SIAM : Le secteur des viandes rouges sur la bonne voie

Le nouveau contrat programme prévoit, à l’horizon 2020, l’accroissement de la production qui devrait atteindre 612 000 tonnes et la réduction des coûts de production d’au moins 10%.

En 2009, un contrat programme, entre l’Etat et les producteurs de viandes rouges, a été lancé avec comme objectif de remettre le secteur à niveau, que ce soit au niveau de la qualité ou de la quantité. Il fallait réaménager les marchés de bestiaux, accompagner l’investissement privé dans le secteur, réformer les textes de lois régissant la profession et la promotion de la consommation et de la qualité des viandes. Cela sur fond d’une enveloppe budgétaire de 6 milliards de dirhams ayant été allouée pour atteindre ces objectifs. Cinq ans plus tard le contrat arrive à terme en 2014, enregistrant un grand succès. Les réalisations de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges étaient exemplaires. Durant ce programme, la production annuelle a atteint 490 000 tonnes en 2013, dépassant ainsi l’objectif de 450 000 tonnes prévues pour 2014. Plus encore, la consommation annuelle par habitant a atteint 14,2 kg/habitant/an, soit 4% de plus que l’objectif fixé de 13,5 kg/habitant/an. Ces résultats sont le fait d’un amont jugé «extrêmement positif», en raison de l’amélioration génétique du cheptel bovin, ovin et caprin et du développement des techniques de production. Côté législatif, cette période a été marquée par une révision de la réglementation régissant le secteur à travers, notamment, la publication d’un décret relatif au contrôle de salubrité des viandes foraines et la libre- circulation des viandes en provenance des abattoirs agréés, mais aussi de deux Cahiers de prescription spéciale (CPS) portant l’un sur les conditions sanitaires et hygiéniques des abattoirs et l’autre sur la gestion déléguée des abattoirs communaux. Concernant ce point, et avec une mise en œuvre immédiate, l’externalisation de la gestion des abattoirs communaux, au secteur privé, a été entamée par l’agrément d’un abattoir intercommunal à Al Hoceima, trois autres suivront  à Missour, Laâyoune et Taounate. A cela s’ajoutent 6 projets intégrés et d’agrégation également en cours à Beni-Mellal, Taroudant, El Jadida, Skhirat, Oujda, Rhamna et plusieurs autres projets, notamment la mise à niveau des unités modernes d’élevage.

50 unités modernes de distribution seront créées

Des résultats aussi prometteurs qu’encourageants qui vont pousser le ministère de tutelle à mettre en place un deuxième contrat programme de la filiale des viandes rouges 2014-2020. Son implémentation devrait nécessiter une enveloppe budgétaire globale de 5 milliards de dirhams, dont 1,45 MMDH supportés par l’Etat et 3,55 MMDH d’investissements privés. Cela sans parler de l’aménagement de 14 souks hebdomadaires à bestiaux, l’installation de 40 souks temporaires à l’occasion d’Aïd Al Adha, la  mise à niveau et la passation en gestion déléguée de 12 abattoirs communaux, et la création de 50 unités modernes de distribution et 7 unités de transformation et valorisation des viandes.

Le nouveau contrat programme prévoit, à l’horizon 2020, l’accroissement de la production qui devrait atteindre 612 000 tonnes, la réduction des coûts de production d’au moins 10%, l’augmentation significative du chiffre d’affaires de la filiale qui devrait atteindre 35 milliards de dirhams, ainsi que la stimulation de la consommation annuelle par habitant afin qu’elle soit hissée à 17,3 kg. La dynamique engendrée par le contrat programme devrait, selon les estimations du ministère, créer pas moins de 80000 emplois directs à travers la chaîne de production, de transformation, de commercialisation et de distribution des viandes. 

Cependant, il reste tout de même un côté négatif qui marque le secteur: L’abattage illicite. Ce phénomène a pris des  proportions alarmantes puisque  plusieurs bouchers ont commencé  à bouder les abattoirs et préfèrent  s’approvisionner en viandes  dans les abattoirs non agréés et dans les tueries  périphériques, car c’est «beaucoup moins cher».  Les souks hebdomadaires  sont également une  source d’approvisionnement où  les normes d’hygiène laissent à  désirer. Ce que l’on veut dire par «beaucoup moins cher» avec l’abattage  illégal, c’est un bénéfice de 15 à 20  Dh/kilo. Un «économie d’argent» pour le  consommateur aussi qui va s’approvisionner à bas prix, au risque, bien entendu,  de se voir transmettre la tuberculose,  l’hépatite C et différentes autres  maladies fatales. Le contrôle des centres d’abattage  clandestin est une mission dévolue  au Conseil de la ville. Ce dernier  avait mis en place en 2007, en  collaboration avec les services  de police, une brigade qui assure  des tournées quotidiennes dans  les centres d’abattage clandestin connus des autorités. Ces contrôles,  qui ont donné à l’époque des  résultats très satisfaisants, sont  de plus en plus rares depuis quelques années déjà. 

Les questions des abattoirs clandestins et du respect des normes sanitaires et hygiéniques constituent des freins au développement de la filiale. Certes les mauvaises habitudes se joignent au pouvoir d’achat limité chez une grande frange de la société contribuent à la survie du phénomène, mais il faudra bien y remédier. Pour faire face à ces dysfonctionnements, les professionnels et les autres acteurs du secteur s’accordent sur la nécessité d’encourager l’investissement privé pour la création et la gestion des abattoirs.