Adil Douiri crée sa société d’investissement

Baptisée Mutandis, elle acquerra des industries de biens de consommation, de distribution ou de services pour les développer Dans le tour de table, une quinzaine d’actionnaires marocains et étrangers.

Adil Douiri, ex-ministre du tourisme, n’a pas tardé à  revenir au monde des affaires après la fin de son mandat dans le gouvernement Jettou. Il vient en effet de créer, avec une quinzaine d’investisseurs marocains et étrangers, une société d’investissement, pour le moment unique en son genre au Maroc. Baptisée Mutandis, elle a pour objectif de promouvoir et de renforcer la croissance du tissu industriel du secteur de la distribution et des services au Maroc. Dans un contexte marqué par l’ouverture des barrières douanières, la société a choisi pour mission de «muscler les producteurs marocains afin de faire face à  la concurrence étrangère et de renforcer les exportations pour acquérir de nouveaux marchés», explique son fondateur.

777 MDH de capital de démarrage
Son capital initial s’élève à  777 MDH. 80% de cette somme a été fournie par des groupes industriels et commerciaux marocains ainsi que par CFG Group dont la contribution s’élève à  50 MDH. Le reste émane d’investisseurs espagnols et français de premier plan.
Mutandis est une société en commandite par actions (SCA), ce qui veut dire qu’aucun investisseur ne détient le contrôle quel que soit le niveau de sa participation, contrairement à  ce qui se passe dans une société anonyme. Son activité consistera à  acquérir en totalité, ou au minimum en majorité, des entreprises cédées par des actionnaires désireux de se recentrer sur d’autres activités ou vendues en l’absence de succession familiale. «Nous allons cibler des sociétés ayant atteint un stade de faible croissance afin d’accélérer leur développement en leur conférant de nouvelles ambitions», déclare Adil Douiri. En clair, la société d’investissement permettra aux entreprises acquises d’opérer un nouveau décollage en renforçant leurs ressources humaines, en apportant les financements nécessaires et en modernisant leurs processus de gestion.
Les secteurs visés par Mutandis sont l’industrie des biens de consommation (du type agroalimentaire, textile…), la distribution moderne et les services aux consommateurs. La nouvelle entité travaille dans ce sens en partenariat avec la banque d’affaires de CFG Group qui est en charge d’étudier les différents secteurs d’activité et les entreprises qui entrent dans la politique d’investissement de Mutandis.

Entrée en Bourse d’ici 2 ou 3 ans
Contrairement aux fonds d’investissement, Mutandis a une durée de vie illimitée, ce qui veut dire qu’elle n’est pas tenue de respecter un horizon d’investissement pour vendre ses participations. Les entreprises acquises peuvent en effet être gardées indéfiniment.
La société d’investissement, elle, offre la possibilité à  ses investisseurs de sortir de son capital en s’introduisant en Bourse. Cela dit, le choix d’ouvrir prochainement le capital de Mutandis au grand public n’est pas motivé uniquement par la volonté de ménager une porte de sortie aux investisseurs. La société compte en effet financer ses acquisitions d’entreprises à  travers des levées de fonds sur le marché boursier. Son management précise qu’elle n’aura que rarement recours à  l’endettement, et uniquement en cas de nécessité. Ainsi, le capital de Mutandis sera régulièrement augmenté. L’introduction à  la Bourse de Casablanca interviendra après la deuxième ou troisième acquisition, soit d’ici deux ou trois ans.
Par ailleurs, les besoins de financement des entreprises acquises peuvent êtres satisfaits à  travers l’endettement bancaire ou des opérations d’ingénierie financière. Concernant les prévisions de rentabilité de Mutandis, le management n’a aucune visibilité pour le moment. Cela dit, étant donné que la société acquerra des entreprises déjà  en activité, la génération des cash-flows se fera dès le départ.
Enfin, signalons que Mutandis sera la première société en commandite par actions qui s’introduira à  la Bourse de Casablanca. En France, des entreprises ayant la même forme juridique sont déjà  inscrites à  la cote parisienne, telles Michelin et Eurodisney.