Après trois ans de réglages, le baromètre de l’activité touristique enfin opérationnel

L’Ictour est réalisé grà¢ce à  un partenariat entre le ministère du tourisme et l’Observatoire.
Des sondages d’opinion sont menés auprès de 150 hôteliers sur les réalisations du trimestre passé et les prévisions de celui en cours.
D’après les premiers résultats, l’activité s’est redressée au premier trimestre 2010 comparativement aux deux dernières années.

Il est enfin là ! Le baromètre de l’activité touristique, baptisé Ictour (pour indicateur du climat du tourisme) vient de livrer ses premiers résultats officiels. Fruit d’une collaboration entre le ministère du tourisme et l’Observatoire, il permet, selon ses concepteurs, d’«appréhender la tendance de l’évolution du secteur du tourisme, à travers la perception de l’activité hôtelière en tant que noyau dur de ce secteur». Les résultats sont obtenus sur la base d’une enquête auprès de 150 hôteliers, gérant des établissements classés, qui répondent à des questions portant sur les réalisations d’un trimestre donné et sur leur pronostic à court terme pour le trimestre suivant. Ainsi, le questionnaire porte notamment sur les ventes, les réservations, les prix et l’emploi. Les hôteliers interrogés doivent donner leur opinion sur ces indicateurs selon un canevas simple : indicateur en hausse, en baisse ou en stagnation.
Si la première livraison de l’Ictour porte sur le premier trimestre 2010 pour les réalisations, et le deuxième trimestre pour les prévisions, il faut savoir que les essais pour réaliser un tel baromètre et tester sa fiabilité étaient en cours depuis 2007. Pour cette année-là et même pour la suivante, les résultats étaient non significatifs. En effet, le taux de réponse des hôteliers ne permettait pas d’appréhender vraiment la conjoncture touristique. Il a fallu la persévérance des enquêteurs du ministère, notamment au niveau des délégations régionales pour qu’enfin, en 2009, ils obtiennent un taux de réponse supérieur à 80%.

Marrakech, Agadir et Ouarzazate : là où les baisses de prix sont les plus probables

Signalons, à ce sujet, que l’élaboration de ce baromètre a été réalisée grâce à la collaboration du ministère espagnol du tourisme qui dispose depuis longtemps d’un tel instrument de prospective. Il s’agit en fait d’une rupture, «car jusqu’à aujourd’hui, la production statistique du tourisme et son analyse s’intéressaient essentiellement au passé», rappelle Moncef Aderkaoui, directeur de la stratégie et de la coopération au ministère du tourisme, qui ajoute qu’un tel baromètre permet désormais de «vérifier a posteriori les prévisions des professionnels et de pouvoir anticiper sur l’avenir pour un secteur qui n’est pas à l’abri des retournements de conjoncture».
Avant de livrer les résultats de l’enquête pour le premier trimestre 2010 en tant que trimestre de référence et la perception des hôteliers pour le deuxième trimestre, il est impératif de savoir que les résultats de cette enquête qualitative sont appréciés entre deux valeurs fixées allant de 100 pour une situation d’optimisme total et -100 pour une situation de pessimisme total (voir encadré pour la méthode de calcul). Ainsi, l’Ictour du premier trimestre 2010 s’établit à -2,1. Il reste certes négatif, mais l’on revient de loin, si l’on considère que la moyenne trimestrielle des deux dernières années s’établit à -24,6.
Pour le premier trimestre 2010, les hôteliers, en se référant à la même période en 2009, affirment pour 68% d’entre eux avoir maintenu leurs emplois et 61% estiment que l’état de leurs réservations oscille entre stabilité et hausse tandis qu’ils sont 62% à déclarer que leur chiffre d’affaire n’a pas subi de dégradation. Important à noter, 36% ont concédé une baisse de prix alors que dans le même temps 20% ont, au contraire, procédé à des augmentations de leurs tarifs. Leurs projections pour le deuxième trimestre 2010 sont plus optimistes puisqu’ils sont 75% à estimer que leurs ventes devraient augmenter ou du moins se stabiliser et seulement 25% qui pensent que l’état de leurs réservations est en baisse, alors qu’ils étaient 39% dans ce cas, au cours du premier trimestre écoulé. Dans le même ordre d’idées, la part de ceux qui prévoient une baisse de prix a diminué de trois points en s’établissant à 29%. A noter que c’est à Marrakech, Agadir et Ouarzazate que l’on prévoit la décrue des tarifs la plus prononcée.