Agriculture : Quinze millions de DH pour la construction d’un centre national de l’arganier

• La plateforme prévue sur un terrain de 3 000 m² à Agadir.
• Les travaux d’aménagement devraient être achevés dans 18 mois.
• La capitalisation des acquis et la canalisation des différentes initiatives à entreprendre dans l’arganeraie sont les enjeux majeurs de ce projet.
• Le pôle d’interprétation du patrimoine, une des composantes de la structure sera l’ouverture sur le large public.

La forêt d’arganiers constitue un patrimoine matériel et immatériel marocain riche et unique. Depuis quelques décennies aujourd’hui, l’arganeraie a fait l’objet de nombreuses initiatives, telle que sa reconnaissance en tant que première réserve de biosphère au Maroc par l’Unesco en 1998. En 2014, l’Unesco a de même inscrit l’ensemble des pratiques et savoir-faire associés à l’arganier sur la liste représentative du patrimoine culturel et immatériel de l’humanité. Depuis cette année 2021, cet arbre endémique est désormais célébré le 10 mai de chaque année. C’est suite à l’adoption d’une résolution, présentée par le Maroc à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 3 mars 2021. La première journée du genre a été marquée par une cérémonie de haut niveau qui s’est tenue à Agadir.

Présidé par Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, le meeting organisé sous un format hybride a rassemblé des intervenants de haut rang. C’était l’occasion de rappeler les avancées du Maroc dans l’écosystème de l’arganier et d’afficher les ambitions en la matière. La valorisation de cette richesse est au cœur des préoccupations. C’est dans cette perspective que s’inscrit la création d’un centre national de l’arganier. Le projet est mis en œuvre par l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA). Dans ce contexte, une convention entre l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) et la GIZ a été signée et compte parmi ses volets la création du Centre national de l’arganier (CNA), est-il indiqué dans une note de présentation du projet.

Prévu sur un terrain de 3 000 m² à Agadir, la plateforme nécessitera un investissement de 15 millions de DH pour sa construction. Pour l’heure, le dossier est au stade des études techniques. Les travaux devraient durer par la suite près de 18 mois. Il faut s’attendre donc à les voir achevés en 2023.
A terme, le CNA constituera un hub regroupant des partenaires régionaux, nationaux, internationaux, ainsi que toutes parties prenantes qui s’intéressent aux questions et thématiques liées à l’arganier et l’arganeraie. Et ce, notamment dans les domaines de la recherche scientifique, la gestion des connaissances et la valorisation du patrimoine.

L’enjeu majeur de création de ce centre est la capitalisation des acquis des différentes actions menées et la canalisation des différentes initiatives à entreprendre dans l’arganeraie. Aussi, son activité s’articulera autour de trois grands axes d’intervention. Il s’agit de la gouvernance et convergence de la recherche sur la Réserve de biosphère de l’arganeraie (RBA) et l’arganier et aussi la gestion des connaissances, ainsi que la capitalisation et veille technologique sur la RBA. Il est question également d’interprétation du patrimoine de cette réserve. Ce volet vise notamment la sensibilisation du public aux problématiques de conservation et de développement de l’arganeraie. Le CNA contribuera ainsi d’une façon innovante à la sauvegarde, à la valorisation et à la promotion de l’arganier et l’arganeraie. «Le centre veillera à sécuriser la durabilité des résultats de recherche et les impacts des différents projets et initiatives de coopération nationales et internationales. Et ce à travers la mise en place d’un système de gestion des connaissances qui s’adressera aussi bien aux professionnels, aux chercheurs scientifiques qu’au grand public. Il s’agit de capitaliser et rendre accessible le maximum de données et d’informations scientifiques, techniques, sociales, économiques et écologiques, ainsi que le savoir tacite liés à la RBA et la filière de l’arganier», est-il expliqué dans la note de présentation.

Dans ses composantes, le pôle d’interprétation du patrimoine est la structure par laquelle s’ouvrira le CNA sur un large public afin d’informer sur ce grand patrimoine marocain. A cet effet, le centre d’interprétation du patrimoine de l’arganeraie abritera une exposition permanente sur le sujet, ainsi que plusieurs activités et événements telles que des expositions temporaires et ateliers.
Le but ultime de la démarche étant de développer un outil qui contribue efficacement à la promotion et à la valorisation de cette richesse naturelle, socioculturelle et économique. Un pas de plus dans le développement d’une valorisation innovante et durable de l’arganier à travers notamment plus de synergie et de mutualisation des compétences et des ressources.