Air France attaque Royal Air Maroc sur la ligne Casablanca-Marseille

La nouvelle ligne sera ouverte le 2 octobre. La fréquence sera de quatre vols hebdomadaires : les lundi, jeudi, samedi et dimanche.

E n proie à de multiples difficultés qui mettent en péril sa viabilité, Royal Air Maroc doit faire face également à une exacerbation de la concurrence «traditionnelle». Air France, son principal concurrent sur le hub de Casablanca – Mohammed V qui a traité plus de 7 millions de passagers en 2010, s’apprête à lancer à partir du 2 octobre prochain des dessertes «nouvelles formules» à partir des aéroports français dits de province.
Dans le collimateur, figure la ligne Marseille-Casablanca que la RAM a investie, il y a quelques années. En 2010, elle y a enregistré un trafic dépassant les 150 000 passagers, loin devant Jet4You qui y effectue trois vols hebdomadaires. Cette performance a valu à la société présidée par Driss Benhima de se classer au 6e rang du palmarès des compagnies opérant sur l’aéroport de Marseille. Provence avec un total de 247 000 passagers incluant les statistiques des vols Oujda-Marseille, Marrakech-Marseille et Fès-Marseille.

Le prix de l’aller simple sera de 80 euros contre environ 182 à la RAM

La nouvelle desserte d’Air France aura une fréquence de quatre vols par semaine (lundi, jeudi, samedi et dimanche) contre un à deux par jour pour la RAM. Mais c’est surtout en matière de prix que le concurrent français a mis la barre très haut (ou plutôt très bas) avec un aller simple à 80 euros (880 DH) contre près de 2 000 DH (181 euros) à la RAM. La «nouvelle formule» d’Air France correspond à une offre low-cost que les stratèges d’Air France ont mis en place pour contrer les compagnies dudit segment qui grignotent de plus en plus de parts de marché à l’ensemble des compagnies aériennes majors. Outre la desserte Casablanca-Marseille, 53 nouvelles destinations seront ainsi ouvertes au cours des prochains mois, ce qui permettra à la compagnie française d’offrir  30% de plus en sièges disponibles. Après le renchérissement du kérosène, la montée en puissance des compagnies low-cost, les frais de structure devenus insoutenables, la baisse du trafic due aux effets du «printemps arabe», le durcissement de la concurrence vient faire mal sur les dernières niches où la RAM, forte d’une position dominante, pratiquait des tarifs à forte marge. De quoi confirmer  la boutade de l’ex-président français, Jacques Chirac, qui disait que «les ennuis volent toujours en escadrille» .