Apiculture : le taux de couverture des besoins en miel est de 30% et peut atteindre 60% cette année

• La production est en hausse de 68% en 10 ans à près de 8 000 tonnes.
• Le nombre d’apiculteurs s’est amélioré de 64% à 36 000.
• L’approche genre de l’interprofession a poussé plusieurs femmes à s’intéresser à cette culture alors qu’elles étaient totalement absentes en 2009.

La filière de l’apiculture a connu une grande évolution de l’ensemble de ses indicateurs entre 2009 et 2019. Cela dit, la crise sanitaire a eu plusieurs répercussions sur le fonctionnement de la filière. En effet, les apiculteurs n’ont pas pu assurer la transhumance des ruches, couvre-feu et confinement obligent, surtout qu’elles ne se déplacent que la nuit. Il n’en demeure pas moins que la filière a tiré profit de la pandémie, puisque la consommation médicinale du miel a augmenté durant cette période.
En tout cas, pendant la décennie du Plan Maroc Vert, 850 unités d’élevage ont été équipées par le matériel d’élevage des reines d’abeilles, les matériels techniques, les ruches, les matériels d’extraction et 57 unités de production de miel ont été autorisées par l’ONSSA pour un coût global de 20,5 MDH… A côté, il a été procédé à la labellisation de 7 types de miel, à la publication de la norme sur le miel et à la mise en place d’un système d’identification des ruches. De même, la filière a réalisé le programme de sauvegarde de l’abeille saharienne. Notons que les trois principales zones de production sont Souss-Massa, Marrakech-Safi et Casablanca-Settat.ENC
Comme la formation occupe une place capitale, 102 sessions de formation ont été dispensées au profit de 2 470 apiculteurs, 30 séminaires assurés pour 500 apiculteurs et 7 écoles au champ ont été créées au niveau de la région de Béni Mellal-Khénifra. Ces réalisations ont été obtenues grâce aux subventions accordées par l’Etat relatives à la production des reines d’abeilles reproductrices et aux unités de valorisation des produits apicoles ; cela, en plus de toutes les autres subventions communes à toutes les filières agricoles.
Actuellement, la filière affiche une production de près de 8 000 tonnes de miel (+68%) et 540 tonnes de cire (+150%). Elle génère un chiffre d’affaires de 1,1 milliard de DH, en hausse de 300% par rapport à 2009, pour une valeur ajoutée de 822 MDH, en croissance de 253%. Les investissements, eux, ont atteint 574,6 MDH dont la part de l’Etat s’élève à 330 MDH. Pour leur part, les emplois créés ont connu une augmentation exponentielle, passant de 700 000 journées de travail à 2,45 millions et ce, grâce à la particularité du secteur qui est créateur d’emplois par excellence avec des coûts d’investissements relativement faibles. Parallèlement, le nombre d’apiculteurs s’est amélioré de 64% à 36 000 et le nombre de ruches est passé de 45 000 à 910 000. Notons que la filière était dominée par les hommes au début du PMV. Avec l’approche genre adoptée par l’interprofession, plusieurs apicultrices s’y sont intéressées et certaines sont même leaders dans le domaine. Il faut dire qu’en dépit de ces évolutions remarquables, la production est encore loin de satisfaire la demande nationale. Le taux de couverture s’établit en moyenne à 30% et pourrait, en cette année pendant laquelle la pluviométrie était favorable, aller jusqu’à 60%. D’où le recours aux importations qui se sont élevées à 2 200 tonnes, soit 10% de plus qu’en 2009.