Agroalimentaire : le contrat programme sera signé début 2014

La Fénagri est en train de préparer les termes de référence pour l’appel d’offres relatif au choix du cabinet qui devra l’accompagner. L’accès à  la matière première et la fiscalité sont les deux gros problèmes qu’il faudra résoudre.

En discussion depuis l’année dernière, le contrat programme de l’industrie agroalimentaire sera finalisé avant la fin de l’année, et devrait être signé début 2014. La Fédération nationale des industries agroalimentaires (Fénagri) annonce en effet que le projet est bien avancé. Elle est en train d’arrêter les termes de référence pour l’appel d’offres relatif à la sélection du cabinet qui va l’accompagner dans la mise en place de ce contrat programme, fruit d’une large collaboration avec les ministères du commerce et de l’industrie et celui de l’agriculture et des pêches maritimes.

On peut souligner d’ores et déjà que deux problèmes doivent être réglés en urgence : l’irrégularité de l’approvisionnement des unités industrielles et la fiscalité. Deux problèmes qui expliquent la faiblesse de la valeur ajoutée de cette filière. En effet, l’industrie agroalimentaire ne représente aujourd’hui que 4% du PIB alors que dans d’autres pays voisins, comme l’Espagne ou encore la France, ce taux est respectivement de 15% et 18%. Pour améliorer la valorisation des produits agricoles, les industriels de l’agroalimentaire proposent des incitations fiscales car les taux actuels (30% au titre de l’impôt sur les sociétés, 38% de taux marginal pour l’impôt sur le revenu et 20% de taxe sur la valeur ajoutée) ne peuvent que renchérir les produits transformés. La Fénagri suggère une baisse de l’ensemble de ces impôts. Elle est plus précise sur la TVA dont le taux devrait être ramené de 20 à 14% pour améliorer la compétitivité et encourager la consommation. Les industriels pensent également que la baisse de la TVA permettrait de lutter contre l’informel et les fraudes douanières comme la sous-facturation qui a mis à mal, rappelons-le, la chocolaterie, la confiserie ou encore la biscuiterie.

Les industriels se disent défavorisés sur le plan du respect des normes

Il est sûr que grâce aux mesures comme la fixation de prix plancher, ces branches ont pu faire face aux importations qui ont inondé le marché local, mais d’autres filières de l’agroalimentaire continuent toujours d’en souffrir.
Le contrat programme devrait également faciliter l’accès aux intrants, autre difficulté rencontrée par les industriels de la filière agroalimentaire qui sont contraints de s’approvisionner sur les marchés étrangers. Car la production agricole ne correspond pas aux normes exigées par l’industrie, ce qui, par conséquent, réduit la compétitivité sur les marchés d’exportation. Les producteurs de jus de fruits et les industriels de la conserve végétale sont principalement touchés par ce problème. Preuve en est que plusieurs unités ont dû abandonner la conserve de haricots verts, par exemple, et la production de concentré de tomates, tandis que les industriels du jus d’orange sont contraints depuis plusieurs années maintenant d’importer du concentré. Pour remédier à cela, le contrat programme doit prévoir un cadre pour un partenariat entre producteurs et industriels. Car actuellement, les producteurs destinent l’essentiel de leur production au marché de bouche, ce qui leur permet, grâce au paiement comptant, d’avoir des liquidités. Le partenariat porte sur une production agricole adaptée aux exigences industrielles aussi bien au niveau de la qualité que de la quantité.

En plus de ces deux problèmes majeurs que sont l’accès aux matières premières et la fiscalité du secteur, la fédération revendique un traitement équitable entre les produits locaux et les produits importés. Notamment au niveau des normes et du contrôle car «actuellement, on remarque que les produits importés, et particulièrement dans le cadre des accords de libre-échange, sont plutôt favorisés. Ce qui réduit davantage notre compétitivité sur notre propre marché», déplore un industriel qui ne manque pas de signaler que «cette situation risque de pousser nombre d’opérateurs de la filière à opter pour l’importation».