Aéroport d’Anfa : 10 000 logements, des tours, des commerces…

Logements, espaces verts, centres commerciaux et complexe de transport multimodal…, une ville dans la ville .
Le parc d’expositions et le musée de l’air initialement prévus passent à  la trappe .
Le déplacement de quelques ménages a nécessité un recours en justice.

Les promoteurs immobiliers doivent trépigner d’impatience. Leméga projet censé transformer le futur ex-aéroport d’Anfa en espace urbanisable avance sûrement, mais trop lentement à leur convenance. En effet, cela fait maintenant plus de deux ans que le Souverain a donné son aval à la transformation, et un an depuis que les premières maquettes ont été réalisées.

Auprès de l’Agence d’urbanisation et de développement d’Anfa (Auda), filiale de la CDG, on estime le délai normal pour un projet qui s’étend sur 360 hectares en plein centre de la métropole. «Notre action est menée sur deux fronts :d’un côté, nous travaillons sur l’apurement du foncier, et, de l’autre, nous réfléchissons et menons des études sur la conception urbanistique et financière du projet», explique-t-on.

Comment sera conçue cette nouvelle zone ? Combien de logements proposera-t-elle pour désengorger une métropole asphyxiée ? «Il n’y a eu de contact ni avec les promoteurs ni avec les grandes enseignes. Nous en sommes encore au stade des études,mais les constructions devraient démarrer au cours de l’année prochaine», répond la même source. Un centre multimodal passagers est sur les rails Néanmoins, l’on sait déjà que le projet aura pour colonne vertébrale les espaces verts. «Nous voulons éviter au maximum l’effet cité-dortoir.

De grands parcs et jardins sont donc prévus dans le projet. Celui-ci fournira aussi bien une offre importante de logements que des locaux d’activité et des espaces commerciaux et culturels. Le tout, en veillant à assurer une mixité urbaine», souligne-t-on du côté de l’Agence. Le projet, qui vise la réalisation d’un centre vivant et équilibré, comme se plaît à l’affirmer la direction de l’Auda, offrira plus de 10 000 logements de tous standings.La piste d’envol se transformera en un grand boulevard traversant la nouvelle cité du nord au sud.

Les installations appartenant à l’armée ne seront finalement pas transformées en parc d’exposition, comme il était initialement prévu,mais plutôt «en espaces commerciaux et de loisirs», assure-t-on. Le musée de l’air, figurant également dans la maquette initiale, est passé à la trappe.

«Il n’y a pas assez de place pour un véritable musée de l’air.Peut-être une petite exposition pédagogique, tout au plus», nuance-t-on auprès de l’Auda. Enfin, les vieux hangars n’ont pas encore de destination précise. La nouvelle zone urbaine sera dotée d’un centre d’affaires, une «city», avec des grandes tours qui éclipseront certainement leTwin Center de la métropole.

Last but not least, le centre de transport multimodal de passagers est déjà sur les rails. «Nous avons tenu plusieurs réunions avec l’Office national des chemins de fer (ONCF), mais notre collaboration ne se résume pas au train urbain.Elle englobe aussi et surtout le tramway qui demeure un transport en commun massif.En concertation avec le Conseil de la ville de Casablanca, nous avons estimé qu’une bonne desserte de la zone est une condition sine qua non de sa réussite» , ajoute la même source.

C’est d’ailleurs pour cette raison que l’agence a convenu avec la ville d’une «connexion de la nouvelle zone aux lignes du futur tramway». Le foncier est quasi apuré Si les constructions en sont encore à la conception, le foncier, lui, est quasiment apuré. «La démolition des bâtiments est déjà entamée.Le rythme de cette opération dépend néanmoins de la libération des installations.

C’est le cas notamment de la zone militaire», indique la même source. Une difficulté certes, mais qui ne durera pas. «Les travaux de l’aéroport de Benslimane avancent très bien et nous pensons pouvoir achever l’opération de transferts des militaires durant l’été 2009», assure-t-on en effet auprès de l’agence.Avant d’ajouter : «Beaucoup d’installations ont été libérées et même démolies,mais elles sont disséminées sur tout le territoire du projet, et il n’y a pas encore de zone complètement libre aujourd’hui ».

L’apurement du foncier n’est donc pas une promenade de santé pour la filiale de la CDG, surtout pour ce qui est du recasement des ménages. Car, si certains d’entre eux ont opté pour une solution à l’amiable, d’autres ont préféré la voie judiciaire.