Après un premier trimestre catastrophique, les hôteliers retrouvent le sourire en avril

Tous les marchés importants sont en baisse au premier trimestre, à  l’exception
du national dont la part ne cesse d’augmenter. En avril, le taux d’occupation a été supérieur à  50% pour la plupart des grands établissements classés de Marrakech. Ramadan risque à  nouveau de perturber la saison estivale.

Les hôteliers respirent un peu, même s’ils le disent du bout des lèvres. Le mois d’avril a été bon, particulièrement dans les deux destinations phare que sont Marrakech et Agadir. Les vacances scolaires, en France, mais surtout au Maroc, ont permis à certains d’avoir un taux d’occupation intéressant qui a même été supérieur à 50%. C’est le cas pour la plupart des établissements de Marrakech. Mais les hôteliers sont tous catégoriques : c’est grâce aux nationaux que ce frémissement de la fréquentation a pu avoir lieu. Ils signalent, au passage, que la clientèle française, malgré un regain d’intérêt pour la destination Maroc, n’a pas vraiment été au rendez-vous, en raison de la crise qui touche fortement le pouvoir d’achat des ménages, mais aussi en raison des élections présidentielles qui ont privé une destination comme Marrakech de sa clientèle des week-ends du 21 avril et du 5 mai.

Mais qu’à cela ne tienne, de nombreux hôteliers affirment que, au vu de leur carnet de commandes, le mois de mai ne s’annonce pas mauvais mais, au delà, il n’existe aucune visibilité. L’on ne sait pas trop en effet ce que les 7 mois qui restent pour clôturer l’année réservent de bon au tourisme national, mais l’on est convaincu que les professionnels doivent mettre les bouchées doubles au début de l’été, juste avant Ramadan qui commence le 20 juillet, et à partir du mois de septembre, pour pouvoir s’en sortir.

En définitive, le frémissement des arrivées et des nuitées en avril ne permet pas de dire que la tendance baissière entamée depuis un an, plus exactement depuis l’attentat d’Argana, ait été inversée. On parle juste de l’effet vacances du printemps qui offre une bouffée d’oxygène aux hôteliers.

En tout cas, à la lecture des chiffres officiels de mars dernier, rien n’incite à l’optimisme, puisque le premier trimestre s’achève avec une baisse des arrivées de 5% et des nuitées de 11%, par rapport à la même période de 2011. Les arrivées sont en baisse pratiquement pour tous les marchés émetteurs : -7% pour la France, -5% pour l’Allemagne et -21% pour l’Italie. Elles ont aussi chuté de 10% à Marrakech Ménara, de 8% à l’aéroport Mohammed V de Casablanca et de 19% à Agadir Al Massira. Par contre, les arrivées par terre et par mer ont progressé respectivement de 6% et 12%.

Le taux d’occupation moyen est tombé à 35% au premier trimestre

Pour les nuitées, là encore, les baisses concernent les principaux marchés émetteurs. Un net recul de 20% est enregistré à la fois sur les marchés français, belge et allemand. Les marchés arabe et domestique, plus dynamiques, marquent des progressions de 25% et 7%. Signe encourageant pour le secteur, le marché national représente, pour ce trimestre, 27% des nuitées totales dans les établissements d’hébergement classés. Ce marché prend de plus en plus de place dans les nuitées totales, et c’est tant mieux, encouragé par les promotions des hôteliers, comme c’est toujours le cas en temps de crise, en attendant une vraie politique pour drainer les voyages des nationaux vers le circuit organisé. Actuellement, le ministère du tourisme et la FNT travaillent sur une nouvelle offre pour les nationaux qui sera annoncée dans les prochaines semaines. En attendant, son apport est encore insuffisant pour combler les pertes concédées sur les marchés traditionnels.

Ainsi, Marrakech et Agadir clôturent le trimestre avec une baisse de leurs nuitées respectivement de 14% et 19%. Des villes comme Ouarzazate et Fès ont vu leurs nuitées régresser de 28% et 14%. Seule Tanger a progressé de 8%, et, dans une moindre mesure, Casablanca de 1%. Toutefois, dans la capitale économique, le tourisme est généralement un tourisme d’affaires, lié à l’activité économique.

Au bout du compte, le taux d’occupation dans les établissements d’hébergement classés s’est établi à 35%, reculant de 6 points par rapport au premier trimestre 2011.
Maintenant, la question qui hante tous les esprits, et sur laquelle les professionnels et le ministère de tutelle ne sont pas toujours d’accord, est de savoir comment réorienter la promotion pour sauver l’année.

Au niveau de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), on continue sur la lancée et la campagne dans les marchés émetteurs se poursuit jusqu’à fin mai avec, précise-t-on, des road shows dans 40 villes européennes, des rencontres avec les agences de voyages marocaines et étrangères pour encourager la prospection avant les vacances d’été. L’ONMT est aussi en train de mettre sur pied un site destiné aux agences de voyages marocaines.

Quant à la 2e campagne de communication en préparation, elle est prévue pour le début de septembre prochain. Certains professionnels font néanmoins la remarque qu’avec la crise en Europe, il est temps d’aller, de manière plus appuyée, vers d’autres marchés qui ne sont pas touchés par la crise.