Agriculture : plus de 5 milliards de DH investis au titre des contrats programmes

Des lois relatives à  l’agrégation et à  l’interprofession en préparation.
Les professionnels se plaignent de problèmes d’accès aux subventions et au financement bancaire.
La montée en charge de la production sera accompagnée de la recherche de marché et d’un programme R & D pour la valorisation.

Le ministre de l’agriculture et des pêches maritimes, Aziz Akhannouch, a eu une semaine très chargée en ce début de mois. Après avoir lancé le 1er salon international des dattes à Erfoud, entre le 30 septembre et le 3 novembre, il a dû, coup sur coup, se rendre à Settat pour lancer la campagne agricole, puis présider le 6 octobre la deuxième réunion du Project management office (PMO) organisée par le comité de suivi de la mise en œuvre des contrats programmes du Plan Maroc Vert (PMV) à Skhirat, avant de présider un séminaire de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).
A Skhirat, pouvoirs publics et professionnels privés ont eu l’occasion de faire le point sur les différentes filières. La céréalière a connu le lancement de deux projets avec une enveloppe de 54 MDH. En agrumiculture, ce ne sont pas moins de 14 projets totalisant un investissement de 2,5 milliards de DH, entre extension et élargissement du verger, qui sont en train d’être réalisés. La filière maraîchère, pour sa part, a été marquée par l’initiation de 4 projets pour une enveloppe de 309 MDH alors que le secteur du lait a connu le lancement de 4 nouveaux projets pour  lesquels les investisseurs ont mobilisé 1,2 milliard de DH. Enfin, dans les deux filières des viandes rouges et blanches, il a été respectivement lancé 4 projets d’une enveloppe globale de 306 MDH et 23 projets totalisant 50 MDH. Au total, ce sont plus de 5 milliards de DH qui sont engagés.

Le projet de loi sur l’agrégation est encore au Secrétariat général du gouvernement

Important à signaler, cette rencontre qui a aussi permis à certains présidents d’associations d’exprimer quelques difficultés auxquelles sont confrontés leur secteur, qu’il s’agisse de l’accession à certaines subventions ou encore pour ce qui est de l’accompagnement des banques sur le volet financier. Du reste, les organismes de crédit ont, eux aussi, fait le déplacement de Skhirat, notamment dans les projets d’agrégation.
Le ministre a d’ailleurs expliqué combien il tient à associer les différentes interprofessions au Plan Maroc Vert et que, pour ce faire, il y a aujourd’hui deux grands chantiers pour accompagner cette dynamique. Il y a d’abord le projet de loi sur l’agrégation qui est encore au Secrétariat général du gouvernement. Ensuite, un autre projet de loi régissant l’interprofession (délimitation du champ d’intervention et des sources de financement lui permettant de déployer son action) sera bientôt discuté en conseil de gouvernement.
Les participants l’ont bien compris, tout est lié. Mohamed Ouayach, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural pour l’interprofession céréalière (Comader) et Khaireddine Soussi, son homologue de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa) pour l’interprofession des viandes, rejoignent ainsi le ministre quand il insiste sur la pertinence des grandes transformations que connaît le secteur. Cela a commencé par la création de l’Agence de développement agricole (Ada), la refonte du système de subvention, le tout relayé par la réforme des chambres d’agriculture ou encore la naissance de l’Office national de la santé et de la sécurité animale (ONSSA), etc.

Une 4é opération de cession des terres de l’Etat pour bientôt

Bien entendu, s’il faut accompagner le plan Maroc Vert par une action de vulgarisation en profondeur, comme s’y est attardé le ministre, il faudra aussi, une fois que le Maroc entrera dans une phase de montée en charge de sa production, trouver des marchés et mener à bien un effort sur le plan de valeur ajoutée.
La rencontre du PMO a été par ailleurs l’occasion de l’annonce d’une quatrième tranche du partenariat Etat / secteur privé à travers la concession des terres Sodea et Sogeta. D’ailleurs, Mohamed Hajjaji, Dg de l’Ada, a annoncé que le processus de recherche de terres agricoles supplémentaires est déjà enclenché avec, notamment, les services concernés du ministère de l’intérieur.
La réunion de Skhirat n’a pas concerné que les filières et les travaux de leurs ateliers, elle a également été l’occasion de mettre en exergue des sujets transversaux comme la problématique de l’eau, par exemple, puisque le ministre a fait mention du projet de construction de l’usine de dessalement de l’eau de mer et la réalisation d’une adduction et d’un réseau d’irrigation localisée à Chtouka-Aït Baha pour une superficie de 10 000 ha.