SIAM : Le secteur de l’agrumiculture se porte bien

La production devrait atteindre 2 millions de tonnes en cette saison agricole en cours. La Russie et l’Union européenne absorbent le gros des écoulements destinés à l’étranger. Le Maroc devrait se différencier en termes de qualité pour faire face à la concurrence de l’Egypte et de la Turquie.

La saison des agrumes s’en sort bien pendant cette saison agricole 2015/2016. Le retard des pluies enregistré au début de la campagne a été bien rattrapé au cours des deux derniers mois et les inquiétudes des producteurs se sont dissipées. Le secteur est même mieux loti que bien d’autres. Pour l’heure, la filière agrumicole se porte on ne peut mieux. Depuis le début de la campagne, soit octobre 2015 jusqu’à maintenant, le secteur a exporté près de 400 000 tonnes pour un volume global prévu entre 550 000 et 580 000 tonnes. Ces exportations ont concerné notamment les petits agrumes dont essentiellement la clémentine, la Nour et la petite Navel. Cela jusqu’à la mi-février. Au début mars, ont suivi les variétés de la demi-saison comme la salustiana et la sanguine. Hormis le facteur climatique qui joue en faveur d’une production au beau fixe, le Maroc a tiré profit de l’orientation toujours favorable et forte de la demande des principaux marchés destinataires des produits agrumicoles marocains, à savoir la Russie, l’Amérique du Nord et certains pays du Moyen-Orient. En effet, la Russie absorbe 35 à 40% des exportations contre 15% pour les Etats-Unis et le Canada ; le reste étant écoulé vers les pays du Moyen-Orient dont l’Arabie Saoudite. L’Union européenne elle, pompe près du tiers de la production nationale destinée à l’export.  Pour ainsi dire, les agrumes marocains intéressent toujours les marchés étrangers. Pour maintenir cet attrait particulier pour ce produit, les producteurs doivent miser sur le marketing et proposer en outre un produit de qualité et différencié car la concurrence est bien forte dans ce secteur. Si on ne prend que le marché russe, il y a une concurrence accrue provenant des pays comme la Turquie et l’Egypte, qui pourrait engendrer une perte de vitesse pour les exportations marocaines. Cette rude bataille ne concerne toutefois que le segment des oranges. Les autres fruits comme la clémentine gardent toujours une place privilégiée par rapport à ces pays concurrents. D’où tout l’intérêt de se distinguer par la qualité.

A côté de ces marchés, disons historiques, le pays devrait tourner les yeux vers d’autres cibles, prometteuses et disposant d’un potentiel intéressant. L’accent est ainsi mis sur l’Asie, en particulier la Chine ou encore l’Afrique. Notons que quelques conteneurs commencent à desservir ce marché, sans pour autant représenter une part importante des exportations globales des agrumes.

Les choses sont donc sur de bons rails et cette filière devrait atteindre les objectifs que lui a assignés le Plan Maroc Vert. Il prévoit de porter la production agrumicole à 2,9 millions de tonnes d’ici 2018 et de booster les exportations à 1,3 million de tonnes. Il a fixé comme objectif également de doubler la production d’agrumes, avec des perspectives de production aux alentours de 3,19 millions de tonnes annuellement à partir de 2020, pour une superficie de 109 000 hectares. Ces cibles répondent à un double objectif. D’une part, répondre aux exigences de la communication nationale et se positionner solidement sur les marchés extérieurs.

En tout cas, la production devrait atteindre 2 millions de tonnes au terme de la campagne 2015/2016, sachant qu’elle avait pointé à 2,2 millions de tonnes en 2013, année pendant laquelle le pays avait enregistré un flux pluviométrique fréquent et dont toutes les régions concernées par l’implantation des agrumes ont bénéficié. Cette production a fléchi à 1,9 million de tonne la saison suivante pour se redresser une nouvelle fois en cette année. Il est à souligner que les régions les plus concernées par cette filière sont le Souss qui draine près de 41% de la production, et El Gharb avec 19%. Les régions de l’Oriental et Tadla, elles, arrivent en 3e position et accaparent chacune une part de 13%. Et c’est le Haouz et le Loukkos qui se placent en bas du classement avec respectivement un poids de 8% et 2%.

Cependant, un petit bémol est à mettre à l’actif de la filière de transformation. Un chantier a été lancé par les producteurs ainsi que l’association des consommateurs d’agrumes. L’objectif est d’assurer un approvisionnement régulier des usines de transformation en produits de qualité et de développer la production de jus et autres boissons à base d’agrumes. Une fois que ce chantier donnera ses fruits, l’offre marocaine pourrait alors concurrencer les produits importés.