu’en octobre, mois durant lequel 9 631 unités (tourisme et utilitaires) ont été vendues, et à moins d’un miracle, il est quasi impossible d’atteindre les objectifs ambitieux du début d’année.
Quoi qu’il en soit, dans l’ensemble, l’exercice est satisfaisant. En revanche, il y a beaucoup d’appréhension pour l’année prochaine. Les experts continuent de miser sur une croissance à deux chiffres, mais elle sera moins soutenue que celle des années précédentes. «Les taux de progression du marché de 20 ou 30% sont derrière nous», s’accordent à dire différents observateurs du secteur. On estime que le taux de croissance du marché automobile se situera en deçà de 15% en 2009. Ce qui permettra de franchir la barre des 130 000 véhicules neufs et, au moins, d’approcher de très près les 140 000.
En principe, les marques européennes tireront davantage profit de cette évolution. Déjà avantagées en ce qui concerne les droits de douane, elles ont commencé à consolider leurs positions ou même reprendre des parts de marché à leurs concurrentes asiatiques de plus en plus gênées par l’appréciation du yen et du dollar face à l’euro et, par ricochet, face au dirham. En maintenant leur niveau de prix, les distributeurs des marques asiatiques voient leurs marges fondre. « Tôt ou tard, les importateurs devront répercuter les hausses de prix sur le prix de vente public», s’accordent à dire les experts.