Attijariwafa bank et BMCE Bank se disputent une banque malienne

L’Etat met en vente 50 % du capital de la Banque internationale pour le Mali Attijariwafa bank et BMCE bank sur la liste des prétendants au côté de trois autres banques La décision prévue le 25 juillet.

Laconcurrence entre les banques marocaines ne se limite plus au marché domestique mais s’exporte en terres africaines. Après le Sénégal et la Tunisie, les deux principales banques privées, en l’occurrence Attijariwafa bank et BMCE Bank, sont en train de se livrer une bataille commerciale au Mali.

L’objet de la course est la troisième banque du pays, la Banque internationale pour le Mali (BIM) dont l’Etat malien met en vente 50 % dans le cadre d’une privatisation. La banque du groupe Ona entre directement dans la mêlée tandis que celle du groupe Benjelloun le fait par l’entremise de Bank of Africa Group (BOA) dont elle contrôle déjà 35 % du capital.

Les établissements marocains ne sont pas seuls en lice, trois autres prétendants leur disputent la promise, le français Société Générale, l’ivoirien United Bank for Africa et le groupe bancaire africain Ecobank Transnational Incorporated.

BMCE Bank déjà bien implantée au Mali
A première vue, BMCE Bank semble être en meilleure posture du fait de sa grande connaissance du Mali où elle jouit d’une certaine renommée pour y avoir repris, dès 1989, la gestion d’une banque publique en faillite, la Banque de Développement du Mali (BDM), devenue, depuis, l’une des banques les plus rentables de l’Afrique de l’Ouest.

Mais son avantage est également sa principale faiblesse dans ce dossier de privatisation de la BIM. En étant, d’une part, le premier actionnaire à 27 % de BDM (juste devant l’Etat qui en contrôle 21 %), et, d’autre part, actionnaire indirect de BOA Mali, filiale à 50 % de BOA Group et 4e banque du pays (juste derrière la BIM), le groupe BMCE Bank ne peut aspirer à contrôler, directement et indirectement, plus de 60% de parts de marché en Mali. Déjà, au lendemain de son mariage avec BOA Group, certaines voix évoquaient des conflits d’intérêts (présence aux conseils d’administration de BOA Mali et de BDM).

Que dire s’il venait à mettre également dans son escarcelle la BIM ? A moins que le repreneur n’envisage de fusionner cette dernière avec BOA Mali et de se désengager de la BDM.
Quoi qu’il en soit, le Maroc, à travers les représentants de son secteur bancaire, a des chances considérables de se retrouver, à nouveau, le 25 juillet 2008 (date d’adjudication de la cession) aux commandes d’une banque en Afrique subsaharienne .