Aluminium du Maroc réorganise sa gouvernance

Un administrateur indépendant, trois comités de direction, un règlement intérieur et une charte des membres. Un résultat net déficitaire au premier semestre suite à l’escroquerie au changement de RIB.

La gouvernance d’Aluminium du Maroc a suscité bien des inquiétudes durant ces derniers mois en raison du changement brutal intervenu au niveau de la présidence du groupe et de l’escroquerie au changement de RIB dont a été victime l’industriel. Il n’est donc pas étonnant que ce sujet ait occupé une place importante lors de la présentation des résultats semestriels du spécialiste des profilés en aluminium. Le premier point à retenir est la cooptation d’Ahmed
Rahhou (PDG de CIH Bank) en qualité d’administrateur indépendant de la société. Celui-ci se voit aussi confier la présidence d’un nouveau comité d’audit et de gestion des risques. L’entreprise en a créé deux autres : l’un dédié aux nominations et rémunérations et l’autre à la stratégie et aux investissements. Pour boucler la boucle, le conseil d’administration devrait se doter d’un règlement intérieur ainsi que d’une charte des membres.

L’activité a progressé de 8% en volume

Pour le reste, Aluminium du Maroc a apuré au premier semestre le passif de l’escroquerie. Les 50 MDH de pertes qui en ont résulté ont été comptabilisés en charges non courantes sans aucune provision, ce qui veut dire que l’entreprise n’a plus espoir de récupérer les fonds qui lui ont été subtilisés. Ce coup dur a entraîné le résultat net en territoire négatif, à -8,6 MDH contre un bénéfice de 20,1 MDH sur la première moitié de 2015. Si ce n’était cette déconvenue, l’entreprise aurait dégagé un bénéfice de 30,4 MDH, en hausse de 51,4% par rapport à la même période de l’année passée. Ceci est expliqué par le fait que l’industriel n’a pas été prisonnier de la morosité du marché et a bien tenu son exploitation. Il est en effet parvenu à afficher une hausse de 2% de son chiffre d’affaires grâce à une progression de son activité de 8% en volume, évolution cependant atténuée par une baisse des prix. L’industriel indexe en effet ses contrats sur les cours de sa matière première qui ont baissé de 15% par rapport à l’année passée.

En s’appuyant sur des gains de productivité, la maîtrise des coûts de fabrication et la baisse des amortissements (l’entreprise arrive en fin de cycle d’amortissement d’un investissement réalisé en 2005 pour l’augmentation de sa capacité de production), le résultat d’exploitation s’apprécie de 7,6%, à 40,8 MDH. Le résultat financier donne encore plus de tonus aux profits puisqu’il passe d’un déficit de 9,9 MDH à +2,2 MDH.

Le management de l’entreprise juge du reste les perspectives de fin d’année positives grâce au carnet de commandes et aux prévisions de chiffre d’affaires. L’industriel comptabilise déjà à fin septembre 2016 un résultat net positif. Dans tous les cas, Aluminium du Maroc dispose de réserves distribuables qui permettraient de ne pas impacter la politique de distribution de dividendes.