Agriculture : les potentialités de Dakhla-Oued Eddahab la distinguent des autres régions

• Les cultures principales concernent la tomate cerise et le melon et sont destinés à l’export.
• Le secteur est le 2e pourvoyeur d’emplois avec 2,3 millions de journées de travail par an.
• La station de dessalement de l’eau de mer donnera un nouveau souffle à l’activité agricole.

Le secteur agricole au niveau de la région Dakhla-Oued Eddahab est devenu dynamique et bénéficie de plusieurs avantages. Il peut se targuer d’une valeur ajoutée de taille, alors qu’il était limité à une activité simpliste, voire pastorale. «La production agricole au niveau de la région Dakhla-Oued Eddahab est distinguée principalement par rapport à sa précocité en comparaison avec d’autres régions et cela compte tenu de l’amplitude thermique réduite et la photopériode importante», estime Ec-cherif Larkem, directeur régional de l’agriculture au niveau de Dakhla-Oued Eddahab. Ce qui se répercute positivement sur le rendement à l’hectare. Autrement dit, la production agricole est prête avant celle d’Agadir, par exemple, et avant même celle de l’Europe. D’où l’essor qu’ont connu les exportations dans la région.
Depuis l’installation de plusieurs investisseurs au niveau de la région, attirés par le dynamisme que connaît la région depuis quelques temps, la production agricole s’est diversifiée. Les cultures principales concernent la tomate cerise et le melon. Pendant la saison agricole 2019-2020, la superficie cultivable a atteint près de 1 000 ha de primeurs sous serre, au moment où les cultures fourragères se sont établies à 37,5 ha seulement. Il faut savoir que ces primeurs sont destinés à l’export, d’abord vers les marchés européens, puis vers l’Amérique et la Russie. Ce développement agricole dans la région, que ce soit du côté production ou d’exportation, est la conséquence directe des effets positifs du Plan Maroc Vert (PMV) qui «a créé une dynamique au niveau de la région sans précédent, dans le sens où des jeunes promoteurs dans le cadre de partenariat public-privé ont contribué à la création de richesse pour la région avec une pénétration des marchés étrangers d’une manière professionnelle», ajoute M.Larkem. Le PMV a même mis les piliers de transformation des produits d’origine animale, à savoir la viande cameline et le lait de chamelle, ainsi que la transformation des céréales en couscous. D’ailleurs, la production animale est importante dans la région, surtout que l’effectif camelin atteint 40 000 et que la production en viande rouge cameline est aux environs de 400 tonnes en 2019, avec un chiffre d’affaires de 16 MDH.
Notre source ajoute : «Ces piliers de transformation ont tourné autour de la construction d’unités de valorisation et de leurs équipements avec l’obtention d’agrément et d’autorisation sanitaire de l’ONSSA visant la transformation de ces produits. Ils ont aussi inculqué aux bénéficiaires la culture d’hygiène de transformation des produits agricoles».
A côté, cette stratégie a permis une augmentation de la création d’emplois. En effet, le secteur agricole s’adjuge la 2e position après celui de la pêche maritime en matière d’emplois, avec 2,3 millions de journées de travail par an et une moyenne de 2100 emplois par hectare, favorisant aussi l’intégration des femmes.
En plus des primeurs, la région est connue, comme toutes celles du Sud, par le couscous «khoumassi», des produits dérivés de viandes camelines et des plantes aromatiques et médicinales, ces produits du terroir disposent déjà d’un circuit de commercialisation dans toutes les régions du Sud et «nous avons comme perspective de desservir toutes les régions du pays de nos produits», signale le directeur régional.
C’est dire que la production agricole (végétale, animale et du terroir) connaît un développement appréciable et dispose encore de potentialités importantes. Néanmoins, la principale contrainte de la région reste la disponibilité de la ressource naturelle. La région se caractérise par un climat saharien avec une pluviométrie ne dépassant pas les 50 mm. Du coup, l’irrigation la plus dominante reste celle de la nappe phréatique, au risque d’être surexploitée. Avec toutes les contraintes que connaît le pays en matière de gestion hydrique, la pénurie d’eau sera résolue prochainement avec l’arrivée du projet structurant pour l’irrigation de 5 000 ha par dessalement de l’eau de mer. Avec un coût de 2 milliards de DH, cette station devra créer pas moins de 10 000 emplois et donnera un souffle nouveau à l’irrigation, mais aussi au développement des cultures.
Si l’on combine les bienfaits de cette station, «avec une intervention dans le domaine de la production animale, en misant notamment sur l’amélioration génétique du cheptel local, en plus de la mise en œuvre d’actions clés pour la promotion et la commercialisation des produits du terroir, le secteur agricole devra connaître une avancée notable», conclut M.Larkem. Notons aussi que, comme la région est de nature saharienne, elle est presque toujours indemne de maladies et ravageurs les plus prépondérants au niveau des autres régions.