Aéronautique : le Maroc surfe sur la hausse de l’activité des constructeurs

Le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 22% à  fin mai. La demande des pays du Sud-est asiatique et du Golfe ainsi que le renouvellement de la flotte des grandes compagnies donnent un coup de fouet au marché. Le Salon du Bourget est venu confirmer que la demande mondiale devrait exploser au cours des 20 prochaines années.

L’industrie aéronautique mondiale va bien, et ce n’est pas pour déplaire au Maroc. Le Salon du Bourget, clôturé la semaine dernière, a en effet été l’occasion de confirmer la bonne santé du secteur. En dépit d’une baisse de 10% de la fréquentation en raison du mauvais temps, le salon a néanmoins été l’occasion pour les constructeurs de faire le plein de commandes. A titre d’exemple, Airbus a clôturé le salon avec 68,7 milliards de dollars de commandes et intentions d’achat, tandis que Boeing affiche 60,2 milliards. Ceci vient s’ajouter aux annonces faites quelques semaines auparavant, notamment par Boeing, prévoyant une demande de 35 000 avions sur les 20 prochaines années. C’est dire que le secteur méconnaît la crise, et les opérateurs marocains s’en réjouissent. «Ce salon a connu un franc succès avec notamment des commandes qui ont dépassé le cap des 100 milliards de dollars, l’annonce de nouveaux produits et la présentation de nouvelles technologies qui feront le futur du secteur», commente Hamid Benbrahim Andaloussi, président du Groupement des industries aéronautiques et spatiales (GIMAS).

En fait, au-delà des perspectives prometteuses sur le marché mondial qu’a laissé entrevoir le salon, c’est surtout la confirmation de la bonne image dont jouit l’industrie aéronautique nationale auprès des donneurs d’ordre étrangers qui laisse  la profession optimiste. Selon M. Benbrahim, «il est aujourd’hui indéniable que le Maroc est reconnu comme une base aéronautique et le pays est de plus en plus visible sur la carte aéronautique internationale». La convention signée entre Midparc et le groupe américain Eaton, un des principaux groupes internationaux spécialisés dans les composants et les systèmes qui comptent s’installer dans la zone franche de Nouaceur, confirme ce constat. Le projet d’investissement du groupe américain est de grande envergure puisqu’il s’agit de créer tout un campus industriel (ensemble d’usines) dans différentes activités, ce qui ne laisse pas les autorités de tutelle indifférentes. «Aux côtés des équipementiers de renommée internationale comme le canadien Bombardier et le français Safran, Eaton conforte la position du Maroc en tant que hub dans les secteurs aéronautique et électronique», a souligné Abdelkader Aâmara, ministre du commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies.

L’industrie aéronautique marocaine jouit d’une bonne image

L’installation de ce genre d’équipementiers est très recherchée. Non seulement ils augmentent considérablement l’investissement direct étranger, mais aussi ils introduisent de nouvelles activités qualifiées de «complexes» que les équipementiers nationaux ne pouvaient pas forcément investir. De plus, il est prévu de développer des supply chain qui ouvriront des opportunités de collaboration pour les opérateurs marocains. C’est du moins ce que l’on nous explique auprès du GIMAS.

En attendant, il y a lieu de souligner que sur le premier trimestre de l’année les exportations du secteur ont limité leur croissance à 2% seulement (1,66 milliard de DH), en rupture avec la tendance observée auparavant et qui affichait une croissance dépassant les 20%. Selon le GIMAS, ce chiffre n’est pas du tout inquiétant parce qu’il ne représente en aucun cas les performances réelles du secteur, sachant que les statistiques du premier trimestre fournies par l’Office des changes n’incluaient pas toutes les opérations réalisées par le secteur. «Sur le seul mois de mai, le secteur a réalisé plus de 50% de croissance. Ceci permet de revenir dans la moyenne des performances des années précédentes puisque sur les cinq premiers mois de l’année, la croissance s’établit à 22%», explique le président du groupement. Et si l’on se fie aux perspectives des professionnels, le secteur devrait maintenir le cap tout au long de l’exercice 2013, et même au-delà. Le contexte conjoncturel actuel est en effet marqué par des perspectives de croissance prometteuses de l’industrie aéronautique, et ce, pour plusieurs raisons. «La demande nouvelle émanant des pays du Sud-est asiatique et du Golfe ainsi que le besoin de renouvellement de la flotte des plus grandes compagnies aux Etats-Unis et en Europe stimulent le marché», précise le président du Gimas. Ces facteurs permettent de donner une visibilité sur deux décennies pour les constructeurs et, partant, aux équipementiers installés au Maroc qui devraient également tirer profit de cette conjoncture.