Addoha fait baisser sa prime de risque grâce à son Plan Génération Cash

Le promoteur immobilier a pu réduire en juin dernier ses conditions de financement de 150 points de base. L’économie en termes de coût de financement devrait atteindre 60 MDH en 2016. Le Plan Génération Cash a permis au groupe de se désendetter de 900 MDH et de remonter 14,4 milliards de DH de cash.

C’est peut-être la première grande confirmation pour le Plan Génération Cash (PGC) du groupe Addoha. Le promoteur immobilier a réussi un tour de force en améliorant la perception de son risque auprès du marché financier et des banques grâce à sa stratégie de restructuration, lancée il y a un peu plus de 18 mois et devant s’achever fin 2017. Il a en effet pu renégocier sa prime de risque, ce qui lui a permis de réduire ses conditions de financement de 150 points de base en juin dernier. L’économie en termes de coût de financement devrait ainsi atteindre 60 MDH en 2016 par rapport à l’année passée. Il faut dire que le groupe est parfaitement en ligne avec tous les objectifs de sa stratégie, s’il ne fait pas encore mieux.

A travers son plan, Addoha s’est donné pour priorité de concentrer les ventes sur le stock de produits finis avant le lancement de nouvelles tranches. Le promoteur a ainsi pu vendre 2 690 unités achevées sur la première moitié de 2016 sur un objectif initial de 2 631 logements. Depuis le démarrage du plan début 2015, le promoteur a déstocké pour 8 872 unités.

Pour empêcher que de nouveaux stocks s’accumulent à l’avenir, le promoteur s’est engagé à rationaliser sa production et là aussi il s’y tient parfaitement. Sa recette drastique consiste à ne construire désormais que les tranches vendues à plus de 70%. Le groupe a produit ainsi 6 595 unités sur la première moitié de 2016. Cela devrait lui permettre d’en rester à 13000 unités sur toute l’année alors que le groupe carburait à 25000 unités annuellement avant la mise en place de son plan. L’intérêt de cette cure de minceur est d’alléger la facture des investissements en travaux. Ils n’ont ainsi totalisé que près de 2 milliards de DH au premier semestre 2016, et devraient s’établir à 4,2 milliards de DH pour toute l’année, soit près de la moitié de ce qui était supporté auparavant. La rationalisation de la production se reflète aussi sur l’investissement pour l’acquisition du foncier. Alors que le groupe atteignait facilement le milliard de DH par an sur ce poste il y a 3 ans, il se limite désormais dans le cadre de son plan à une enveloppe annuelle de 300 MDH. Et même sur l’année 2016, seuls 80 MDH ont été déboursés pour l’achat de terrains sur le premier semestre. Tout cela étant, il faut rappeler qu’Addoha dispose toujours d’une réserve foncière de 5 000 hectares valorisée au coût historique à 10 milliards de DH.

Une composition de la dette mieux adaptée

Avec une production et une commercialisation mieux maîtrisées, le groupe profite mécaniquement d’une rationalisation de son besoin en fonds de roulement, ce qui réduit son besoin de financement. Effectivement, Addoha a pu réduire sa dette de 900 MDH au premier semestre 2016, soit 120% de l’objectif qui n’était que de 750 MDH pour la période. Le groupe a pu en tout compresser sa dette de 2,7 milliards de DH depuis le démarrage de son plan pour l’établir à 6,6 milliards de DH. Dans ces conditions, l’objectif établi à l’horizon 2017, consistant à revenir à un niveau d’endettement de 4,5 milliards de DH, semble tout à fait à la portée du groupe. En attendant, le ratio d’endettement (dette nette/ fonds propres) ressort actuellement à 56% alors qu’il pointait à 80% à fin 2014. Cerise sur le gâteau, le financement du promoteur est désormais mieux adossé aux besoins du cycle d’exploitation. Une des faiblesses du groupe jusqu’à il y a peu est qu’il se finançait pour une grande partie à court terme pour faire face à des besoins à long terme. Depuis le lancement du plan, les dettes à court terme (billets de trésorerie, facilité de caisse…) ont baissé de près de 32%. Etablies à 2,2 milliards de DH, elles continuent tout de même de représenter le tiers de l’endettement total, le reste consistant en emprunts obligataires (2,4 milliards de DH), crédit moyen terme (627 MDH) et crédits à la promotion immobilière (1,3 milliard de DH). En allégeant ses charges et le poids de son endettement, le groupe remonte davantage de cash de son activité. Il a drainé pour 4,4 milliards de DH au premier semestre 2016, quasiment en ligne avec son objectif de 4,5 milliards de DH. Le PGC a permis jusqu’à présent au groupe de remonter pour 14,4 milliards de DH de cash.